Le Congolais Héritier Watanabe devait se produire dans la mythique salle parisienne. Mais l’attitude hostile d’opposants, qui lui reprochent d’avoir chanté pour le président Joseph Kabila, ont contraint les autorités à interdire le concert.

Des Congolais, opposants au régime du président Kabila, ont réussi à faire taire le chanteur Héritier Watanabe. La préfecture de police de Paris a finalement interdit le concert de cet artiste congolais, prévu samedi soir à l’Olympia, à Paris, après que des débordements ont éclaté dans le secteur de la place de l’Opéra (IXe), où des poubelles ont été incendiées.

 

«Les opposants au régime congolais, mobilisés pour empêcher la tenue d’un concert d’Héritier Watanabe, et tenus à distance de la salle de l’Olympia, se sont livrés, un peu avant 17 heures, à des débordements», a confirmé la préfecture de police dans un communiqué, en évoquant des poubelles incendiées.

 

 

Sur un boulevard proche, les occupants d’un véhicule l’ont par ailleurs «volontairement abandonné et incendié avant de prendre la fuite». «Pour mettre fin à ces débordements inacceptables, le Préfet de police Michel Delpuech (a décidé) d’interdire la tenue du concert», ont expliqué les autorités. Trois personnes ont été interpellées et des «investigations» sont en cours pour identifier les auteurs de violences.

 

L’Olympia avait demandé l’interdiction du concert

 

Dans un premier temps, la préfecture de police avait interdit toute manifestation dans un vaste périmètre autour de l’Olympia de 16 heures à minuit samedi, en raison de «risques de troubles à l’ordre public» liés à la volonté d’opposants au régime du président Kabila d’empêcher le concert de cet artiste considéré comme un soutien du pouvoir.

 

De son côté, la direction de la salle de spectacle parisienne avait demandé l’annulation pure et simple du concert et déposé, jeudi, une plainte en urgence face à des menaces «proférées dans un contexte politique complexe en RDC», a expliqué l’une des avocates de l’Olympia, Céline Astolfe. Selon RTL, les auteurs de ces menaces auraient promis de commettre «un nouveau Bataclan».

 

L’Olympia souhaitait que la préfecture de police interdise le concert comme elle l’avait fait le 22 juin, à la Cigale, pour la venue d’un autre artiste congolais, Fally Ipupa, après des menaces similaires.

 

Les opposants se réjouissent

 

En fin d’après-midi, quelque 200 personnes opposées au concert de Héritier Watanabe et rassemblées au carrefour de la place de l’Opéra se sont réjouis de l’interdiction du concert. «Parce que les gens meurent là-bas au Congo, nous on ne veut pas danser et chanter», a témoigné Lena, 35 ans, interrogée par l’AFP.

 

Plusieurs artistes congolais comme Hériter Watanabe sont régulièrement visés par les opposants de la diaspora congolaise, notamment en Europe, qui leur reprochent d’avoir chanté pour le président Joseph Kabila, au pouvoir en RDV depuis 2001, lors des campagnes présidentielles de 2006 et de 2011, et de ne pas chanter pour le changement à la tête du pays. Alors que son mandat est arrivé à échéance le 20 décembre et que la Constitution lui interdit de se représenter, Kabila se maintient à la tête du pays en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle.

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July 15, 2017 at 10:29PM