Après les frappes, Assad mise sur ses alliés russes et iraniens


Après les frappes, Assad mise sur ses alliés russes et iraniens:

Les frappes occidentales n’ont ni modifié les lignes de front ni changé le rapport de force favorable à Damas.

Bachar el-Assad était «de bonne humeur», selon des parlementaires russes qui l’ont rencontré dimanche, au lendemain des frappes occidentales contre son arsenal chimique. Quatre heures après les raids, la présidence syrienne a publié une vidéo montrant
le président syrien arriver au travail en costume, une mallette à la main. «Assad veut prouver que rien ne s’est vraiment passé et que c’est business as usual», analyse un diplomate onusien, au fait du conflit syrien.

Juste après l’attaque, il assurait au téléphone à son allié, le président iranien, Hassan Rohani, que les raids renforçaient, au contraire, sa volonté de «combattre et d’écraser le terrorisme» sur «chaque pouce» de son territoire. Bref, l’ennemi juré
des Occidentaux semblait, a posteriori, donner raison à Theresa May qui affirmait qu’il ne «s’agissait pas de changer le régime ni d’interférer dans la guerre civile» syrienne.

Dès samedi, l’armée est rentrée dans la ville de Duma, évacuée des derniers rebelles, qui défiaient depuis cinq ans le pouvoir aux portes de la citadelle damascène. Et selon le journal gouvernemental al-Watan, la priorité pourrait être de «régler
définitivement la question du sud de la capitale», notamment dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, où subsiste un réduit dominé par des djihadistes de Daech. «Le régime va soumettre le sud de Damas, confirme le diplomate onusien, puis
il se concentrera sur quelques poches autour de Hama et de Homs. Idlib, ce sera pour plus tard, car c’est entre les mains des Turcs. Quant à Deraa au sud, il y a un accord entre Américains et Russes, donc ce n’est pas encore à l’ordre du jour.»

Les frappes n’ont en rien modifié les lignes de front entre rebelles et loyalistes, encore moins changé le rapport de forces, favorable à Damas. D’où l’amertume de nombreux opposants, une fois passée la satisfaction de voir des missiles Cruise détruire
un site de recherche chimique, non loin du palais présidentiel. «Peut-être
que le régime n’utilisera plus l’arme chimique, mais il n’hésitera pas à recourir aux armes qui lui ont été autorisées par la communauté internationale», ironise Nasr Hariri, dirigeant de l’opposition. «Punir l’instrument du crime alors que le
criminel est maintenu, c’est une farce», réagit sur Twitter Mohammed Alloush, dirigeant du groupe l’Armée de l’Islam qui contrôlait Duma. Il a d’autant plus de raisons d’être amer que la défaite des rebelles de la Ghouta aura des conséquences
négatives sur les processus diplomatiques de règlement du conflit. Car il y en a deux, concurrents: celui de Genève, parrainé par l’ONU qu’Emmanuel Macron souhaite relancer, après les frappes, et celui de Sotchi, sponsorisé par la Russie, la Turquie
et l’Iran, les principaux acteurs de la guerre. Va-t-on alors vers un «Genève 9» – une neuvième session de pourparlers, jusque-là infructueux, en raison du refus de négocier de Damas – ou vers un Sotchi 2 – une deuxième conférence, après l’échec
également de la première?

Après ces raids contre leur allié, «je ne vois pas les Russes faire de cadeau à M. Macron», anticipe le diplomate onusien. Iront-ils, pour autant, jusqu’à livrer des missiles S-300 pour renforcer la défense antiaérienne de Damas? «Si Moscou profitait
de la crise pour livrer ces équipements, cela créerait une très désagréable zone grise pour les avions occidentaux dans le nord-est de la Syrie», prévient le chercheur Aron Lund.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a qualifié de « criminels » Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron

Pour l’opposante Randa Kassis, en contact avec la direction russe, «Moscou veut continuer de dialoguer avec les Occidentaux sur la Syrie, mais il privilégiera toujours la Turquie et l’Iran pour régler le conflit.»«Cette action illégale endommage sérieusement
les perspectives d’un règlement politique», ont déclaré Vladimir Poutine et Hassan Rohani, lors d’un entretien téléphonique dimanche. Même si les frappes ont été un succès du point de vue militaire, «les Européens doivent comprendre que le terrain
va continuer de dicter le tempo», insiste Mme Kassis. Or l’évacuation de la Ghouta, précipitée par l’attaque chimique présumée contre Duma, marque la défaite des factions rebelles (Armée de l’Islam, pro-saoudien, et Faylaq al-Rahman, pro-qatarien)
qui composaient le Haut Comité des négociations que les Occidentaux soutiennent dans le processus de négociations de Genève. «Maintenant, ajoute Mme Kassis, les seuls groupes armés qui comptent sont ceux soutenus par la Turquie, qui est le
dernier parrain des rebelles et la pierre angulaire des prochaines négociations.»

D’où les opérations de charme menées, juste après les frappes, à l’égard du président turc, Recep Tayyip Erdogan, par Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, qui ont appelé le leader turc. Washington, qui a informé Ankara des raids, entend également
relancer sa coopération avec la Turquie, malmenée par l’offensive turque contre la région kurde d’Afrine dans le nord-ouest de la Syrie. Erdogan changera-t-il de pied pour se réconcilier avec Paris et Washington? Peu probable, affirment les experts,
sauf si le président turc y voit un réel intérêt électoral et à condition qu’il ne doive rien céder à ses ennemis kurdes syriens.

Des alliés de Damas, c’est l’Iran qui a réagi le plus violemment aux frappes. Le guide suprême, Ali Khamenei, a qualifié de «criminels» Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron. Mais dans le très complexe système politique iranien, n’est-ce pas
l’arbre qui cache la forêt? «Téhéran est un peu coincé depuis quelque temps en Syrie», constate Mme Kassis. Les conseillers iraniens ont été absents de l’évacuation des rebelles de la Ghouta. Et Téhéran a été discret sur l’offensive turque
contre Afrine. Vont-ils durcir leur comportement après ces frappes, laissant, par exemple, leurs relais attaquer des soldats américains dans le nord de la Syrie? Pas sûr. Avant même les bombardements, son allié, le Hezbollah libanais, également
actif en Syrie, en minimisait l’impact, affirmant que des raids occidentaux n’allaient pas déboucher sur un conflit ouvert Russie-États-Unis. «L’Iran est préoccupé par les suites de l’accord nucléaire, estime Mme Kassis, et n’oublions pas
la pression qu’Israël exerce sur la présence iranienne en Syrie, à travers ses frappes répétées.»

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