Le ministère mauritanien de la Défense a rendu public mercredi soir un communiqué de presse dans lequel il a informé de sa décision d’interdire à la circulation son septentrion, présenté par de nombreux observateurs comme un eldorado pour contrebandiers et groupes terroristes.

«Le ministère de la Défense nationale porte à la connaissance de l’ensemble de la population et en particulier celle résidant ou visitant le nord de la Mauritanie que le quadrilatère compris entre Cheggat au nord-est, Ain Bentili, au nord-ouest, Dhar Tichitt au sud-ouest et Lemreyye au sud est désormais une zone militaire», a annoncé la même source, expliquant que «la proclamation de l’interdiction de cette zone est consécutive aux difficultés d’identification de nos paisibles citoyens des trafiquants». Le ministère mauritanien a averti en outre qu’«en application de la réglementation et des textes en vigueur, tout individu circulant ou traversant cette partie du territoire national sera traitée comme cible militaire» et a demandé par conséquent à «l’ensemble des usagers, quelle que soit leur nature, d’éviter de mettre leur propre vie en péril en accédant à cette zone».

Cette mesure radicale – destinée, explique-t-on, à rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme et la contrebande – s’accompagnera logiquement de la fermeture de la frontière mauritano-algérienne puisque la région décrétée zone militaire est mitoyenne de l’Algérie. C’est le cas aussi avec le Mali voisin. La situation à la frontière algéro-mauritanienne est tellement critique que l’Armée nationale populaire (ANP) la surveille depuis longtemps comme on le lait sur le feu. Elle y arrête d’ailleurs régulièrement des trafiquants de drogue, des migrants clandestins, des contrebandiers et autres orpailleurs.

Une telle décision extrême peut s’expliquer par le fait qu’il y a véritablement le feu en la demeure. Le gouvernement mauritanien reconnait d’ailleurs qu’il n’arrive plus à faire le distinguo entre les «paisibles citoyens mauritaniens» et les contrebandiers. En clair, cela veut dire que la zone, qualifiée par beaucoup de no man’s land, échappe complètement à son contrôle. Le danger est que cette zone dispose d’un accès direct au nord du Mali où les groupes terroristes continuent de dicter leur loi. Pour eux, il est aisé de circuler entre la Mauritanie et le Mali. D’où la décision de l’Exécutif mauritanien de prendre le taureau par les cornes.

A la question maintenant de savoir si cette décision a des arrière-pensées ou est dirigée contre l’Algérie, une source informée a répondu par la négative, rappelant que les relations algéro-mauritaniennes sont au beau fixe. Seulement, notre source n’exclut pas l’éventualité que la mesure ait été suggérée par les «conseillers militaires» de la force du G5 Sahel.

La réponse rigoureuse préconisée par le ministère mauritanien de la Défense aux multiples fléaux qui ravagent cette région (terrorisme, immigration clandestine, contrebande de drogue, de carburants, de cigarettes, de marchandises, etc.) intervient, précise-t-on, deux semaines à peine après la création, sur insistance de la France, de la force du G5 Sahel dont la mission est justement de lutter contre le terrorisme et dans laquelle la Mauritanie est partie prenante avec le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. Des observateurs pensent que la création par le G5 d’une force militaire pourrait correspondre, entre autres, au souci de la France de réduire ses troupes dans la région, surtout que le président Macron a décidé d’opérer des coupes dans le budget français de la défense.

Sadek Sahraoui

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July 15, 2017 at 06:01PM