La Turquie commémore samedi la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, dont la riposte musclée a ébranlé un pays qui vit au rythme des purges.

Session parlementaire extraordinaire, discours nocturne et hommages aux « martyrs » : les dirigeants turcs ont préparé un programme exhaustif pour marquer l’anniversaire du soulèvement qui a fait 249 morts, hors putschistes, le 15 juillet 2016.

Pour commémorer ce putsch manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan, plusieurs manifestations débuteront samedi en début d’après-midi et se prolongeront jusqu’à dimanche matin, à Istanbul et à Ankara. Le chef de l’État participera à plusieurs événements à Istanbul, avant de prononcer dans la capitale un discours dans la soirée, à l’heure précise à laquelle les putschistes ont bombardé l’Assemblée nationale.

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Dans la nuit du 15 au 16 juillet, des avions de chasse, des hélicoptères et des chars détournés par des éléments séditieux de l’armée affirmant avoir pris le pouvoir ont semé la mort et la terreur dans les deux principales villes du pays. Le président avait contre-attaqué à travers un écran de téléphone lors d’une interview, retransmise en direct sur une chaîne de télévision, dans laquelle il exhortait ses partisans à descendre dans la rue. Des dizaines de milliers de personnes avaient répondu à son appel.

L’un des épisodes les plus marquants de ce soulèvement avait eu lieu sur l’un des ponts qui enjambent le Bosphore, rebaptisé depuis le « pont des Martyrs du 15 juillet », où des putschistes avaient tiré sur des civils. Leur reddition, au petit matin, symbolisera l’échec du coup de force.

« Plus rien ne sera comme avant le 15 juillet », a déclaré jeudi Recep Tayyip Erdogan lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes du coup d’État manqué à Ankara, qualifiant la tentative de putsch de « tournant » dans l’histoire de la Turquie.

Un pays fracturé

Si la déroute des militaires factieux est saluée par le président comme une victoire démocratique, les purges lancées depuis par les autorités ont suscité l’inquiétude des partenaires occidentaux d’Ankara et d’organisations de défense des droits de l’Homme.

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d’être derrière le putsch, ce que nie l’intéressé, Ankara traque inlassablement ses sympathisants depuis un an : 50 000 personnes ont été arrêtées, plus de 100 000 limogées par vagues successives. Vendredi encore, plus de 7 000 militaires, policiers et employés de plusieurs ministères ont été radiés par décret-loi. Le gouvernement turc affirme que de telles mesures d’exception, prises dans le cadre de l’état d’urgence en place depuis un an, sont nécessaires pour nettoyer l’État des éléments gülénistes qui l’ont méthodiquement infiltré pendant des décennies.

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Les opposants du président turc l’accusent de dérive autocratique depuis la tentative de coup d’Etat, la plus violente et spectaculaire forme de contestation contre lui depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2003. Plus puissant que jamais à la faveur d’une révision constitutionnelle controversée, il a balayé les critiques, dénonçant un « manque d’empathie » de l’Occident, avec lequel les relations se sont tendues.

Avec AFP

 

Première publication : 15/07/2017

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July 15, 2017 at 11:05AM

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