Les tensions diplomatiques entre l’Allemagne et la Turquie ont déjà conduit Berlin à redéployer en Jordanie ses 6 appareils de reconnaissance Tornado ECR et son avion-ravitailleur A310 MRTT qui participaient jusqu’alors aux opérations aérienne de la coalition anti-jihadiste depuis la base turque d’Incirlik. Cette décision a été motivée par l’interdiction faite aux parlementaires allemands de visiter le détachement de la Luftwaffe.

Mais les autorités turques sont allées encore plus loin en bloquant une visite de députés allemands aux militaires de la Bundeswehr actuellement affecté à la base de l’Otan de Konya (centre de la Turquie), d’où sont mis en oeuvre les avions de surveillance E-3 Sentry de la Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l’Otan (NAEW&C) pour le compte de la coalition anti-jihadiste.

La délégation du Bundestag [chambre basse du Parlement allemand, ndlr] devait arriver à Konya le 17 juillet. Or, selon Berlin, Ankara a bloqué cette visite en raison de la « détérioration des relations bilatérales » avec l’Allemagne.

La diplomatie allemande a indiqué « avoir pris connaissance avec regret » de cette décision et dit être « en discussion avec toutes les parties, y compris l’Otan, pour fixer dès que possible une nouvelle date » pour cette visite à Konya. « Dans les faits, c’est la même chose que si l’on nous interdisait le droit de visite », a toutefois réagi Wolfgang Hellmich, le président social-démocrate de la commission des affaires de défense du Bundestag.

Le 8 juillet, lors du sommet du G20 organisé à Hambourg, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait dit avoir de « profondes divergences » avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, notamment sur les « purges » conduites en Turquie après le coup d’État manqué du 15 juillet 2016.

Et ce dernier lui avait répondu que l’Allemagne commetait un « suicide politique » en lui interdisant de s’exprimer en marge du sommet du G20, comme il avait l’intention de le faire.

Pourtant, l’épisode de la base d’Incirlik laissait présager les difficultés rencontrées par les parlementaires allemands pour se rendre sur celle de Konya. En juin, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, avait d’ailleurs tenté de déminer le terrain.

« Les Awacs de l’Alliance basés à Konya sont sous commandement de l’Otan. Ce sont donc deux situations bien distinctes et elles ne devraient pas être reliées. Je suis confiant dans le fait que nous poursuivrons (notre travail) à Konya comme avant », avait-il dit, après la décision de Berlin de retirer ses troupes d’Incirlik pour les redéployer en Jordanie.

Via: Zone Militaire — http://ift.tt/2uu8uY4

July 15, 2017 at 02:19PM

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