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Vu de l’étranger. La guerre éclair au sommet de l’État français annonce un “été des mécontents”


Le chef d’état-major Philippe de Villiers a démissionné, mercredi 19 juillet, sur fond de protestation contre les coupes dans le budget de l’armée. Une première rébellion contre Emmanuel Macron qui devrait être suivie par beaucoup d’autres, annonce la presse étrangère.

”Une guerre de tranchées semblait annoncée. Elle s’est soldée par une reddition inconditionnelle.” Dans son édition du 20 juillet, le journal suisse Le Temps évoque ainsi la démission du chef d’état-major Pierre de Villiers la veille. Le plus haut gradé de l’armée française a quitté ses fonctions sur fond de désaccord avec l’exécutif au sujet des coupes de 850 millions annoncées dans le budget de la Défense.

“Le premier a tiré sa révérence”, titre le quotidien de gauche allemand Neues Deutschland dans une formule ambiguë, qui annonce la “capitulation” du chef d’état-major Pierre de Villiers et laisse entendre que d’autres démissions pourraient suivre. “Derrière ce conflit, c’est la stratégie de la politique militaire et de sécurité française qui est en jeu, explique le journal. De Villiers a encore en tête l’idée de l’armement nucléaire de la ‘Grande Nation’, tandis que Macron mise sur la coopération avec les partenaires européens. À commencer par l’Allemagne.”

“Un premier test d’autorité”

Pour El País, “cette démission ouvre la plus grande crise au sommet de l’État depuis qu’Emmanuel Macron a remporté l’élection”. Le journal espagnol estime que, au-delà du rejet des coupes budgétaires, ce geste montre “le mécontentement des militaires, qui doivent assumer toujours plus de missions en ces temps de restrictions”. Comme le rappelle le quotidien madrilène, il s’agit de la première démission d’un chef d’état-major depuis la création de cette fonction en 1962.

La démission de Pierre de Villiers ne serait “que la première des multiples crises menaçant de mettre fin à la lune de miel présidentielle”, prévient Politico, qui évoque “un été des mécontents” auquel Macron devra bientôt faire face.

La rébellion de De Villiers marque le premier test de l’autorité de Macron sur son territoire. C’est aussi un avant-goût de ce que le président devra affronter, lui qui veut réformer le droit du travail et le régime des retraites, tout en alignant les finances du pays sur les règles de l’Union européenne.”

Même tonalité du côté de la Süddeutsche Zeitung, en Allemagne, qui prévoit que “la résistance se déclarera partout en France : dans les communes, les régions, avec les partenaires sociaux et les syndicats”. Dans son désir d’assainissement budgétaire, “ce général ne sera pas l’adversaire le plus coriace à affronter” pour Emmanuel Macron, assure le quotidien allemand.

Le journal conservateur italien Il Foglio juge toutefois que le chef de l’État français a géré cette première crise comme il le fallait car “les Français sont fatigués des postures sans réel exercice de l’autorité, et c’est là le secret de la popularité du nouveau président, et de sa percée électorale”. Le quotidien voit Macron comme “un modernisateur, mais restaurateur d’un antique primat de la politique sur tout : armée, économie, société.”

Cette nouvelle fait au moins des heureux de l’autre côté de la Manche, The Daily Telegraph titrant ce 20 juillet : “La Grande-Bretagne est le grand vainqueur de la guerre ouverte entre Macron et les forces armées françaises.”

Le journal rappelle les tensions actuelles entre les deux pays, dans le contexte des négociations sur le Brexit, et fait allusion aux révélations du Mail on Sunday, selon lesquelles la France tenterait de profiter du Brexit pour saboter l’économie britannique. Or, selon The Telegraph, la crise qui vient d’éclater à Paris est “avant tout un rappel de l’importance pour la France du soutien et de la coopération britanniques, malgré la rhétorique féroce et les menaces voilées du nouveau président”. D’après la publication, le diagnostic est clair : l’armée française “se trouve trop à court d’argent pour fonctionner efficacement sans l’aide britannique.” Un rôle que ne pourraient ni ne souhaiteraient tenir les Allemands, jure The Daily Telegraph.

Via: Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies — http://ift.tt/2tiJ0sa

July 20, 2017 at 05:05PM

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