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À 42 ans, Sébastien Perignat est chef de la brigade à cheval de la police municipale de Nice. Il raconte sa journée du 14 juillet 2016 au journal Le Parisien et son quotidien.

« La promenade des Anglais, j’y suis tous les jours à cheval, c’est en quelque sorte mon bureau. J’y avais défilé le matin même à cheval avec mes hommes. Quand je suis revenu le soir, il y avait des cadavres partout, recouverts de nappes, de serviettes, avec absolument personne autour. Et un silence de mort. J’ai demandé à mon binôme si elle allait tenir le coup. Elle m’a dit : On y va. On ne s’est pas lâchés de la nuit, et aujourd’hui on continue à se soutenir. »

« C’était le chaos. Autour du camion, j’ai vu des pompiers assis en train de pleurer. On n’est jamais prêt à ce genre de drame, à voir des enfants, des femmes morts écrasés. J’ai cette image d’une femme, au milieu des cadavres, qui aurait pu être la mienne car elle avait la même chevelure. »

« Je me souviens de trois jeunes touristes décédées, sans chaussures, que les gens enjambaient pour aller aux toilettes. Pour moi, le 14 Juillet à Nice, c’était la fête, les gens en vacances, la plage… pas ce carnage ! A un moment, un collègue gendarme m’a dit : On en est à 65 morts. Irréel. Les victimes venaient vers nous, quoi faire ? A part aider, rassurer. »

« Plus tard, on est allés évacuer des gens, confinés dans des restaurants ou des cafés. Ils ne voulaient pas nous ouvrir, on a dû les rassurer. Nous sommes rentrés au petit matin. Le lendemain j’avais une réunion familiale à Grenoble. Dans la voiture, je n’ai pas lâché un mot. Beaucoup de collègues ont craqué, sont aujourd’hui en arrêt maladie. Ils ne peuvent plus aller sur la voie publique. Moi, je tiens le coup, je ne sais pas pourquoi, je suis passionné par mon métier, par le cheval. Ça m’aide. Mais j’y pense tous les jours. »

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July 15, 2017 at 04:23AM