Le 29 mai, les forces de l’ordre étaient intervenues dans le quartier de Kercado, à Vannes. 19 personnes avaient été interpellées et auditionnées dans le cadre de l’enquête et des perquisitions avaient été menées.

 

Roberto Blanchedent fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis sa condamnation, en mai, à huit ans de prison pour trafic de drogue. Le Vannetais, en cavale au Maroc, régnait jusqu’alors en parrain sur le quartier de Kercado.

Une cité française, son baron de la drogue, ses lieutenants, ses petits revendeurs et une cavale au Maroc. Un scénario digne de la mini-série franco-espagnole Cannabis, diffusée en 2016 sur Arte. À lui tout seul et en une dizaine d’années, Roberto Blanchedent, aujourd’hui âgé de 28 ans, aurait fait du quartier prioritaire de Kercado, à Vannes, une plaque tournante de la drogue en Bretagne. « On peut dire ce que l’on veut du garçon, qui n’a pas été beaucoup à l’école mais il a su mener sa barque. Il a le sens des affaires », note un policier vannetais, qui le connaît bien. « Enfant, on l’a souvent ramené avec son frère chez leurs parents ». Des parents jugés alors absents, vivant séparément. La famille, d’origine cap-verdienne par le père, s’était installée à Vannes il y a une quinzaine d’années, dans le quartier populaire du Clos-Vert.

Premières bêtises, premiers trafics, premières nuits dans la rue. Mineur, le jeune Roberto connaît bien le bureau du juge des enfants. Majeur, il ne va pas tarder à s’imposer comme un acteur incontournable du trafic de drogue dans la région, faisant du quartier de Kercado son fief, son bureau, sa base arrière.

Organisation pyramidale

Ne manipulant jamais lui-même la drogue, passant ses ordres par téléphone, il aurait mis en place un système pyramidal très bien organisé, avec ses cadres, ses jeunes revendeurs opérant dans des halls d’immeubles consacrés à la vente de cannabis, cocaïne ou MDMA et ses guetteurs, encore plus jeunes. Une économie souterraine qui générerait plusieurs millions d’euros par an et arroserait de nombreuses familles, garantissant une certaine impunité à son « parrain ». Le casier judiciaire de Roberto Blanchedent fait état de vingt condamnations, dont deux à huit ans de prison ferme pour trafic de stupéfiants. La dernière a été prononcée le 24 mai dernier, par le tribunal correctionnel de Vannes, dans le cadre d’une affaire qui a mis en lumière le train de vie des 13 prévenus, vivant officiellement, pour la plupart, des minima sociaux. Plusieurs véhicules avaient notamment été saisis, dont le Range Rover blanc de Roberto Blanchedent. Au centre des débats pour son rôle d’organisateur du réseau mais absent à l’audience, il n’a jamais été « chargé » par ses deux lieutenants présumés, condamnés à sept ans de prison.

« Il peut continuer de là-bas »

Compte tenu d’une instruction particulièrement longue, son avocat parisien, Me Amar Bouaou, avait fini par obtenir l’arrêt de sa détention préventive. Le Vannetais, qui espérait jusqu’au dernier moment le report du procès, aurait pris la fuite vers le Maroc quelques jours avant l’ouverture des débats. Le tribunal a ordonné dans son jugement l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre. « S’il est bien au Maroc, ce qui semble être le cas, et qu’il n’y a pas de réelle volonté politique de la part de la France, son extradition s’annonce compliquée. Et il peut très bien continuer d’organiser le trafic depuis là-bas », prédit un policier vannetais.

Une épine dans le pied du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rennes, qui est chargé de l’enquête. Et qui aurait pris, à cette occasion, la mesure du trafic de drogue dans la « petite ville » bretonne (lire ci-dessous).

 

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July 11, 2017 at 07:12AM