Malgré le veto du président Andrzej Duda, la Première ministre polonaise Beata Szydlo a annoncé ce lundi soir à la télévision que son gouvernement comptait maintenir sa réforme de la justice.

« Nous ne céderons pas aux pressions de la rue et de l’étranger », a lancé à télévision Beata Szydlo. La Première ministre polonaise a également dit regretter que le veto présidentiel ait « ralenti » la réforme de la justice et soit « peut-être incompréhensible pour ceux qui attendent le ‘bon changement’ ». Le veto « a été perçu comme un encouragement par ceux qui se battent pour maintenir un système injuste, le système des grands et petits abus et de l’oppression pour nombre de citoyens honnêtes », estime-t-elle.

Pour le parti conservateur Droit et Justice au pouvoir en Pologne, pas question donc d’abandonner sa réforme. Et ce malgré la surprise provoquée par le président Andrzej Duda, pourtant issu du même parti, qui ce matin a opposé son veto aux lois sur la Cour suprême et sur le Conseil national de la magistrature.

Aussitôt après le discours de la chef du gouvernement, la télévision publique a diffusé une adresse solennelle du président dans laquelle il a expliqué les raisons de sa décision. « J’oppose mon veto aux deux lois, car elles nécessitent des changements garantissant leur conformité à la Constitution et l’indépendance du pouvoir judiciaire, sans toutefois un sentiment de supériorité et d’impunité. Il faut que les lois créent des conditions permettant aux juges de se sentir indépendants de toute pression », a déclaré Andrzej Duda.

Ces lois avaient été critiquées par l’opposition polonaise, par des magistrats du pays, jusqu’au département d’Etat américain. La Commission européenne avait quant à elle sommé Varsovie de « mettre en suspens » ces réformes, la menaçant de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de son droit de vote au sein de l’Union.

Renvoyées devant le Parlement, les deux lois requièrent une majorité de trois-cinquièmes pour être adoptées sous leur forme actuelle. Une majorité dont Droit et Justice ne dispose pas. L’opposition polonaise n’entend pas pour autant abandonner son combat pour la démocratie, y compris dans la rue. « Il faut montrer notre puissance. Nous sommes unis pour vaincre ce gouvernement qui est en train de démolir la démocratie en Pologne », affirme ainsi Rafal Trzaskowski, député du parti libéral Plateforme civique. Le bras de fer entre le gouvernement et l’opposition continue.

Source : Pologne: malgré le veto présidentiel, le gouvernement maintient sa réforme – Europe – RFI