Réseau Actu

Le questionnement est le fondement même de l'humain, continuons à poser des questions.

Actualité

Nord Stream 2 : les acteurs craignent les sanctions américaines


Les partenaires du projet de gazoduc entre la Russie et l’Allemagne regrettent une ingérence dans les affaires européennes. Le français Engie est au premier rang de la fronde.

Il n’est pas sûr que le sujet ait été abordé ce vendredi 14 juillet lors de la rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Des entreprises européennes, au premier rang desquelles figure le français Engie, sont pourtant vent debout contre les menaces de sanctions américaines imposées à la Russie, qui les empêcheraient de participer au projet Nord Stream 2, ce gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne sous la mer Baltique.

Le Sénat américain a adopté le 15 juin dernier un projet de loi menaçant d’amendes, de restrictions bancaires et d’exclusion aux appels d’offres outre-Atlantique, toutes les sociétés européennes qui participeraient à la construction de pipelines russes – un texte qui doit encore être approuvé par la Chambre des représentants et promulgué par le nouveau président américain. Or cinq groupes gaziers européens (le français Engie, l’anglo-néerlandais Shell, les allemants Uniper et Wintershall, et l’autrichien OMW) se sont engagés dans le projet Nord Stream 2, auquel ils doivent apporter chacun 10 % du financement.

Une « ingérence assez spectaculaire »

« Les textes disent explicitement que Nord Stream 2 nuit à la sécurité d’approvisionnement de l’Europe, car il y a du gaz américain potentiellement à la disposition des européens. La dimension commerciale est manifeste et explicite », s’insurge ainsi Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie. En l’occurence, les Etats-Unis, qui ont construit d’importantes infrastructures d’exportation suite à la révolution du gaz de schiste, vont devoir trouver de nouveaux débouchés pour leur Gaz Naturel Liquéfié.

« Il s’agit d’une ingérence assez spectaculaire et inacceptable dans les affaires européennes », poursuit Isabelle Kocher. Dès la mi-juin, Berlin, Vienne et Paris avaient déjà vivement réagi. « L’approvisionnement énergétique de l’Europe est l’affaire de l’Europe, pas celle des Etats-Unis », avaient protesté Sigmar Gabriel, ministre allemand des affaires étrangères et Christian Kern, le chancelier autrichien, dans un communiqué commun.

55 milliards de m3 supplémentaires

Ce projet à 9,5 milliards d’euros, porté par le groupe gazier russe Gazprom, doit permettre d’acheminer en Europe 55 milliards de mètres cube supplémentaires dès la fin de 2018 – le gaz russe représentant déjà le tiers de la consommation du Vieux Continent (450 milliards de m3). Nord Stream 2 avait déjà suscité l’opposition de plusieurs pays d’Europe centrale (notamment de la Pologne), qui veulent à la fois réduire leur dépendance à l’égard de la Russie, ne pas perdre les droits de transit liés aux gazoducs qui traversent leur territoire aujourd’hui, et pouvoir utiliser les infrastructures d’importation de Gaz naturel Liquéfié flambant neuves qu’ils viennent d’ouvrir.

Il faut armer l’Europe pour qu’elle puisse réagir !

L’Union Européenne, longtemps hostile au projet soutenu par Berlin, a fini par l’accepter. Mais les entreprises européennes partenaires de Nord Stream 2 ont cédé aux exigences de Varsovie, qui refusait qu’elles entrent au capital du projet. Elles se contenteront de participer au financement. « C’est un aveu de faiblesse qui fragilise aujourd’hui leur position à l’égard des Etats-Unis », juge Thierry Bros, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies. « Mais de toutes façons, le projet se fera, avec ou sans elles », poursuit l’expert.

L’enjeu de l’offensive américaine va bien au-delà de ce seul projet emblématique. Les multinationales européennes dénoncent une tendance qui a déjà contraint BNPParibas ou Alstom à payer de lourdes amendes outre-Atlantique. Les Etats européens devront aussi décider s’ils donnent mandat à la Commission européenne sur ce type d’infrastructure. « Il faut armer l’Europe pour qu’elle puisse réagir ! », estime un patron.

Via: Les Echos – actualité à la Une des Echos.fr — http://ift.tt/2uukUis

July 15, 2017 at 05:16PM

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :