Des guêpes minuscules pour lutter contre les insectes ravageurs


Des guêpes minuscules pour lutter contre les insectes ravageurs:

Les trichogrammes ont la particularité de pondre leurs œufs dans ceux des papillons et d’en boulotter la larve jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Lorsque Vincent Calcagno, chercheur à l’Inra à Sophia-Antipolis, présente ses guêpes, des trichogrammes, on ne peut que le croire sur parole. Difficile en effet de distinguer à l’œil nu ces micro-hyménoptères dont la taille avoisine le demi-millimètre. Dans un minuscule tube à essais, des dizaines de petits points noirs s’activent sur leurs proies préférées: des œufs de papillons. Les trichogrammes ont la particularité de pondre leurs œufs dans ceux des papillons et d’en boulotter la larve jusqu’à ce que mort s’ensuive. «Ces parasitoïdes oophages sont ce qu’il y a de plus utilisé dans la lutte biologique en Europe», explique le chercheur qui conserve une soixantaine d’espèces. «Les trichogrammes vivent à peine trois jours, mais trois jours qu’ils passent à pondre», poursuit-il.

L’un des plus gros succès de ces petites guêpes revient à Trichogramma brassicae dans la lutte contre la pyrale du maïs (un papillon ravageur). Mais ce n’est pas encore parfait: «Elles sont très efficaces, mais pas tout à fait autant qu’un bon insecticide, reconnaît Vincent Calcagno, et pour le moment, s’en servir coûte plus cher.»

« Le plant de maïs émet une odeur pour signaler qu’il est attaqué par des ravageurs et le trichogramme sait reconnaître l’odeur de la plante qui appelle au secours »

D’autant qu’au départ il fallait trois lâchers au cours de la saison. Aujourd’hui, il n’en faut plus qu’un seul. Et l’objectif est encore de mieux faire. Les scientifiques cherchent ainsi à comprendre pourquoi certains trichogrammes sont plus rapides que d’autres, s’ils préfèrent pondre en hauteur ou au ras du sol, quelles odeurs les attirent ou les repoussent… «Le plant de maïs émet une odeur pour signaler qu’il est attaqué par des ravageurs et le trichogramme sait reconnaître l’odeur de la plante qui appelle au secours», explique ainsi Nicolas Ris, ingénieur, qui travaille dans le centre ultraconfiné d’Entomopolis, où sont conservés aussi bien les ravageurs que leurs ennemis. Il s’agit également de comprendre pourquoi tous les lâchers ne fonctionnent pas de la même manière.  Est-ce lié aux conditions d’élevage? De transport?De température?

L’Inra espère bien développer l’usage des hyménoptères pour éliminer d’autres prédateurs. Les chercheurs sont en train de sélectionner un trichogramme friand des œufs de la pyrale du buis. Ce travail est d’autant plus important qu’au fur et à mesure que l’on trouve des auxiliaires capables de combattre les ravageurs, d’autres nuisibles apparaissent. C’est le cas de la sésamie pour le maïs qui remonte du sud de la France, or «contre la larve de ce papillon, Trichogramma brassicae n’est pas efficace», souligne Vincent Calcagno.

Du coup, les agriculteurs remettent des insecticides qui tuent les trichogrammes destinés à lutter contre la pyrale…

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