Depuis que Canberra a relevé son niveau d’alerte, en septembre 2014, l’Australie a connu au moins cinq attaques menées par des individus se revendiquant de l’État islamique (EI) ou d’al-Qaïda. Et 60 personnes ont été interpellées et condamnées pour avoir pris part à des complots terroristes, dont un devait viser le centre de Melbourne, le jour lors des dernières fêtes de Noël.

Qui plus est, les autorités redoutent le retour au pays de jihadistes australiens ayant rejoint la mouvance jihadiste au Moyen Orient (voire, maintenant, en Asie du Sud-Est). « Ils rentreront chez eux avec des compétences acquises sur le champ de bataille, avec une idéologie endurcie », a d’ailleurs récemment commenté Marise Payne, la ministre australienne de la Défense, après la revendication par l’EI d’une prise d’otage à Melbourne, le 6 juin dernier.

Aussi, le gouvernement australien est en train de muscler sa politique de sécurité. Ce 18 juillet, il a annoncé la création d’un « super-ministère » de l’Intérieur, avec le regroupement, sous une même autorités, des services de renseignement intérieurs, de la police et du contrôle aux frontières. Inspiré du Home Office britannique, ce nouveau « département des Affaires intérieures » seront dirigé par Peter Dutton, l’actuel ministre de l’Immigration.

« J’annonce la plus importante réforme en plus de 40 ans des renseignements et des services de sécurité intérieure », a déclaré Malcolm Turnbull, le Premier ministre australien. « Nous prenons les meilleurs éléments de nos services de renseignements et de sécurité nationale et nous les améliorons. Si les terroristes évoluent dans leurs méthodes, nous devons évoluer dans nos réponses », a-t-il ajouté.

La veille, M. Turnbull avait dit la même chose, mais à propos d’une autre réforme : celle consistant à autoriser les forces armées australiennes à intervenir sur le territoire national en cas d’attaque terroriste. Jusqu’à présent, elles le pouvaient déjà, mais à la condition d’être appelées par les autorités locales pour prêter main forte aux policiers dans le cas où ces derniers seraient dépassés. Cette disposition sera donc annulée.

Ainsi, la police d’État restera toujours la « primo-intervenante » lors d’une attaque terroriste, mais, selon la gravité de la situation, elle ne gardera plus le commandement exclusif des opérations. En outre, les militaires australiens pourront être déployés dans les rues en soutien des policiers et éventuellement bloquer les assaillants. Les forces spéciales seront quant à elles autorisés à tuer des terroristes. Enfin, les unités d’élite de la police australienne pourront bénéficier de formations spécialisées délivrées par l’armée.

Le Premier ministre australien a fait valoir que ces mesures sont nécessaires « devancer la menace terroriste en évolution » et « assurer que l’Australie fournit une réponse coordonnée et intégrée. » Et d’insister : « Nos ennemis sont agiles et innovants. Nous devons les devancer. »

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July 18, 2017 at 06:54PM