Depuis le début de l’année, ce sont pas moins de 85 000 personnes qui ont débarqué dans le sud de l’Italie, le chiffre des arrivées ayant cru de 18% par rapport à la même période en 2016. Notre voisin, qui a accueilli 181 000 migrants l’année dernière, demande instamment de l’aide à ses partenaires européens car ses structures d’accueil sont totalement submergées.

Comme tous les étés depuis 2014 maintenant, le retour des beaux jours facilitant les conditions de navigation en Méditerranée, la question lancinante des migrants revient dans le cœur de l’actualité européenne et nationale avec ses chiffres de noyés (au moins 2200 personnes ont péri en mer depuis le début de l’année selon les ONG et la Commission européenne), ses tensions aux frontières (avec des contrôles drastiques à la frontière franco-italienne à Vintimille et italo-autrichienne au col du Brenner) et ses réunions de crise entre ministres européens.

 En France, le sujet s’est également invité une nouvelle fois au cœur de l’actualité avec l’évacuation le 7 juillet au matin par les forces de l’ordre de plus de 2500 migrants qui stationnaient aux abords du centre humanitaire ouvert en novembre dernier, Porte de la Chapelle à Paris par la Municipalité, cette évacuation étant la 34ème menée à Paris depuis juin 2015.   

 

1- Un raidissement sur l’accueil dans différents pays européens

Dans ce contexte, le récent sondage de l’Ifop réalisé en France, en Allemagne et en Italie , témoigne d’un nouveau raidissement de l’opinion publique en Allemagne et en Italie. 61% des Allemands se disent ainsi favorables à ce que les migrants soient répartis dans les différents pays d’Europe et à ce que l’Allemagne en accueille une partie. Ce chiffre s’inscrit en nette baisse depuis deux ans avec un recul de 18 points sur cette période après une progression significative entre juillet et septembre 2015 (+10 points) consécutivement à l‘émoi suscité par la publication des photos du petit Aylan, cet enfant kurde mort noyé sur une plage et dont la photo avait ému une large partie des européens.

 

L’adhésion à l’accueil et la répartition des migrants en Allemagne et en Italie

 

 

L’effet Aylan ne s’était pas manifesté dans l’opinion publique italienne, hélas exposée depuis plusieurs années à de telles images et au récit de naufrages dramatiques sur ses côtes. Les résultats étaient demeurés stables depuis 2015 mais l’on enregistre pour la première fois cette année également un net décrochage comme le montre le graphique ci-dessus. Ce raidissement de l’opinion publique italienne s’est traduit dans les urnes. Lors des élections municipales partielles qui ont eu lieu début juin, la très grande majorité des maires qui avaient adhéré au programme gouvernemental de répartition des réfugiés sur le territoire ont été sèchement désavoués par leurs électeurs.  

 

Via: Atlantico.fr — http://ift.tt/2uyHZ3d

July 19, 2017 at 12:51PM