Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a donné, jeudi 20 juillet, son feu vert « de principe » à la relance du plan d’aide à la Grèce. La question de l’allègement de la dette, cependant, continue de diviser le Fonds et les partenaires européens d’Athènes.

Ce feu vert se matérialise par un accord de principe de 1,6 milliard d’euros, accordé à Athènes au titre d’un crédit « de précaution » mais le FMI ne déboursera pas ces fonds dans l’immédiat. La manœuvre, rarement utilisée, par l’institution monétaire, avait déjà été annoncée en mai dernier. Ceci a permis le versement d’une nouvelle tranche d’aide de 8,5 milliards d’euros de la part de la zone euro, effectuée en grande partie début juillet mais a aussi concédé aux autorités grecques d’honorer des échanges cruciaux de remboursement.

La pression sur les créanciers européens se poursuit

Athènes bénéficie d’un plan d’aide de 86 milliards d’euros, le troisième, signé en juillet 2015. Celui-ci, qui court jusqu’en août 2018, doit permettre à la Grèce de faire face en partie à sa dette colossale, qui atteint toujours près de 180 % de son PIB, soit 315 milliards d’euros.

Mais tout en donnant son aval, le FMI continue de mettre la pression sur les créanciers européens pour une renégociation de la dette grecque, qu’il juge insoutenable en l’état actuel. L’argent ne sera versé par le FMI qu’à condition que les partenaires européens d’Athènes s’entendent sur une réduction du poids de la dette, ont rappelé les responsables du Fonds jeudi, sans fixer d’échéance pour cette réduction.

Dans des documents de travail présentés au Conseil d’administration, les responsables de l’institution monétaire internationale affirment :

« Même si les divergences de vues entre (le FMI) et les partenaires européens de la Grèce se sont réduites, une stratégie de réduction de la dette qui resterait basée sur des objectifs historiquement élevés pour l’excédent primaire ou le taux de croissance sur des périodes prolongées n’est pas crédible. »

Une bonne nouvelle pour un futur retour sur le marché des capitaux

En donnant son accord jeudi, le FMI a souligné que l’excédent primaire (hors service de la dette) a été fixé à 3,5 % du Produit intérieur brut, d’ici 2019 à 2022.

Après 2022 toutefois, « cet objectif devrait être ramené à un objectif plus soutenable de 1,5 %, aussi vite que possible, pour apporter une marge de manœuvre budgétaire permettant d’augmenter le soutien social, stimuler l’investissement public et abaisser les impôts pour soutenir la croissance ».

L’accord du Fonds, même s’il est « de principe« , devrait faciliter la tâche des responsables grecs pour revenir sur le marché des capitaux en émettant de nouvelles obligations, même si le pays a actuellement accès aux prêts à taux avantageux du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Désormais, plus de marges de manœuvre ?

Ce retour pourrait cependant être gêné par un montant maximal de la dette grecque, fixé à 325 milliards d’euros par le FMI et les partenaires européens en accord avec les autorités grecques. Ce qui n’empêche pas Chistine Lagarde, directrice générale du FMI de souligner dans un communiqué :

« Je me félicite grandement du nouveau programme d’ajustement économique de la Grèce qui se concentre sur des politiques qui aideront à rétablir, à moyen-terme, la stabilité macro-économique et la croissance tout en soutenant les efforts des autorités pour revenir à un financement par les marchés sur une base durable. »

Et d’ajouter :

« Le programme apporte à la fois des marges de manœuvre pour mobiliser le soutien pour les réformes structurelles plus profondes dont la Grèce a besoin pour prospérer au sein de la zone euro et aussi un cadre pour les partenaires européens de la Grèce afin d’apporter de nouveaux allègements de dette pour restaurer la viabilité de la dette grecque. »

Par ailleurs, le FMI prévoit que la croissance de l’économie grecque devrait atteindre 2,1 % cette année et 2,6 % l’an prochain.

(avec Reuters)

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July 21, 2017 at 11:57AM