Assistants parlementaires : la contre-attaque judiciaire de Mélenchon contre le FN

LE SCAN POLITIQUE – L’ancien sénateur annonce qu’il contre-attaquera en justice pour dénonciation calomnieuse et assure n’avoir jamais employé ses assistants pour d’autres tâches que son mandat d’eurodéputé.

«On est tout à fait zen», assure ce mercredi matin Alexis Corbière, invité sur Europe 1. Une affirmation qui intervient au lendemain de l’annonce de l’élargissement de l’enquête du parlement Européen sur les assistants parlementaires au cas de Jean-Luc Mélenchon. Cette décision fait suite d’une «dénonciation complémentaire» apportée au juge le 27 juin dernier par Sophie Montel, l’eurodéputée FN à l’origine de l’affaire.

Animé d’une colère froide, le chef de file de la France Insoumise a répondu avec fermeté sur sa page Facebook pour tenter de désamorcer la chausse-trappe: «La méthode de la dénonciation est un grand classique de l’extrême droite et sa forme suprême de courage. Au cas précis, cela aura pourtant suffi à déclencher une ‘enquête préliminaire’ sur une dizaine de députés européens (…) Dont moi», écrit-il. Et l’ancien sénateur de prévenir qu’il réglera ce litige au tribunal: «Je veux rappeler que je ne suis nullement mis en examen! (…) C’est le moment de dire qu’une dénonciation sans fondement est une dénonciation calomnieuse. C’est un délit (…) Je me prépare donc à porter plainte à mon tour pour dénonciation calomnieuse contre cette militante du FN et ses complices».

La délation, «une longue tradition» au FN pour LFI

Au-delà de la manœuvre de délation qui permet au FN d’essayer d’élargir aux partis adverses les ennuis judiciaires qui le visent, Jean-Luc Mélenchon fustige également «le pilori médiatique» auquel lui et ses assistants se trouvent désormais livrés. «Ce qui me blesse le plus profondément, c’est que les noms de mes assistants soient cités. Et seulement les miens! Ce qui souligne la hargne particulière dont je fais l’objet», déplore le député des Bouches-du-Rhône. Et d’affirmer qu’aucun assistant «n’a jamais consacré aucun temps de travail payé par le Parlement européen, sous quelque forme que ce soit, pour une activité au Parti de gauche, au Front de Gauche ou à ‘la France insoumise’ (…) Je peux dire que leur militantisme a consisté à travailler davantage d’heures et avec davantage d’intensité que ne le prévoyait leur contrat de travail».

Une affirmation soutenue par son lieutenant Alexis Corbière ce mercredi sur Europe 1. «Ce sont des gens qui croulent sous la tâche, sous l’activité et la suractivité parlementaire de Jean-Luc Mélenchon», a-t-il assuré. Avant de contre attaquer par l’ironie: «Aucun n’a été employé pour être standardiste, secrétaire ou chauffeur… Suivez mon regard» ; Une référence aux soucis rencontrés par Marine Le Pen, et qui ont conduit à sa mise en examen le 30 juin dernier. Selon l’élu de Seine-Saint-Denis, «le Front national, fidèle à une longue tradition de dénonciation, pris dans beaucoup de turpitudes, cherche à faire diversion».

Des informations glanées sur Google

De cette «diversion», les coulisses ont été quelque peu éventés sur France Inter par Florian Philippot, vice-président du FN et proche de Sophie Montel. Le stratège de la communication frontiste révèle comment les informations accusant selon lui Jean-Luc Mélenchon ont été recueillies: «c’est assez simple. Ce sont des informations qui sont sur Google. Voilà. C’est simple». Des recherches qualifiées par Philippot de «travail formidable» ayant requis «un courage formidable». Il s’agit à ses yeux de mettre fin au «deux poids deux mesures» qui conduirait Bruxelles à ne créer des ennuis qu’aux «eurosceptiques». L’ex-candidat à la présidentielle n’est pourtant lui-même pas un fervent soutien de la politique européenne.

Le 20 mars 2017, à l’occasion du premier débat télévisé entre concurrents à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait tenu à prendre ses distances avec ses adversaires candidats visés par les affaires, et dénoncé les «pudeurs de gazelles» des journalistes qui mettaient selon lui «tout le monde dans le même sac». Marine Le Pen avait prévenu, «attention, ça pourrait venir!»

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July 20, 2017 at 11:31AM

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