Jean-Louis Bourlanges voulait parler. Il n’a pas pu. Il n’est pas content. Il s’en va.Voilà la scène de ce mardi 25 juillet, à l’Assemblée nationale. Preuve que la tension de lundi n’est pas retombée, même parmi les membres de LREM, qui s’attellent ces jours-ci au projet de loi pour la confiance dans la vie publique.

Alors que l’hémicycle est en train de débattre d’un amendement, Jean-Louis Bourlanges veut prendre la parole pour donner son avis, juste avant le vote. Mais le député MoDem, élu LREM, se fait couper l’herbe sous le pied, la vice-présidente Carole Bureau-Bonnard mettant l’article au vote.

On entend alors une voix toute colère s’élever des rangs du Palais Bourbon. C’est Jean-Louis Bourlanges :

Madame, je suis désolé, vous m’aviez fait signe que vous me la donneriez [la parole], pourquoi vous ne me la donnez pas ?

Carole Bureau-Bonnard lui rétorque qu’il y a déjà eu deux prises de paroles. Bronca dans l’Assemblée. Jean-Louis Bourlanges est debout, il hurle, littéralement, en direction du perchoir : « J’ai demandé la parole ! ». Hélas, le vote est déjà commencé. Trop c’est trop pour le député de la majorité, qui quitte l’hémicycle, accompagné par ce commentaire de la présidente de séance :

Bah il part…

Jean-Louis Bourlanges part sous les applaudissements, venant principalement des membres de l’opposition.

Un moment à voir dans la vidéo ci-dessous isolée par LCP :

  • Épisode 2 : gros imbroglio autour d’un vote, séance suspendue

Quelques minutes plus tard, alors que l’article 1er bis A est voté. Nouveau scandaleCarole Bureau-Bonnard appelle deux fois à voter « pour », puis s’emmêle les pinceaux. Très déstabilisée, elle se plaint que son micro ne fonctionne pas correctement. L’administrateur assis derrière elle n’arrête pas de lui souffler des consignes. Elle donne la parole à Olivier Dussopt (Nouvelle gauche). Ce dernier fait un rappel au règlement. Il explique :

Lorsque vous appelez les votes, les députés lèvent la main ou ne la lèvent pas. Ils peuvent faire le choix de ne pas participer au vote. Ils peuvent faire le choix de s’abstenir, mal à l’aise par une disposition ou par conviction. Vous avez appelé le vote deux fois. Presque trois. De deux choses l’une. Soit cette situation ne se reproduit pas, soit, au nom de mon groupe, je serai amené à demander un scrutin public sur chacun des amendements déposés.

Applaudissements nourris de la part de la gauche et de la droite. Carole Bureau-Bonnard veut alors enchaîner. Mais « le vote n’a pas eu lieu », comme on l’entend depuis les rangs de l’hémicycle.

« Un petit souci de micro », se justifie encore la présidente de séance. Alexis Corbière, député LFI, demande à réexaminer le vote.

Philippe Vigier (Constructifs) fait, à son tour, un rappel au règlement, demandant « un vote dans des conditions normales ». Puis Olivier Dussopt (PS) demande une suspension de séance.

 

  • Épisode 3 : la grosse remise en cause de la présidence de séance 

Dix minutes plus tard, les esprits ne sont pas apaisés. André Chassaigne, chef de file des communistes, se lance dans une tirade :

 

Ça devient pénible, vous menez ces débats de façon incompréhensibles. Quand on a un amendement, il arrive au vote avant les amendements de repli ! Non seulement, on a affaire à un rouleau-compresseur où l’opposition ne peut pas s’exprimer correctement, aller jusqu’au vote de ce qu’il propose, mais en plus de cela il y a une confusion qui à mon avis est une confusion entretenue.

Là encore, les applaudissements retentissent. La droite acclamant le communiste.

Puis c’est au tour du député LR Philippe Gosselin de faire un rappel au règlement. Il se plaint des suspensions de séance à répétition. Il lance :

La phase d’apprentissage, ça va bien ! Ici, on n’est pas dans une phase d’apprentissage, on fabrique la loi. Donc il va falloir peut-être appliquer le règlement.

Après cette remontrance, Jean-Luc Mélenchon demande une nouvelle suspension de séance, de cinq minutes, pour « consulter [son] camarade Chassaigne » à propos du règlement. A la reprise, Richard Ferrand et François de Rugy sont appelés à la rescousse.

 

Source : Le grand n’importe quoi de la deuxième journée de débat sur la loi de moralisation – Le Lab Europe 1

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