La stratégie d’Emmanuel Macron est fondée sur la restauration de l’Union européenne. Ce que le président propose est certes ambitieux, mais cohérent. Sauf que la France ne répond pas encore et tout à fait aux conditions nécessaires pour accéder à ce type de statut.

Emmanuel Macron sort d’une séquence internationale très renforcé dans son autorité et sa crédibilité. Pourtant, la semaine précédente avait été abimée par un cafouillage fiscal et budgétaire. Cela nous a montré à quel point il s’était mal préparé à gérer ses promesses de campagne une fois qu’il s’est retrouvé confronté à la réalité domestique et budgétaire.

Il lui a fallu tout à la fois recadrer son Premier ministre, remettre en place le ministre de l’Economie, redéfinir des objectifs fiscaux et procéder à des arbitrages budgétaires qui ne pouvaient pas être approuvés par tout le monde.

Ce cafouillage, ces rétropédalages, ne pouvaient que déplaire à l’opposition qui a pu donner de la voix. Emmanuel Macron a laissé percer sa fragilité.

La séquence qui s’achève en cette fin de semaine lui a sans doute permis de regagner de la place et de revaloriser son capital politique. Il y a peu d’exemple dans l’Histoire de la Ve République, d’un président aussi prompt à se forger une image et un rôle sur la scène internationale et d’y hisser tout le pays pour qu’il en profite.

De sa participation au G7, puis au G20, de son invitation à Versailles pour Vladimir Poutine à celle fastueuse de Donald Trump à l’occasion des fêtes du 14 juillet, sans oublier les voyages à l’étranger, la cérémonie d’hommage à Simone Veil, ou celle de Nice à la mémoire des victimes de l’attentat d’il y a tout juste un an. On citera aussi l’inauguration de la Station F à la gloire des startups, le conseil des ministres franco-allemand qui s’est tenuà Paris le 13 juillet…etc

Cet enchainement d’évènements a donné le spectacle à l’échelle internationale d’un président jeune, habité d’un dynamisme rare pour marier « l’histoire de France et un avenir scellé dans une modernité, mondialisé et technologique ». Mais le cœur de cet enchainement aura été l’importance de l’Union européenne. Le cœur et la colonne vertébrale.

Alors les grincheux, qui sont légion dans le pays, ne comprennent pas bien ce qui se passe. Les représentant de courants de pensée allergiques à la culture mondialisée, accrochés à l’étatisme et au souverainisme ne comprennent pas ce qu’est devenu ce pays, qui était très antieuropéen, très recroquevillé sur ses problèmes d ‘identité, très rancunier de sa puissance étatique perdue.

Comment ce pays a pu porter à sa tête celui des candidats, d’abord le moins connu, mais aussi le plus technocrate, le plus pro business et le plus engagé dans la décence de l’Union européenne. Bref, celui qui représentait le plus le système.Pour beaucoup de français, ce qui est encore plusincompréhensible, c’est que ce présidentréussisseà mettre en œuvre ce qu‘il avait annoncé dans sa campagneprésidentielle. Pas très habituel !

 

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July 15, 2017 at 11:57AM