Jean-Luc Mélenchon a fait part ce mardi de sa volonté de saisir le Conseil constitutionnel pour constester la teneur de la réforme du code du travail. Vaste chantier.

Les intérêts de circonstance peuvent-ils, au moins un temps, gommer les divergences politiques? Les députés de La France insoumise veulent déposer un recours devant le Conseil constitutionnel contre la réforme du code du travail par ordonnances avec les élus communistes.  

Et pour atteindre le seuil indispensable de 60 députés signataires, voilà qu’ils proposent un pacte aux députés du PS. « Nous voulons déposer un recours devant le Conseil constitutionnel sur les ordonnances », a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d’un point de presse, aux côtés d’une dizaine des 17 députés LFI. 

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Ce recours sur la loi d’habilitation, qui « vaut la peine d’être tenté », reposerait sur « plusieurs aspects », selon le leader de la France insoumise. Outre un texte jugé « trop vague », il a évoqué le plafonnement des indemnités prud’homales, qui selon lui « n’a aucune chance de passer devant le Conseil constitutionnel, puisque ça a limité la capacité du juge à évaluer le dommage causé ». 

Pression sur les socialistes

Le député des Bouches-du-Rhône a précisé que les Insoumis avaient échangé avec les 16 élus du groupe GDR (communistes et ultramarins), espérant pouvoir faire ce recours « conjointement » avec eux. Mais sachant qu’un recours au Conseil constitutionnel requiert un minimum de 60 signatures, il a indiqué que les Insoumis interpelleraient aussi les députés socialistes et les « non-inscrits autonomistes corses ». 

« Tout va dépendre de la façon dont le groupe socialiste va régler le problème qui lui est posé depuis le début » sur sa position vis-à-vis de la majorité, a encore estimé l’ancien candidat à l’élection présidentielle, avant de juger que « s’il n’y a pas de recours, ce sera de la faute des autres » et qu' »il va falloir qu’ils choisissent: majorité ou opposition ». 

Une forte mobilisation sera « un encouragement à l’action »

Reste que cet appel en forme de coup de pression ne semble pas vraiment avoir échaudé les principaux concernés. « Nous ne sommes pas en train de nous livrer une guerre de basse-cour, confiait au Parisien le patron du groupe Nouvelle gauche Olivier Faure. Nous avions déjà en tête de procéder à un tel recours d’inconstitutionnalité et ce n’est pas en nous interpellant que l’on va nous convaincre à travailler ensemble. Mais en même temps, pourquoi ne pas entamer une démarche commune avec la France Insoumise à condition que la motivation d’une telle démarche soit bien juridique et non politique. » Reste à savoir si les députés les plus à droite du groupe Nouvelle gauche, bien plus proches de Macron que de Mélenchon, accepteront de jouer un tel jeu. 

Outre cette démarche juridique, les Insoumis prendront part à la mobilisation à l’appel de la CGT et SUD du 12 septembre, Jean-Luc Mélenchon estimant qu’une forte mobilisation sera « un encouragement à l’action ». Il a défendu l’appel à un rassemblement le 23 septembre à Paris qu’il a lancé lundi comme « un élargissement du champ de la mobilisation dans des secteurs qui ne sont pas directement concernés par l’activité syndicale », notamment les étudiants ou retraités. 

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July 19, 2017 at 12:00AM