Pourquoi la nature est une source de résistance au stress


Pourquoi la nature est une source de résistance au stress:

Toutes les occasions de connexion avec le vivant, animal ou végétal, sont génératrices de résilience.

C’est à l’occasion d’un burn-out, avec obligation de se mettre en retrait pendant de longs mois, que le ténor Vincent Karche, lui qui avait pourtant été garde-forestier dans les Vosges, s’est vraiment rapproché des forêts. Mais ce sont surtout les arbres, devenus pour lui des alliés, qui l’ont aidé à récupérer. «J’ai réalisé combien ils traversent tout, explique-t-il. Il suffit d’observer: dépouillés à l’automne, ils renaissent encore plus beaux avec le printemps. Et on les voit revivre malgré des épreuves comme la foudre ou la maladie. Ils nous montrent qu’on peut survivre à de graves blessures. On peut n’être plus qu’une souche, on peut avoir l’impression d’être coupé de ses racines… Et pourtant en soi un bourgeon peut encore naître, nous montrant qu’on peut s’en sortir.»

De cette intimité grandissante, il est ressorti transformé. Dans son dernier livre – Les Douze Sagesses des arbres (Éd. Leduc.S) -, il décrit les leçons de résilience que lui ont ainsi «transmise» sapins, hêtres ou épicéas et, s’appuyant sur le chant, son autre ressource, il a conçu des «randolyrics»: un à trois jours où chacun est invité à un voyage sensoriel au cœur de la forêt.

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De telles initiatives de «connexion» à la nature se multiplient aujourd’hui. Si on y trouve le pire et le meilleur, cette tendance révèle à quel point les citadins affairés et sur-stimulés par Internet ont besoin de ce qui était simple bon sens jusque-là: passer du temps «outdoor».

Une école de civilité

Laurent Tillon, chargé de mission à l’Office national des forêts, le constate chaque jour. «Depuis une dizaine d’années, sur les 600 millions de visites en forêts comptabilisées par an, nous sommes passés dans cette population de 80 % de cadres de grandes entreprises en 2016 à plus de 91 % aujourd’hui.»

Lui aussi témoigne d’une transformation personnelle née de l’immersion régulière dans la nature. «Y passer du temps implique de réfléchir aux cycles de la vie et aux moyens de s’y adapter pour se “recaler”, estime-il. À force de repérer chez les oiseaux ou les végétaux des phases de naissance, de maturation, ou des difficultés de reproduction, même ma manière d’appréhender la mort a évolué.»

Pour Laurent Tillon, qui vient de publier Et si on écoutait la nature? (Éd. Payot), la nécessité d’apprendre à se comporter de manière spécifique pour venir observer les animaux est une école de civilité. «La génération nouvelle a été élevée dans un regrettable oubli de la nature, estime-t-il. Ils ont donc besoin de clés pour s’y reconnecter. Car lorsqu’on veut vraiment savourer celle-ci, il faut s’initier à la patience, à l’immobilité, à l’attention… Et c’est alors, beau cadeau entre tous, que des mésanges ou des rouges-gorges s’approchent au plus près de vous!»

«Avec des personnes qui ont du mal à reconnaître leurs émotions et disposent d’un stock lexical très pauvre, le contact avec l’animal vient réveiller la sensorialité, l’émotionnel, la conscience du corps»

Cette «attention délicate» générée par la fréquentation régulière du monde naturel, la psychologue Catherine Mercier ne peut que la confirmer. Depuis plus de vingt ans, cette passionnée de cheval a créé une société d’équithérapie (AI2C, accompagnement individualisé par le cheval situé en région rennaise). Outre sa grande expérience dans la prise en charge des victimes ou des personnes en burn-out, elle fait régulièrement rentrer ses pur-sang arabes en milieu carcéral. Là, elle a développé des programmes de médiation équine pour accompagner les personnes détenues vers la resocialisation *.

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«À un moment de ma pratique, je me suis rendu compte que la prise en charge psychologique traditionnelle par l’écoute et la parole atteignait ses limites, explique-t-elle. Avec des personnes qui ont du mal à reconnaître leurs émotions et disposent d’un stock lexical très pauvre, le contact avec l’animal vient réveiller la sensorialité, l’émotionnel, la conscience du corps… Le cheval reconnecte la personne à un moi authentique et à l’essentiel de la vie.»

«Dans des temps où l’on relève surtout ce qui va mal pour la nature, mettre l’accent sur les réussites qu’elle nous montre chaque jour nous renforce»

Lorsque les participants à ces ateliers sont invités à toucher le cheval, à le panser, en prendre soin, c’est toute leur estime d’eux-mêmes qui s’en trouve boostée. «Je me souviens d’un jeune qui se peignait les cheveux et arrivait coiffé quand il y avait atelier, raconte Catherine Mercier. Et certaines femmes se maquillaient!» Autre apport notable du contact avec le cheval: ces populations ne se sentent pas jugées, ce qui prépare indirectement le moment où elles sortiront et devront se réinsérer.

Pour Laurent Tillon, toutes les expériences d’immersion dans le monde du vivant permettent surtout de cultiver l’espoir. «Dans des temps où l’on relève surtout ce qui va mal pour la nature, mettre l’accent sur les réussites qu’elle nous montre chaque jour nous renforce!»

* Ces programmes de médiation animale à l’Établissement pénitentiaire pour mineurs d’Orvault (44) viennent d’être récompensés des Lauriers 2018 de la Fondation de France.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/175408905340

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