Emmanuel Macron n’est pas le seul à vouloir réformer le pays, mais il est sans doute le premier à ouvrir les chantiers de réforme et affirmer sa détermination à les mener à bout et très vite. La loi travail, un budget resserré, des dépenses publiques à la baisse, une réforme administrative avec une réduction du périmètre de l’Etat, puis très vite une réforme de la fiscalité et de la gestion des organismes sociaux, la retraite, l’assurance santé et le chômage.

La plupart des responsables politiques ont envisagé ce type de réformes, mais ils ont tous peu ou prou renoncé à se lancer dans l’aventure, compte tenu des risques sociaux que cela représentait à leurs yeux.

La France était donc impossible à réformer et chacun se trouvait toutes les bonnes excuses pour ne rien faire. Donc on n’a rien fait.

A priori, Emmanuel Macron veut le faire et affronter la résistance des corps sociaux. Alors pourquoi si vite ?  Pour trois raisons. 

 

La première raison est fondée sur la conviction qu’il n’y a pas d’autres solutions que de s’adapter aux mutations du monde si la France veut survivre dans le jeu international et continuer de profiter du progrès. Emmanuel Macron, partage le diagnostic que font tous les libéraux et en particulier les chefs d’entreprise et cela dans le monde entier. 

D’abord la planète s’est globalisée, la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des hommes a imposé un mode d’organisation fondé principalement sur la concurrence parfois brutale parce que les régulateurs et les organisations politique restent très nationaux. Les coordinations mondiales sont fragiles et souvent peu efficaces. Il faut donc se plier aux contraintes de la mondialisation tout en essayant de se protéger au niveau national des effets les plus douloureux.

Ensuite, la planète toute entière connaît une révolution technologique qui est elle aussi incontournable. Le digital bouscule toutes les habitudes et accroit la pression mondiale.  

Enfin, l’Europe qui représentait un moyen d’assumer la mondialisation, a été remise en cause par la poussée des protectionnismes nationaux. 

A partir de ce diagnostic, il faut donc donner aux créateurs de richesses et de croissance, les outils de la compétitivité, accroitre la flexibilité (c’est la loi travail), favoriser l’innovation (par la formation et la fiscalité), diminuer les dépenses publiques de fonctionnement pour donner plus de moyens aux activités d’investissement en croissance.

Il faut aussi réduire les endettements afin de s’affranchir des créanciers. La dette qui finance l’investissement est vertueuse puisqu’elle crée de la richesse. Mais la dette qui finance des dépenses de fonctionnement est toxique puisqu’elle nous fait dépendre des marchés. 

Globalement, si la France veut garder sa place dans le jeu, elle n’a donc pas d’autres choix que de s’adapter au monde. D’un coté, elle ne changera pas le monde comme le pense certains idéologues de l’extrême gauche. De l’autre, elle ne peut pas vivre durablement isolée comme le suggère l’extrême droite. 

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July 19, 2017 at 12:51PM