Le panneau «Interdit de se plaindre» que François vient d’accrocher est un exemple de son humour. Un plus pour sa cote de popularité mais aussi pour ouvrir l’Eglise.

Chaque jour, dans ses prières, le pape François demande au Seigneur de lui donner le sens de l’humour. Et visiblement Dieu lui accorde pleinement cette grâce. Car le souverain pontife aime sacrément plaisanter comme en témoigne sa dernière facétie en date. Il vient, en effet, d’accrocher sur la porte d’entrée de son appartement à la résidence Sainte-Marthe au Vatican un écriteau en carton avec la formule en italien «Vietato lamentarsi», traduisez «Il est interdit de se plaindre». La pancarte lui avait été offerte par un célèbre psychologue transalpin.

 - AFP/VATICAN INSIDER
Sur la porte de sa résidence au Vatican, le pape François a accroché un panneau «Interdit de se plaindre».

L’humour fait partie de son style, à l’image de sa touche latino révolutionnaire et très proche du peuple. Depuis son arrivée sur le trône de Saint-Pierre il y a quatre bonnes années, l’ex-archevêque de Buenos Aires n’en manque pas une pour amuser la galerie. Fraîchement élu, il annonçait la couleur. «Au moment où on lui proposait de vêtir les habits ornementaux, il répliquait : Non, non, le carnaval est fini», décrit Arnaud Bédat, auteur du livre «François, seul contre tous» (Flammarion). Dans la foulée, il lance aux cardinaux qui l’ont choisi : «Que Dieu vous pardonne !» Depuis, fidèle à lui-même, il a affirmé pêle-mêle qu’il ne refuserait pas le baptême aux Martiens, que le confessionnal n’était pas «une teinturerie qui ôte les tâches des péchés», qu’on ne peut pas «annoncer Jésus» avec «une tête d’enterrement»… Mais il est bien davantage qu’un amateur de bons mots alimentés d’une pincée d’ironie.

 

«L’humour est en lui»

 

«C’est un pape qui adore raconter des blagues ou faire des gags au téléphone même si ça n’est pas toujours drôle, paraît-il. Il apprécie aussi qu’on lui en raconte. L’humour est en lui», résume le biographe de François. Le vaticaniste Bernard Lecomte, auteur du «Dictionnaire amoureux des papes» (Plon), dresse le même constat. «Contrairement à Jean-Paul II, pour qui l’humour était souvent une façon de s’exprimer à but pastoral avec une dimension intello, François a, lui, besoin de rire, ça fait partie de sa vie tout comme il est tactile et a besoin de toucher les gens», estime l’expert. Et même quand il est très sérieux, certains de ses interlocuteurs croient à une vanne. Ainsi, quelques jours après le conclave, Sa Sainteté appelle son ancien ordre jésuite et demande à parler au supérieur. Il décline son identité au réceptionniste qui lui répond alors : «Ah oui ? Et moi, je suis Napoléon !»

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Ce trait de personnalité permet à l’octogénaire argentin d’accroître sa popularité et, notamment, de s’attirer la sympathie des non-croyants. «Il fait passer beaucoup de choses avec l’humour, ça évite de rigidifier, c’est une manière pour lui d’ouvrir l’Eglise», observe Arnaud Bédat.

 

François ne se marre pas seulement de ses pitreries. Lors d’une bénédiction des foules place Saint-Pierre au printemps dernier, il avait éclaté de rire quand une fillette de 3 ans lui avait subtilisé sa calotte. La farce de la petite chapardeuse avait affolé les services de sécurité du Vatican…

Un digne héritier de Jean XXIII

Surnommé le Bon Pape pour sa gentillesse, Jean XXIII, à la tête de l’Eglise catholique de 1958 à 1963, était aussi réputé pour ses bonnes blagues ! A l’instar de François qui l’a canonisé en 2014, il avait la drôlerie dans les gènes. «Avant même d’être pape, quand il était nonce apostolique à Paris, il s’est vite fait remarquer pour ses anecdotes. On l’invitait dans les dîners en ville pour faire rire les convives», précise le vaticaniste Bernard Lecomte.

Le Pape Jean XXIII - FARABOLA/LEEMAGELe Pape Jean XXIII. (FARABOLA/LEEMAGE)

A Rome, il a ensuite collectionné les répliques devenues historiques. Ainsi, quand on le questionne sur le nombre de personnes travaillant au Vatican, il rétorque : «Oh, une petite moitié.» Un autre jour, lors d’une visite dans un hôpital, il demande à un garçon ce qu’il voudrait faire plus tard. Le gamin répond : «Policier ou pape». Et le Saint-Père de confesser : «Je choisirais la police si j’étais toi. N’importe qui peut devenir pape, regarde moi…»

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July 18, 2017 at 11:29AM

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