André Laignel, le maire qui dit non à Macron


André Laignel, le maire qui dit non à Macron:

Le maire d’Issoudun a contribué à construire dans l’ombre la défense des maires face aux velléités de la majorité de faire du chamboule-tout avec les finances locales.

Lui aussi a personnifié le «nouveau monde». C’était en 1981. André Laignel avait alors 39 ans et faisait partie de la jeune garde mitterrandienne à l’Assemblée. Aujourd’hui premier vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF), il fait figure de parangon de «l’ancien monde» selon la dialectique macronienne.
Il ne faut pas s’y tromper. Bien qu’inconnu du grand public, hors d’Issoudun, où il est maire depuis plus de 40 ans, c’est l’homme fort de l’association d’élus la plus puissante de France. Bien davantage que le président de l’AMF lui-même, François
Baroin, médiatique mais rarement présent au siège parisien de l’association. «Les présidents de l’AMF passent et lui, il reste», observe le rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée, Joël Giraud.

C’est donc le bosseur André Laignel qui a contribué à construire dans l’ombre la défense des maires face aux velléités de la majorité de faire du chamboule-tout avec les finances locales. Sans grand succès à ce jour. La taxe d’habitation, précieux impôt aux mains des maires, sera totalement supprimée à horizon 2020. Les grandes villes vont devoir signer d’ici à fin juin un contrat avec l’État pour maîtriser leurs dépenses de fonctionnement.
«La vision d’Emmanuel Macron est celle d’un techno de base, cingle-t-il. Mais, alors que François Hollande s’attaquait à nos finances, le nouveau président, lui, s’attaque à nos libertés.»

«La vision d’Emmanuel Macron est celle d’un techno de base»

Depuis le début des années 2000, il a fait un choix: défendre les communes à plein-temps,
ou presque, au sein de l’AMF. Tâche ardue. L’échelon le plus local des collectivités n’est plus jugé le plus pertinent par les décideurs nationaux. Ils préfèrent l’intercommunalité, plus adaptée au monde moderne.

Mais l’adversité, André Laignel connaît bien depuis sa naissance. De père éboueur municipal et de mère cartonnière puis employée d’assurance, ce Gavroche enchaîne dès 14 ans les petits boulots dans le quartier de la Bourse, adhère – comme son père
– à la CGT, se fait licencier pour cela. La suite relève de la plus pure méritocratie républicaine, alimentée par l’ambition et le travail acharné. Lors de son service militaire, il cravache pour obtenir la capacité en droit, sésame pour étudier
sans avoir le bac. Il décroche un doctorat en droit, devient professeur assistant à Nanterre.

«Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire»

En politique, il est un des rares à avoir rejoint François Mitterrand dès 1968 et fera partie des privilégiés qui participent régulièrement aux «déjeuners des fidèles» à l’Élysée après 1981. Député de l’Indre, il se fait remarquer dans l’Hémicycle
par son sens de la formule. «Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire», lance-t-il à la droite lors des débats sur les nationalisations. La formule restera.

Avec la loi sur l’école privée en 1984, il se découvre un des plus fervents laïcards. Il accumule les ennemis et les surnoms: «Napoléon d’Issoudun», «Joxe terrier», «le petit satan socialiste» des sobriquets qui disent la combativité, la petite taille
et l’ambition, bridée, de celui qui les porte. Pourtant homme de confiance du président – il sera trésorier du PS durant les années 1980 -, il n’occupera jamais plus qu’un secrétariat d’État à la Formation professionnelle ou à l’Aménagement du
territoire et n’aura pas de maroquin sous la période Jospin.

Réélu sans cesse dans son fief d’Issoudun, le jeune chien fou a mué au fil des ans en notable. De l’avis de ceux qui travaillent avec lui, il a gagné en diplomatie. André Laignel répète pour sa part inlassablement: «Je n’ai jamais changé.» Le regard
bleu, toujours aussi intense, donne envie de le croire. D’ailleurs, son discours non plus n’a pas changé. «Il n’y a plus de marge de manœuvre budgétaire», «les communes sont à l’os» Depuis 2013 – au moins -, il répète aux gouvernements qui veulent
rogner les moyens des collectivités que les maires n’ont plus un sou en poche.
Cela paie parfois, comme en 2016, lorsque Hollande accorde une ristourne de un milliard aux communes. Pas sûr que Macron lui fasse aujourd’hui le même cadeau…

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/173757648467

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