Islam de France en crise : des musulmans veulent une gestion départementale


Islam de France en crise : des musulmans veulent une gestion départementale:

Dans un contexte de conflit chronique entre organisations, une fédération avance quatorze propositions innovantes.

L’homme est discret mais très efficace. L’islam de France, il le connaît comme sa poche. Mais aujourd’hui, Mohammed Moussaoui, marocain d’origine, mathématicien de métier – il enseigne cette matière à l’université de Lyon – sort de sa réserve, parce que ce président d’honneur du Conseil français du culte musulman (CFCM), qu’il a dirigé de 2008 à 2013, est las de voir l’organisation de sa religion se déliter en France.

En publiant, mercredi, «quatorze propositions» innovantes pour donner une nouvelle impulsion aux instances de représentation de l’islam – propositions qui n’éludent aucun des sujets qui fâchent au sein de la communauté musulmane, comme la formation des imamsou le financement du culte -, ce responsable musulman entend, «par des mesures fortes en matière de gouvernance», mettre fin à «la défiance d’une partie de la communauté musulmane à l’égard des instances représentatives du culte musulman». Et contribuer à lutter «contre les courants extrémistes» et le «radicalisme».

La grande nouveauté de ce document est sa méthode d’approche : c’est en analysant ce qui ne marche pas dans l’islam de France que ce projet cherche à corriger le tir

Ces propositions sont portées par l’Union des mosquées de France (UMF), présidée par Moussaoui, qui est l’une des grandes fédérations de l’islam dans l’Hexagone. L’UMF revendique 700 mosquées et salles de prière sur les 2600 lieux de culte musulman qui sont en France. Elle est considérée comme proche du «Palais», c’est-à-dire du roi du Maroc.

La grande nouveauté de ce document est sa méthode d’approche. C’est en analysant ce qui ne marche pas dans l’islam de France que ce projet cherche à corriger le tir. Avec une leçon majeure: la décentralisation de l’organisation par la création d’un véritable échelon départemental de l’islam, base nouvelle des instances nationales et régionales. L’équivalent, même si la comparaison est incongrue, des diocèses catholiques.

Un imam référent

Avec, par exemple, dans chaque département, le choix d’un imam référent, l’établissement d’un financement local, transparent et contrôlé par le terrain. Mais aussi une collaboration accrue de terrain entre les différentes tendances de l’islam pour être au plus près des familles dont les adolescents seraient pris par la radicalisation. Ce qui revient, en clair, à un contrôle plus étroit des dérives extrémistes par un travail de proximité.

«Dès que nous agissons au niveau départemental, observait, mercredi, Mohammed Moussaoui, en présentant ces mesures, nous trouvons beaucoup plus facilement des accords entre nous alors qu’au niveau national joue le poids des grandes fédérations». De fait, l’islam de France est encore très lié à ses appartenances d’origine – algérienne, marocaine, turque – qui l’empêchent d’agir d’une seule voix. Quant au niveau régional, il existe avec les CRCM (conseils régionaux du culte musulman) qui sont perçus comme trop éloignés des réalités de terrain.

Le document propose la création de deux instances séparées, l’une « administrative », l’autre « religieuse », qui vérifierait notamment « le contenu du prêche »

Plus concrètement, ces nouvelles propositions sont regroupées en trois chapitres. «L’organisation du culte musulman» tout d’abord, qui propose notamment la création de deux instances séparées, l’une «administrative», l’autre «religieuse», qui vérifierait notamment «le contenu du prêche» et des moyens concrets pour «faire face aux propagandes extrémistes».

Deuxième partie, la formation des imams. Avec l’idée de créer «un socle commun» fondé sur les «29 livres couvrant la formation des imams à l’Institut Mohammed VI» et un effort sur la pratique du français par les imams, dont «un bon tiers ne parle pas ou très difficilement le français et un petit tiers s’exprime moyennement». Le tout couronné par une procédure «d’agrément» des imams, au niveau départemental mais confirmé par l’échelon régional, voire national.

«Transparence» financière

Troisième chapitre, le financement, avec un mot-clé, «la transparence», qui n’est pas effective aujourd’hui. Au lieu de commencer par créer une superstructure nationale qui suscite «les rivalités» et donc la paralysie, le document propose de lancer des associations départementales, notamment abondée par les revenus du marché halal et soumises à des comptabilités transparentes. Idée innovante enfin: une «plate-forme numérique» qui permettrait aux donateurs de choisir des projets tous présentés à égalité et assorties d’informations précises sur leur suivi comptable.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/174461848895

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