Mis en examen, Éric Woerth déplore «être une victime du système»


Mis en examen, Éric Woerth déplore «être une victime du système»:

Poursuivi pour «complicité de financement illégal de la campagne» de Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre se défend dans une interview au Figaro.

Éric Woerth, l’ancien trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, réagit à chaud sur sa mise en examen décidée mardi par les juges. Mercredi, ses pairs de la commission des Finances lui ont renouvelé leur soutien en tant que président.

LE FIGARO. – Allez-vous contester votre mise en examen?

Éric WOERTH. – Je résisterai aux accusations. Ma mise en examen porte une nouvelle fois sur une éventuelle complicité de financement illégale de la campagne de 2007. Il y a dix ans, on m’avait déjà indiqué que cette campagne avait été financée par la famille Bettencourt, et j’ai été mis hors de cause. Aujourd’hui, on voudrait me faire dire qu’elle a été financée par Monsieur Kadhafi. Ce qui n’est pas le cas. Je sens bien que l’on cherche à m’entraîner dans
le dossier libyen – si tant est qu’il en existe un – mais je réfute catégoriquement tout lien avec ce dernier.

Des indices écrits concordants et sérieux en liaison avec le dossier libyen vous ont-ils été présentés par les juges?

Non aucun, puisqu’il n’y en a pas. Les juges ne m’ont d’ailleurs pas interrogé sur ce sujet. Il y a un an, lors de ma première audition par les policiers, j’avais dit que je ne connaissais pas les protagonistes libyens de cette affaire. Cela a dû
être vérifié.

On vous accuse de financement illégal, à cause de dons anonymes et de gratifications. Que répondez-vous?

«J’assume, dans les circonstances de l’époque, avoir reçu des dons anonymes et les avoir distribués à des salariés. Dans mon souvenir, ils se montaient à 30.000 euros»

Mis en examen ne veut pas dire coupable, tout le monde le dit en oubliant la présomption d’innocence. J’assume, dans les circonstances de l’époque, avoir reçu des dons anonymes et les avoir distribués à des salariés. Dans mon souvenir, ils se montaient
à 30.000 euros. D’après le dossier de l’instruction, seulement 11.000 euros ont été identifiés, dont 3000 euros environ ont concerné le remboursement de frais. Comment garder de tout cela un souvenir précis, onze ans après, même
si je pense que nous avons fait les choses correctement? Pour les gratifications que nous avons distribuées, je réfute qu’il s’agisse de dépenses électorales. Je connais bien la jurisprudence électorale: n’est dépense de campagne que celle ayant
concouru à l’obtention de suffrages. Ce n’est pas le cas de ces sommes qui ont été distribuées après la campagne. De ce point de vue d’ailleurs, lorsque, durant l’affaire Bettencourt, j’ai affirmé qu’il n’y avait pas de distribution de cash durant
la campagne, je n’ai pas menti.

Est-il fréquent de recevoir de l’argent par La Poste et de faire des gratifications en cash?

«2007 n’a pas été un moment comme les autres : c’était un moment de grande ferveur politique. Beaucoup voulaient donner, les contributions étaient abondantes»

Non. Mais 2007 n’a pas été un moment comme les autres: c’était un moment de grande ferveur politique. Beaucoup voulaient donner, les contributions étaient abondantes. Et, pour tout dire, il n’y a pas eu de problème de financement de cette campagne,
qui a été menée solidement et sérieusement.

Je n’ai pas cherché à recevoir ces espèces. Je n’allais pas non plus les mettre dans ma poche. J’ai pensé que les redistribuer aux collaborateurs était la bonne décision. Je ne conteste pas les faits, je les assume. Je rappelle que nous avons géré
un compte de campagne de 21 millions d’euros, ayant fait l’objet de milliers de factures pour des prestations achetées au prix du marché. La justice a beaucoup travaillé sur ce sujet.

Pensez-vous être l’objet d’un acharnement judiciaire?

Je ne rentre pas dans ce débat. Les juges font leur travail et ils sont là pour enquêter mais, ce qui est sûr, c’est que je n’ai rien à voir avec l’affaire libyenne.

Faut-il encore revoir le financement des campagnes?

Après dix ans de procédure, et après avoir été à chaque fois relaxé, j’ai l’impression d’être un peu une victime du système. Mais je note que les campagnes sont de plus en plus mises en doute. Celle de Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui, d’un autre demain. Il faudra un jour penser à consolider les contrôles a priori pour solidifier les campagnes. Il n’est pas possible d’ouvrir pendant dix ans des dossiers. Cela entraîne une
instabilité qui affaiblit grandement la vie politique.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/174436512198

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :