Comme le requiert la loi, l’administration en place doit, tous les 90 jours, confirmer que l’accord signé par l’Iran et six autres puissances dont la France, est respecté. C’est la seconde fois depuis son arrivée à la Maison Blanche que Donald Trump renouvelle la confiance en cet accord qu’il avait lui-même qualifié de « pire texte jamais signé par les Etats-Unis ».

L’accord signé sous la présidence Obama et entré en vigueur en janvier 2016 après douze années de négociations a pour but de mettre fin au développement du programme nucléaire militaire iranien.

Un accord respecté par l’Iran

Les principales mesures du texte pour parvenir à ses objectifs comprennent le démantèlement des deux tiers des centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium, un renoncement à 98% des stocks d’uranium ainsi qu’un renforcement des inspections de la communauté internationale. Cet accord semble être une réussite puisque l’Agence internationale de l’énergie atomique, organe de l’ONU, a publié un rapport en juin dans lequel elle félicitait l’Iran pour avoir tenu ses engagements tout en encourageant la poursuite du dispositif.

Cet enthousiasme n’est toutefois pas partagé par les Etats-Unis puisqu’un membre de l’administration Trump qui suit le dossier a expliqué que « si l’Iran respecte le texte, l’esprit de l’accord est absent« . Cette remarque a été accueillie froidement à Téhéran et le ministre des Affaire étrangère iranien Mohammad Javad Zarif a expliqué dans une interview avec CNN que l’accord était respecté « scrupuleusement » et questionné la position américaine.

Trump n’a été convaincu qu’au dernier moment

Lorsqu’il avait confirmé le texte pour la première fois à la mi-mai, Donald Trump avait accepté de le faire seulement après que son équipe lui a affirmé qu’elle travaillait sur une nouvelle façon de faire pression sur Téhéran. Obtenir de Donald Trump l’aval une seconde fois n’aura pas été une chose simple, d’autant que ses équipes n’étaient pas en mesure de présenter de dispositifs à mettre en place.

Selon le New York Times, il a ainsi fallu plusieurs heures la semaine dernière pour convaincre le président américain de la nécessité de l’accord et surtout de ce qu’il pourrait arriver si les Etats-Unis s’en retiraient. Mercredi dernier, tous les conseillers et membres principaux de l’Administration se sont réunis autour de Donald Trump à la Maison Blanche pour le convaincre. Un membre haut-placé qui était présent a décrit sous la condition de l’anonymat que pendant 55 minutes le président leur a expliqué qu’il ne voulait pas confirmer l’accord. Finalement, Donald Trump a confirmé pour la seconde fois l’accord en signifiant que c’était peut-être la dernière fois qu’il le ferait.

L’Iran reste une menace selon l’Administration américaine

Ces dernières semaines, les relations avec l’Iran se sont de nouveau tendues avec en toile de fond la situation dans le Golfe et la condamnation à 10 ans de prison d’un ressortissant sino-américain de 37 ans étudiant à Princeton, pour espionnage. Si officiellement, les membres de l’administration appellent à la prudence lorsqu’il est question de l’Iran, certains expliquent clairement que la situation est loin d’être apaisée.

« Le secrétaire d’Etat et le président continuent d’affirmer que l’Iran reste l’une des plus dangereuses menaces pour les intérêts américains et la stabilité dans la région. » a ainsi expliqué un proche de la Maison Blanche au Washington Post.

En vertu de l’accord, les Etats-Unis peuvent toujours sanctionner l’Iran avec le développement de missiles balistiques ou le soutien à des organisations terroristes comme motif. Ces sanctions ne doivent toutefois pas être la réinstauration de celles qui avaient été levées grâce à l’accord et qui ne seraient pas recevables, pouvant même motiver un appel de l’Iran. Si pour le moment, la rhétorique semble prendre le pas sur les actes, selon plusieurs de ses proches, Donald Trump n’hésiterait pas à mettre ses menaces à exécution.

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July 18, 2017 at 07:03PM

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