Voilà pour la surface des choses. Mais, sur le fond, une telle déclaration est irresponsable car elle habitue les Français à l’idée d’une sortie « facile » du nucléaire, alors que celle-ci n’est pertinente ni d’un point de vue politique, ni d’un point de vue économique

Politiquement, il s’agit avant tout d’un slogan cher aux écologistes, fondé sur une idéologie de sortie du nucléaire, quelles qu’en soient les conséquences. Or il est amusant de relever que, selon le dernier Eurobaromètre, le climat constitue une priorité pour 7% des citoyens européens seulement et figure au neuvième rang de leurs préoccupations (loin dernière l’immigration, le terrorisme et l’emploi). Autrement dit, l’abomination du nucléaire n’est apparemment pas partagée par une majorité de citoyens.

Les Verts ont quasiment disparu de la scène politique française mais trouvent en quelque sorte en Nicolas Hulot leur apothéose…

 

Autre point qui prouve l’approche doctrinaire de ce dossier : le remplacement du nucléaire par du renouvelable ne peut être revendiqué au nom d’une quelconque politique « en faveur du climat » (qui serait contre, au passage ?!) puisque la génération d’électricité d’origine nucléaire n’émet pas plus de gaz à effet de serre (GES), sur un cycle complet de vie, que l’éolien terrestre ou le photovoltaïque et moins que l’éolien en mer.

 

Economiquement, le raisonnement ne tient pas davantage à l’analyse. Arrêter un tiers des réacteurs nucléaires sur une courte période soulève la question de la capacité de la production électrique de substitution d’assurer, à bas coût, la sécurité d’approvisionnement et donc l’adéquation de l’offre à la demande. Les centrales nucléaires amorties produisent une électricité bon marché et de manière continue, les interruptions n’étant dues qu’aux entretiens et réparations éventuelles, contrairement à l’électricité renouvelable intermittente qui constituerait l’essentiel du renouvelable : la disponibilité d’une capacité supplémentaire d’hydraulique est limitée et nettement plus longue à mettre en place.

 

Sans le tiers des réacteurs nucléaires, l’équilibre du système électrique ne peut être assuré qu’en augmentant considérablement la pénétration de l’éolien et du photovoltaïque, source intermittente d’électricité requérant de lourds investissements dans le renforcement et la numérisation des réseaux électriques, le stockage de l’électricité et la gestion compliquée de la demande et, en particulier, une réduction de 20% de la consommation. Ce dernier objectif est illusoire malgré l’amélioration de l’efficacité énergétique, vue la numérisation irréversible et galopante de l’économie, extrêmement énergivore et la pénétration des véhicules électriques pour autant qu’elle se concrétise.

 

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July 15, 2017 at 12:12PM

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