Le 18 juin, un individu connu pour sa radicalisation avait agressé deux agriculteurs avec un couteau en criant «allahu akhbar».

Le tribunal correctionnel d’Agen (Lot-et-Garonne), qui devait statuer en comparution immédiate sur l’agression au couteau commise par un «fiché S» contre deux agriculteurs, a renvoyé le dossier au parquet pour instruction estimant qu’il «n’avait pas assez d’éléments» pour juger.

 

L’avocate des deux agriculteurs parties civiles, Me Sophie Grolleau, a indiqué avoir plaidé mercredi pour «une requalification de l’infraction» en «acte à caractère terroriste», justifiant que le parquet anti-terroriste de Paris soit saisi. Selon elle, «il s’agit d’une tentative d’homicide volontaire qui doit être jugée au moins par une cour d’assises». D’après l’avocate, au moment de l’agression, commise le 18 juin, l’homme, âgé de 41 ans, a crié à plusieurs reprises «allahu akhbar».

 

Pour Yves Boussuge, l’exploitant blessé au bras droit, «c’est un acte terroriste. Imaginez que je me trouve sur les Champs-Elysées le 18 juin dernier, et que je sois victime d’une agression où le type crie à plusieurs reprises Allahu akbar. Pensez-vous vraiment que l’impact aurait été le même?», a-t-il déclaré à La Dépêche du Midi. 

 

Assigné à résidence

 

Le prévenu, «fiché S» et assigné à résidence, «devait comparaître le 22 juin pour détention de photos et vidéos prônant le djihad» dans le cadre d’une autre affaire, a précisé le maire (LR) de Laroque-Timbaut (Lot-et-Garonne), la commune où se sont déroulés les faits, Lionel Falcoz. Alors que le prévenu était jugé en comparution immédiate pour «violences avec arme», le président du tribunal, Ludovic Piling, a estimé «qu’en l’état du dossier il ne pouvait pas répondre aux questions», a expliqué Me Grolleau.

 

«N’ayant pas assez d’éléments dans ce dossier complexe» et le prévenu étant jugé en comparution immédiate sans instruction préalable, «le juge a donc renvoyé le dossier au parquet en vue d’une ouverture d’information judiciaire pouvant déboucher sur une mise en examen du prévenu et donc une instruction», a-t-elle ajouté.

 

VIDEO. Le témoignage d’Yves Boussugue

 

 

 

En solidarité avec Yves Boussuges, 56 ans, et David Geneste, 30 ans, les deux agriculteurs agressés alors qu’ils moissonnaient leur champ, le maire de Laroque-Timbaut avait adressé immédiatement après les faits un courrier au Premier ministre, Edouard Philippe, pour lui exprimer sa «sidération et son incompréhension de voir qu’un « fiché S » assigné à résidence dans l’agglomération agenaise puisse se promener en toute liberté», a-t-il rappelé. A l’appel de la Coordination rurale, une quarantaine d’agriculteurs étaient présents à l’audience pour manifester leur solidarité avec les deux agriculteurs agressés.

 

 

 

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July 20, 2017 at 01:00AM

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