Après le sévère recadrage du chef d’Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers, par le président Emmanuel Macron jeudi, la presse samedi ironise sur le « silence dans les rangs » souhaité par le chef de l’Etat qui ferait preuve « d’autoritarisme ». En pleines festivités du 14 juillet, le chef de l’Etat a reproché au général, sans jamais le nommer, d’avoir mis de façon « indigne » une polémique budgétaire « sur la place publique » et l’a rappelé au « sens du devoir et de la réserve » et ce devant tous les chefs militaires.

« Soucieux de son autorité, Emmanuel Macron a-t-il fait preuve d’autoritarisme ? s’interroge Guillaume Tabard du Figaro qui note que la « confidence privée » valait un « rappel à l’ordre public » au général de Villiers et que la petite phrase +je suis votre chef+ « sonne comme une injonction à rentrer dans le rang séance tenante. »

Sous le titre « silence dans les rangs! » Bertrand Meinnel du Courrier Picard juge que le président « réaffirme ainsi la primauté du pouvoir civil sur l’autorité militaire, la renvoyant à son rôle de grande muette. » « Ce +silence dans les rangs+ intimé aux généraux à travers Pierre de Villiers, assorti d’un +Je suis votre chef+ bien senti, pose question, » estime également Christophe Lucet dans Sud-Ouest.

« Les foudres de Jupiter »

Dans la Charente Libre, Dominique Garraud fait partie de ceux qui rappellent qu' »Emmanuel Macron se met souvent en scène sur les scènes militaires(…) peaufinant l’image d’un +chef+ proche de ses troupes, reconnaissant et admiratif », et découvre que « la +bienveillance+ macronienne à ses limites auxquelles la hiérarchie militaire n’est certainement pas la dernière à devoir se confronter. »

« Macron a en commun avec eux (Vladimir Poutine et Donald Trump)le fait d’être extrêmement chatouilleux si son autorité vient à être contestée », assure Florence Chédotal dans La Montagne, en soulignant que « l’excès d’autorité sonne parfois comme un aveu de faiblesse. »

« Macron, qui avait pourtant ouvert grand les fenêtres pour aérer, devra sans doute se montrer vigilant pour ne pas jeter une chape de plomb sur la vie politique, en cherchant à mettre au pas et réduire au silence tout ce qui bouge », prévient-elle. De son côté, dans l’Est Républicain, Philippe Marcacci s’amuse que l’intervention du chef d’état-major des armées ait « déclenché les foudres de Jupiter. »

Evoquant un « couac » dans La Nouvelle République du Centre Ouest, Denis Daumin préfère se gausser du « jeune président qui a vite appris la musique a redonné, le temps, le ton et la mesure. » « Silence dans les rangs, une seule tête, la sienne, +gauche-droite, gauche-droite,+ la troupe, remise au pas, est en marche, évidemment », conclut-il.

(Avec AFP)

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July 15, 2017 at 11:25AM

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