Environ 800 000 étudiants sont concernés par cette aide. Cette piste d’économies envisagée par le gouvernement risque de causer la grogne des allocataires.

Pour les étudiants, la période estivale va souvent de pair avec la recherche d’un logement. Autant dire que le timing choisi par le gouvernement pour l’annonce de la baisse de l’APL, l’aide personnalisée au logement, n’est pas des plus heureux. Et ce d’autant plus, révèle LCI, qu’elle pourrait intervenir dès la rentrée prochaine.

Jeudi, à l’Assemblée nationale, lors du débat d’orientation des finances publiques pour 2018, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a réaffirmé la volonté du gouvernement de réduire à tout prix les dépenses publiques. «Tous les objectifs du gouvernement sont liés à la réduction du poids des dépenses publiques», a martelé le ministre. Dans sa ligne de mire : les aides personnalisées au logement, qui représentent 20 milliards d’euros de dépenses en 2016 pour l’Etat et 40% des aides au logement. Elles constituent l’aide principale dont disposent les étudiants pour s’acquitter de leur loyer. Elles ont été touchées par plus de 2,6 millions de foyers au premier trimestre 2017, pour une aide moyenne de 225 euros par allocataire.

L’objectif d’une telle mesure pour le gouvernement ? Parvenir à une baisse de trois points de dépenses d’ici à 2022, sur les 56,4% du PIB que représentent les APL. «Trop de dépenses, donc trop d’impôts, trop de déficits et trop de dette», a résumé Gérald Darmanin. L’information de LCI sur l’imminence de l’application de la mesure a logiquement suscité quelques vives réactions d’étudiants, encartés ou non dans un syndicat, sur Twitter.

Des intentions floues

Le ministre des Comptes publics n’a pas explicitement évoqué les APL ce jeudi, mais il l’avait fait précédemment, le 12 juillet. Auditionné, aux côtés de Bruno Le Maire, par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, pour s’expliquer sur les budgets 2017 et 2018, Darmanin a confirmé la volonté du gouvernement de réduire ces aides. «La baisse des APL a été votée par la précédente majorité mais n’a jamais été mise en place. Nous prendrons les mesures votées par le Parlement.»

 

Contrairement à ce qu’affirme cependant Gérald Darmanin, en octobre 2016, les APL ont pourtant été plafonnées en fonction du loyer des étudiants, pour enrayer la hausse constante de ces aides.

 

Des dépenses d’abord retoquées par Philippe

Le premier à avoir pointé les APL comme une potentielle cible de la baisse des dépenses publiques, c’était Edouard Philippe, lors de son discours de politique générale du 4 juillet. «Nous dépensons deux fois plus que nos voisins européens dans l’aide au logement, et les Français éprouvent toujours autant de difficultés à se loger», avait déclaré le Premier ministre. Les APL sont régulièrement contestées pour leur tendance à faire flamber les loyers au profit des propriétaires.

 

A la fin de son quinquennat, François Hollande avait affirmé sa volonté de supprimer les APL pour les ménages avec un patrimoine de plus de 30 000 euros, ce qui représente environ 10% des bénéficiaires.

 

Source : Les APL revues à la baisse dès la rentrée de septembre ? – Le Parisien