Plus d’une semaine après la reprise de Mossoul, les forces antiterroristes irakiennes tentent de dénicher les cellules dormantes de l’EI pour éviter un retour des djihadistes. Mais la confrontation avec les familles s’avère parfois délicate.

Sept heures du matin, Mossoul. Une patrouille des forces antiterroristes irakiennes pénètre dans le quartier de Tanak, un foyer connu de soutien aux djihadistes, suivie par deux envoyées spéciales de France24. Ici, de nombreux habitants ont un membre de leur famille qui a combattu pour l’organisation de l’État islamique (EI). Inquiète, la population semble réticente à vouloir à donner des informations.

« Qui travaillait pour l’Émir ? », demande le Lieutenant-colonel Salam Hussein. Il doit bien y avoir des habitants de ce quartier qui ont travaillé pour lui. Vous devez nous aider. » La femme qu’il interroge se contente de déclarer que tous sont morts. 

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Après plusieurs heures de porte à porte, le lieutenant colonel trouve une piste intéressante : un jeune homme, âgé de 14 ans seulement, qui avoue avoir rejoint l’organisation EI. Le jeune homme est interpellé, mais Salam Hussein promet à ses parents de le laisser libre s »il lui donne des informations ».

Le garçon conduit les forces vers un autre suspect, prénommé Ibrahim. « Qui a collaboré avec vous ? », demande le lieutenant colonel. Mais ce présumé djihadiste refuse de coopérer. Le haut gradé perd patience et les envoyées spéciales de France 24 n’ont pas le droit de filmer le reste de l’interrogatoire. Le jeune homme est emmené, puis libéré faute de preuves.

« Comment ces gens vont pouvoir continuer à vivre dans ces quartiers ? »

Pour réussir leur mission, les forces spéciales doivent agir avec prudence afin de ne pas se heurter à la population, déjà méfiante à leur égard. Les militaires veulent aussi éviter de stigmatiser l’intégralité des familles de combattants de l’organisation EI. « Pour l’instant, ils nous font confiance, ils se sentent à l’aise avec nous, constate Halam Salem. Ce qui m’importe, c’est la façon dont ils sont perçus dans leur quartier. Ils pourraient ne plus être respectés. Comment ces gens vont pouvoir continuer à vivre dans ces quartiers ? »

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Beaucoup d’habitants de Mossoul qui ont vécu dans la terreur et la violence pendant trois ans estiment que les proches des djihadistes n’ont plus leur place parmi eux. Des tracts de menaces ont même été imprimés et des habitations ont été les cibles de jets de grenades. Un décret des autorités locales demande le transfert des proches de djihadistes dans les camps, où ils doivent suivre des programmes de rééducation idéologique. Les mouvements de défense des droits de l’homme craignent eux des représailles et une mise à l’écart lourdes de conséquences pour la cohésion du pays.

 

Avec AFP

Première publication : 19/07/2017

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July 19, 2017 at 12:39PM