L’Allemagne, première cible d’une hausse des droits de douane américains


L’Allemagne, première cible d’une hausse des droits de douane américains:

Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait fait des excédents commerciaux allemands sa bête noire. Pour le secteur automobile, menacé d’une taxe jusqu’à 25 %, la facture pourrait s’élever à 5 milliards d’euros.

«Ce n’est pas sérieux!» C’est ce qu’a dit le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, à son homologue américain, Mike Pompeo, la semaine dernière à Washington. L’Allemagne se sent «évidemment» concernée «en premier lieu» par d’éventuelles taxes douanières sur les exportations automobiles que les États-Unis pourraient décider «pour des raisons de sécurité» : «Mike, vous ne pouvez pas dire sérieusement que les voitures allemandes menacent votre sécurité intérieure. C’est le contraire, elles rendent vos routes plus sûres!», a lancé Heiko Maas. En racontant cette anecdote dans son discours au Global Solutions Summit, à Berlin, mardi, il a fait sourire d’ironie son auditoire. Mais pour les milieux économiques allemands, c’est une autre histoire.

Dans la guerre commerciale qu’envisagent de livrer les États-Unis, l’Allemagne a beaucoup à perdre. Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait fait des excédents commerciaux allemands sa bête noire: à 50,5 milliards d’euros en 2017, le solde ne cesse effectivement d’augmenter. L’excédent n’était que de 14 milliards d’euros en 2000. Pour le président américain, les voitures allemandes, trop nombreuses à son goût dans les rues américaines, sont même le symbole de ce déséquilibre économique.

Pour le secteur automobile, menacé d’une taxe jusqu’à 25 %, la facture pourrait s’élever à 5 milliards d’euros, selon une estimation de l’institut économique Ifo parue la semaine dernière, soit 0,16 % du PIB. «Aucun autre pays que l’Allemagne n’a autant à craindre en valeur absolue», explique Gabriel Felbermayr, l’auteur de l’étude. L’impact des taxes sur l’acier et l’aluminium serait plus limité, de l’ordre de 40 millions d’euros selon l’Ifo.

La fédération des industries automobiles, VDA, a fait part depuis plusieurs semaines de son «inquiétude». En 2017, l’automobile représentait un quart des exportations allemandes vers les États-Unis pour une valeur totale de 29 milliards d’euros. Volkswagen, le géant mondial du secteur, a réagi d’un avertissement: «Personne n’a bénéficié sur le long terme d’un protectionnisme unilatéral.» Volkswagen serait le premier concerné par une augmentation des droits de douane. Contrairement à d’autres, qui ont développé leur production sur le sol américain, le constructeur ne produit que 93.000 véhicules par an aux États-Unis et doit exporter ses Porsche et ses Audi.

Pour un «TTIP light»

La menace américaine doit être relativisée et nuancée. Les exportations de voitures allemandes diminuent d’année en année – 494.000 aujourd’hui contre 600.000 en 2014 – et de plus en plus de voitures allemandes aux États-Unis sont fabriquées sur place: 180.000 en 2013 et 804.000 aujourd’hui (la moitié d’entre elle est destinée à l’exportation). BMW a produit 441.000 voitures aux États-Unis en 2016 et Daimler, 331.000 voitures. Plus généralement, le marché américain perd de l’importance pour les constructeurs allemands, qui tournent leur regard vers la Chine.

Mais le risque est dans l’escalade. «L’incertitude (internationale) freine l’économie allemande», a expliqué l’économiste Ferdinand Fichtner en rendant publics mercredi les derniers chiffres du baromètre conjoncturel de l’institut DIW. Même son de cloche à l’OCDE, qui a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018 à 2,1 % contre 2,4 % au mois de mars.

Face à la pression américaine, Berlin est tenté de négocier. «Nous proposons aux États-Unis de dialoguer», a proposé en mai le ministre de l’Économie, Peter Altmaier, en ouvrant la voie à un «TTIP light», un nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis, qui permettraient d’éviter les tarifs douaniers. Si l’Allemagne adopte un ton plus ouvert, c’est qu’elle est régulièrement critiquée pour son excédent commercial, qui, à 8 % du PIB, dépasse les critères européens.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/174433642182

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :