Il est en effet probable que de nombreux ouvrages traiteront de cet épisode particulièrement sanglant de la guerre civile qui perdure en Irak. En effet, il ne faut pas oublier que jusqu’à 40% des effectifs des unités de pointe (dont la fameuse « division d’or », le service de contre-terrorisme -CTS-) ont été mis hors de combat lors des premiers mois de la bataille qui a débuté en octobre 2016 et qui s’est terminée – du moins pour la partie guerre classique – en juillet 2017. A titre de comparaison, la bataille de Stalingrad n’avait duré « que » sept mois avec 1,5 million de victimes.

Sur un plan général, il a été très difficile pour le Lieutenant général Abd’ al-Amir Yarallah qui commandait les forces progouvernementales de coordonner les différentes unités dont beaucoup ne dépendaient pas de lui. Cela a provoqué des pertes très importantes dès que les avant-gardes sont entrées dans la ville. Les peshmergas répondaient du gouvernement régional kurde, les Unités de mobilisation populaires (Hasd) dépendaient en théorie du Premier ministre mais étaient très influencées par les pasdarans iraniens qui les accompagnaient, le ministre de l’intérieur avait sous sa coupe la police fédérale irakienne et la division de réaction d’urgence (Emergency Reaction Division -ERD-), le service de contre-terrorisme (CTS) était subordonné au Premier ministre. Yarallah n’avait formellement sous ses ordres que les 15e et 16e divisions d’infanterie et la 9e division blindée. Ces unités militaires, bien qu’ayant bénéficié d’une formation, surtout de la part des Américains, n’étaient pas aguerries. Elles ont néanmoins été utiles pour, dans un premier temps, boucler les extérieurs de la ville puis, au fur et à mesure que des quartiers étaient libérés par les forces de police, pour occuper et sécuriser le terrain. Pour cette dernière mission, le nombre de combattants doit être important pour ne pas laisser des « trous » dans le dispositif.

Les drones ont démontré qu’ils sont désormais indispensables sur le champ de bataille, particulièrement urbain. C’est la résultante de leurs capacités dans les domaines du recueil de renseignements, du guidage des unités au sol et des appuis feux. En effet, face à un adversaire qui utilise les infrastructures urbaines pour se dissimuler et disparaître, les assaillants ont un besoin vital de drones pour repérer les positions et les mouvements de l’ennemi. De plus, quand une agglomération est détruite, la cartographie classique ne sert plus à grand-chose. Les drones qui sont opérationnels en temps réel permettent ainsi au commandement sur le terrain de prendre rapidement les décisions qui s’imposent pour diriger leurs forces et délivrer des feux combinés, aussi bien en phase offensive que défensive.

Les forces doivent être organisées autour de groupes de combat qui combinent différents moyens : chars, engins blindés de transport et d’appui, bulldozers et infanterie légère. Cela leur permet d’identifier, de neutraliser et de sécuriser leur progression pour finir par réduire les positions ennemies en les prenant d’assaut, tout cela dans un environnement complexe et très compartimenté.

 

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July 15, 2017 at 12:12PM

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