Congrès: Macron pris au piège de son annonce surprise


Congrès: Macron pris au piège de son annonce surprise:

Les sénateurs LR menacent de faire échouer la réforme constitutionnelle si le président persiste. Même la majorité regimbe.

Bruno Retailleau a vécu deux expériences désagréables au Congrès de Versailles. Il y a d’abord cet Hémicycle si mal équipé : aucun panneau
d’affichage ne permet aux orateurs de s’y retrouver dans leur temps de parole. Craignant de dépasser la durée impartie, le président des sénateurs LR a sabré une minute de trop dans son intervention à la tribune. Cela agace. 

Mais ce n’est rien à côté de sa colère devant la surprise concoctée par Emmanuel Macron. Le président de la République a stupéfait les parlementaires en annonçant qu’il comptait modifier le rituel du Congrès défini par la réforme constitutionnelle de
2008. Au lieu de quitter l’Hémicycle dès son intervention terminée, séparation des pouvoirs oblige, il souhaite rester pour écouter les répliques des parlementaires. Et leur répondre.  

Menace nucléaire

Deux jours plus tard, le patron des sénateurs LR dégaine la menace nucléaire. “Je ne proposerai jamais à mon groupe de voter la réforme constitutionnelle si elle contient cette disposition, prévient Bruno Retailleau. Le président de la République deviendrait responsable devant le Parlement. Or, tous ceux qui sont attachés aux institutions savent que c’est un point de non retour qui nous ferait basculer
de la Ve à la VIe République.” Comme s’il n’y en avait pas suffisamment, voilà une nouvelle ligne rouge brandie par les sénateurs LR. Sans une partie de leurs voix, impossible pour l’exécutif d’atteindre la majorité des trois cinquièmes nécessaires
au vote de la réforme constitutionnelle. 

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, menace de faire obstacle à la réforme constitutionnelle.

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, menace de faire obstacle à la réforme constitutionnelle.

afp.com/ludovic MARIN

A ce stade, les fidèles d’Emmanuel Macron préfèrent minimiser l’ultimatum sénatorial. “Est-ce que Bruno Retailleau avait vraiment l’intention de voter la réforme constitutionnelle avant l’annonce du président de la République au Congrès ? J’ai passé l’âge
de croire au père Noël, ironise Sacha Houlié, responsable de la réforme institutionnelle pour le groupe REM à l’Assemblée. Tout le monde s’énerve, mais on n’en est encore qu’à l’échauffement. La réforme n’aboutira pas avant juin 2019. Attendons les
débats au Sénat. On verra alors si c’est vraiment une ligne rouge. Et pour combien de sénateurs. » 

Ferrand mange son chapeau

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La proposition d’Emmanuel Macron met pourtant la majorité dans l’embarras. Elle oblige le patron des députés REM à manger son chapeau. En commission des Lois, Richard Ferrand, rapporteur de la réforme constitutionnelle, a fermement repoussé des amendements
de gauche, du centre, et même de deux députés REM, visant à permettre au président de la République de rester écouter les parlementaires au Congrès. « Ce serait remettre en cause le fait qu’il n’est pas responsable devant le Parlement”, arguait-il le 28 juin

Au lendemain du Congrès, Richard Ferrand fait le service minimum pour justifier la volte-face de l’exécutif. “Il faut sans doute trouver une manière d’organiser la réponse de l’exécutif, qui prenne acte de ce que les responsables parlementaires lui ont
dit. Selon quelles modalités ? Nous allons en discuter”, expose-t-il au micro de France Inter le 10 juillet. Un macroniste résume
la situation plus crûment dans les couloirs de l’Assemblée : “Maintenant que le président de la République a pris cet engagement solennellement devant le Congrès, on est obligés de l’appliquer. » 

Immaturité politique ?

Les députés de la majorité le souhaitent-ils tous vraiment ? « On a parfois le droit de dire que le chef de l’Etat fait des choses discutables, fait valoir l’élu Modem Erwan Balanant, membre de la commission des Lois. La Constitution est un sujet trop
délicat pour sortir des amendements du chapeau comme cela. On travaille depuis deux mois pour trouver des points d’équilibre dans le texte ! » 

D’autant que la menace de Bruno Retailleau de faire capoter toute la réforme pour cette seule disposition produit son petit effet. « On ne va quand même pas conditionner la réussite de la réforme constitutionnelle à une mesure qui n’y figurait pas au début,
qui n’a encore jamais fait partie du débat et n’a pas été examinée en commission”, tonne une députée REM, irritée d’avoir découvert en direct la proposition d’Emmanuel Macron. 

Emmanuel Macron pensait couper l’herbe sous le pied des Insoumis et de leurs accusations de dérive monarchique. Le voilà pris au piège. “C’est d’une immaturité politique confondante, sermonne Bruno Retailleau. Le petit jeu d’Emmanuel Macron avec Jean-Luc
Mélenchon est trop visible. On ne prend pas la Constitution comme terrain de jeu politique.”  

François Hollande avait proposé un peu vite la déchéance de nationalité pour les terroristes lors de son intervention au Congrès, le 16 novembre 2015 – annonce qui allait se transformer en calvaire, puis en échec politique. Emmanuel Macron subira-t-il
pareille déconvenue ? 

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