En Suède, la tolérance se fissure à l’égard des demandeurs d’asile


En Suède, la tolérance se fissure à l’égard des demandeurs d’asile:

Le royaume nordique a durci sa législation, mais vient de permettre à 9.000 mineurs déboutés de l’asile de retenter leur chance… Signe des tensions sur la question migratoire à dix semaines des élections.

Stockholm

«Parlez moins de migration, et plus d’économie.» Cette injonction, faite par la secrétaire générale du puissant syndicat suédois IF Metall au premier ministre social-démocrate Stefan Löfven, lui-même ancien dirigeant de ce syndicat, illustre bien l’ambiance délétère qui règne en ce moment en Suède, l’un des derniers pays d’Europe où la social-démocratie est encore au pouvoir.

Si le royaume nordique a enregistré 400.000 demandes d’asile depuis 2012 – soit une pour 25 habitants, un record en Europe -, il peut aussi se prévaloir d’une économie florissante: le chômage est descendu sous la barre des 7 %, la croissance dépasse les 3 %, le budget est en excédent. Malgré ces performances, le gouvernement de Stefan Löfven est sous pression. Depuis 2014, il a perdu un sympathisant sur quatre.

Fermeture des vannes de l’immigration

Pour les élections de septembre, les sondages annoncent déjà les Démocrates de Suède comme la deuxième force du pays, et même la première chez les électeurs masculins. Comme en Allemagne, ce parti d’extrême droite prospère sur la crise migratoire. Son étoile montante Jimmie Akesson, un ancien webdesigner de 39 ans, pourrait empêcher la formation d’un futur gouvernement, tous les autres chefs de parti refusant pour l’instant de travailler avec lui.

» LIRE AUSSI – En Suède, l’épineuse gestion des mineurs étrangers

Pour contrer cet inéluctable glissement, Stefan Löfven a fermé les vannes de l’immigration dès la fin 2015, en réinstaurant un contrôle des passeports sur le pont de l’Oresund, qui relie la Suède au reste de l’Europe, et en prenant en juin 2016 des mesures temporaires de durcissement des règles d’asile. Mais depuis quelques mois, sa politique est devenue illisible. Le 4 mai, il annonçait que ces mesures temporaires – quota d’«environ 14.000» réfugiés par an, généralisation du permis de séjour de trois ans (auparavant à durée indéterminée), regroupement familial et aides sociales seulement pour ceux qui obtiennent le statut de réfugiés – devenaient définitives. Mais un mois plus tard, il accordait aux mineurs demandeurs d’asile arrivés en Suède en 2015 et déboutés le droit de déposer un nouveau dossier, à condition d’entreprendre des études dans le royaume. Cette mesure d’amnistie prend effet le 1er juillet et pourrait concerner 9.000  jeunes.

«Les électeurs ne distinguent plus la ligne politique des sociaux-démocrate et au final, tous les partis baissent dans les sondages, sauf l’extrême droite»

Alors que Stefan Löfven qualifie ce louvoiement de «retour à une politique sociale-démocrate traditionnelle de l’asile», ses détracteurs y voient soit une droitisation, destinée à séduire les électeurs des Démocrates de Suède, soit dans le cas de l’amnistie une concession faite aux Verts, qui menaçaient de quitter la coalition gouvernementale. «Les sociaux-démocrates ont essayé de désamorcer le sujet migratoire, mais ils n’ont fait qu’ajouter à la confusion, constate Anders Lindberg, rédacteur en chef politique du quotidien Aftonbladet. Les électeurs ne distinguent plus leur ligne politique et au final, tous les partis baissent dans les sondages, sauf l’extrême droite.» «L’agenda des élections va être différent cette année, ajoute Karin Eriksson, reporter politique au Dagens Nyheter. Ce n’est plus l’économie, la santé, les retraites qui vont être décisives, mais les réponses à la crise migratoire.»

Cette question fait aujourd’hui bouger les lignes politiques en Suède. Le flux migratoire s’est considérablement réduit – seulement 27.000 demandes d’asile en 2017 -, mais le pays est confronté comme d’autres en Europe à la résistance des déboutés qui ne peuvent pas ou ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine. En 2015, avant la crise migratoire, seuls 13 % des Suédois pensaient que l’immigration était néfaste pour le pays ; cette année, ils sont 31 %.

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