Alors que la ville connaît sa pire sécheresse depuis 200 ans, des coupures d’eau drastiques pourraient y être décidées dans les prochains jours.

Quelques gouttes de pluie tiède sont tombées sur Rome, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 juillet, après plusieurs semaines de sécheresse absolue. A peine de quoi mouiller le sol. Puis la chaleur étouffante a immédiatement repris ses droits ; les habitants auront à peine eu le temps de s’en apercevoir.

Les services italiens de météorologie annoncent bien quelques orages dans le nord du pays, mais il est peu probable que la pluie atteigne la capitale. Dans tous les cas, un orage, même violent, ne résoudra rien. La sécheresse inédite qui sévit sur l’Italie centrale depuis plusieurs mois est partie pour durer.

Ces derniers jours, la préoccupation a cédé le pas à une franche inquiétude. Il faut dire que les nouvelles n’ont rien de rassurant : Rome, la ville des fontaines et des aqueducs, qui n’a jamais vraiment manqué d’eau, est menacée par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne.

Eviter une catastrophe écologique

Samedi, le gouverneur de la région du Latium, Nicola Zingaretti, a annoncé que, face à la baisse dramatique du niveau du lac de Bracciano, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du centre de la capitale – il est actuellement 1,50 mètre plus bas que la normale –, il était contraint d’ordonner l’interruption des prélèvements en eau, pour éviter une catastrophe écologique.

Problème : Bracciano représente en moyenne 8 % des ressources quotidiennes de la ville. L’agence gérant l’alimentation en eau de la métropole romaine, l’ACEA, qui a aussitôt protesté contre cette décision, avait déjà réduit ses prélèvements ces dernières semaines. Elle continuait tout de même à y ponctionner 1 100 litres par seconde, soit 86 000 mètres cubes par jour.

Les images des berges asséchées du lac, 57 km2 et jusqu’à 160 mètres de profondeur, tournaient en boucle, toute la journée, dans les journaux télévisés. On y voyait des pontons soudain rendus inutiles par l’absence d’eau, tandis que sur les rives, d’ordinaire…

Source : Rome menacée par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne