Le Monde Diplomatique est un journal. Il est aux autres journaux sont ce que les torchons sont aux serviettes. Ce que le caniveau est à une source d’eau pure. Ce que la grosse caisse est au clavecin. Grace à quoi, il exerce un magistère indiscutable sur les intermittents de la pensée, les lumpen-intellectuels, les demi lettrés, les écrivassiers et écrivassières, les doctorants qui n’auront jamais leur doctorat.

Le Monde Diplomatique n’est qu’amour. Il aime les peuples. Tous les peuples. A l’exception du peuple français et du peuple juif. Il aime par-dessus tout, et de façon orgasmique, le peuple palestinien.

Le prolétaire beau et courageux, annonciateur de la parousie ayant disparu, le palestinien l’a remplacé dans les passions amoureuses du Monde Diplomatique.

Souvent, le Monde Diplomatique est triste. Mao et Pol Pot ont disparu. Ahmadinejad n’est plus le président de l’Iran. Chavez et Castro sont morts. Tsipras a rendu les armes. Et Lula ne se porte pas très bien. C’est dur. Et pour oublier cette souffrance, le Monde Diplomatique se rabat sur tout ce qui lui tombe sous la main. Une grève des ouvriers du textile au Bangladesh… Une manif contre le G20… Un assaut des zadistes contre la police capitaliste…

Le Monde Diplomatique n’en a que plus de mérite à exercer son sacerdoce. Il est investi d’une noble et sainte mission : veiller comme les grands tribunaux de l’Inquisition espagnole à la “ limpieza de sangre” (pureté du sang). Dans ce domaine, il est infaillible, sévère et juste. Ainsi, depuis des années, il ne cesse de publier, sans jamais se lasser, des articles pour exorciser et châtier un personnage luciférien du nom de Bernard Henri Lévy. La “ limpieza de sangre” de ce dernier est en effet sujette à caution. Maure, Juif, marrane judaïsant en secret (merci de rayer la mention inutile) ?

Mais tous ces articles (tous ces fagots) n’ont pas suffi à allumer le bûcher sur lequel flamberait, jusqu’à ce que cendres s’en suivent, Bernard Henri Lévy. L’animal  a la vie dure. Alors, le Monde Diplomatique a décidé de frapper un grand coup. Il a mis en ligne, et en accès libre, tous les articles qu’il a consacrés depuis 20 ans à Bernard Henri Lévy. Ça en fait, des fagots. Et ça va faire un beau bûcher.

Quand les nazis arrivèrent au pouvoir en Allemagne, ils firent des autodafés avec les livres des écrivains “dégénérés”, juifs, socialistes, communistes, démocrates. Ainsi brûlèrent les ouvrages de Zweig, de Feuchtwanger, de Freud… Il y avait quelque honneur à être jeté dans les flammes par de sombres brutes. Bernard Henri-Lévy peut être fier d’être brûlé par le Monde Diplomatique…

 

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July 21, 2017 at 11:20AM