L’Israélien Moshe Farchi est responsable des études sur le stress, le traumatisme et la résilience au Tel-Haï College (nord d’Israël). A l’époque où il était officier chargé de la santé mentale au sein de l’armée, il a développé une méthode de « premiers soins » psychologiques applicable immédiatement après un évènement traumatique, comme un attentat par exemple. Aujourd’hui, Moshe Farchi l’exporte à l’étranger, en tenant compte des spécificités culturelles des pays. « On pourrait penser que quelqu’un en situation de détresse devrait être maîtrisé, contenu », explique à l’AFP ce travailleur social de formation.

« Or penser et prendre des décisions sont les choses qu’une personne doit faire pour se libérer du sentiment d’impuissance ». Il faut donc travailler le ressenti, selon le spécialiste.

Diminuer le sentiment d’impuissance

« L’événement (traumatique) s’est produit – par exemple, une roquette a explosé. La menace ne peut plus être supprimée mais ce que nous pouvons faire, c’est diminuer ce sentiment d’impuissance (…) Le contraire de l’impuissance, c’est de pouvoir agir. Voilà pourquoi la première des choses à faire est de stimuler la personne », estime-t-il. Il faut poser des questions concrètes et factuelles pour permettre à la victime d’utiliser sa capacité à prendre des décisions. Celles-ci peuvent être très banales : comme le besoin de boire de l’eau ou de faire une pause. Cette idée de « relancer » ou « redémarrer » immédiatement la réflexion d’une personne choquée par un événement traumatique peut avoir des effets positifs immédiats et à long terme, insiste Moshe Farchi.

« Les deux principaux objectifs sont de permettre à quelqu’un de (…) réduire le risque de se faire tuer et celui de développer des désordres (psychologiques) plus sérieux » dans le futur, tels le syndrome de stress post-traumatique, indique de son côté le Dr et lieutenant-colonel Ariel Ben Yehuda. « Les personnes qui ont été confrontées à un danger de mort ont tendance à être confuses, isolées, désorientées. Mais les méthodes de Moshe Farchi permettent d’affronter ces questions », précise-t-il, en indiquant toutefois qu' »il ne s’agit pas d’un traitement psychiatrique mais de quelque chose de très ciblé que vous pouvez faire en deux minutes, l’idée étant de ‘redémarrer’ la personne comme pour un ordinateur qu’on souhaiterait « rebooter ».

La méthode se veut également pratique car elle peut être enseignée en quelques heures et il n’est pas nécessaire d’être un médecin pour la pratiquer. « La probabilité qu’une personne qui vient de vivre un traumatisme se trouve juste à côté d’un professionnel de santé est mince, mais celle qu’un quidam se trouve là est beaucoup plus grande », souligne Moshe Farchi. Il est d’ailleurs récemment intervenu à Manchester, en Grande-Bretagne, après l’attentat suicide du 22 mai.

 

 

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July 18, 2017 at 04:26PM