Air France-KLM : les coulisses d’une longue bérézina


Air France-KLM : les coulisses d’une longue bérézina:

Quatre mois après les adieux du PDG, Jean-Marc Janaillac, la compagnie aérienne française a du plomb dans l’aile.

Par Bertille Bayart, Valérie Collet, Anne de Guigné, Bruno Jacquot, Ivan Letessier, Marie Visot, Mathilde Visseyrias

Tout commence par un coup de théâtre, vendredi 4 mai à 18 heures. Au siège parisien d’Air France-KLM, aux Invalides, «un immense regret» se lit sur le visage de Jean-Marc Janaillac. Le PDG a perdu son pari. À 55,44 %, les salariés de la compagnie tricolore ont dit non à l’accord salarial proposé par la direction. Le référendum devait sortir Air France de l’impasse après des grèves à répétition? Il a tourné à la déroute. «Je tire les conséquences de ce vote, et je remettrai ma démission au conseil d’administration», déclare l’énarque de la promo Voltaire.

«Je voulais créer un électrochoc… Ce n’est pas à celui-là que je pensais», confie-t-il avec une autodérision grinçante. Janaillac a commis une énorme erreur de jugement. Il pensait ce référendum gagnable, comme tout le monde. Averti, l’exécutif a validé sa démarche «courageuse» quand il a lancé, le 20 avril, cette consultation, et mis son job en jeu. «Ça avait du panache», admire une source gouvernementale. Le PDG avait en tête 1994, quand son prédécesseur Christian Blanc avait mis son poste dans la balance pour faire voter son «plan de la dernière chance».

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Blanc avait obtenu un plébiscite? Vingt-quatre ans plus tard, le référendum est un crash. «Cette arme s’enraye facilement», selon un expert. La somme des malaises des différentes catégories de personnels d’Air France sort des urnes. Janaillac a sous-estimé ce «terreau de mal-être sur lequel ont prospéré des revendications salariales irréalistes». A posteriori, il dénonce le «populisme syndical» qui a alimenté la campagne à coups de «fake news», notamment sur les rémunérations du comité exécutif.

«Pour moi, ce référendum est un acte manqué. Janaillac en avait ras la casquette», assure un observateur. Les dernières semaines ont été difficiles. Une intersyndicale dirige le conflit social? La direction voit là une manipulation du syndicat des pilotes, le SNPL, et de son président, Philippe Evain. La grève perlée lancée en février agit comme un supplice chinois sur le PDG, les clients et les comptes, avec Evain dans le rôle du bourreau. Laurent Berger, le patron de la CFDT, cogne contre ce «Lider Maximo». Le 4 mai, quand le non l’emporte, Evain tweete: «Bravo aux salariés d’Air France. On forme une belle équipe.» Et envoie à Janaillac une supplique par texto: «Mes pensées vont vers vous. Je vous demande de revenir.» Le bras de fer avec Evain a altéré la lucidité du PDG. Pour ce dernier, la défaite est cruelle: le vote n’a pas affaibli le syndicaliste, mais l’a relégitimé.

Le premier ministre, Édouard Philippe, a prévenu fin avril: en cas d’échec du référendum et de démission de Janaillac, «j’inciterais volontiers tout le monde à attacher sa ceinture de sécurité parce que les turbulences ne seraient pas minimes». Il ne croyait pas si bien dire…

«Ceux qui pensent que, quoi qu’il arrive, l’État arrivera à la rescousse d’Air France et épongera les pertes, se trompent. Air France disparaîtra si elle ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires»

Le samedi 5 mai, le conseil d’administration d’Air France-KLM demande au futur ex-PDG d’assurer l’intérim jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé. Janaillac refuse. Il restera jusqu’à l’assemblée générale, ce qui laisse dix jours. Dans un tract, le SNPL fait de Janaillac «la marionnette de l’État» actionnaire à 14,3 % et titulaire de droits de vote double. La manœuvre vise à impliquer le gouvernement dans la négociation sociale, pariant qu’il ne voudra pas voir le conflit s’éterniser. En plein mouvement SNCF, cela accrédite l’idée d’une contagion des contestations et risque de pourrir les vacances d’été des Français.

Raté. Janaillac lâche: «Faute d’un nouveau mandat, la direction générale d’Air France ne sera pas en mesure d’ouvrir quelque négociation que ce soit.» Le gouvernement ne laisse pas embarquer. «Ceux qui pensent que, quoi qu’il arrive, l’État arrivera à la rescousse d’Air France et épongera les pertes, se trompent, assène Bruno Le Maire. Air France disparaîtra si elle ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires.» Le ministre de l’Économie veut, au moins en apparence, se maintenir à distance de ce dossier explosif: «Il appartiendra au conseil d’administration de définir les conditions de sortie de crise.»

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L’urgence est d’organiser l’intérim et de rassurer alors que le cours de l’action Air France-KLM plonge de 13 % le 8 mai. Le 11, Édouard Philippe reçoit Jean-Marc Janaillac et tente de le convaincre de rester un peu. Nouveau refus. Les réunions d’administrateurs s’enchaînent. En apparence, la gouvernance de l’entreprise a la main. En fait, le sujet se traite en direct avec les responsables publics: Martin Vial, directeur de l’Agence des participations de l’État, Emmanuel Moulin, dircab de Bruno Le Maire, Emmanuel Miquel, conseiller à l’Élysée, et Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée.

Pour l’intérim, Anne-Marie Idrac, administratrice d’Air France-KLM, ex-PDG de la SNCF et ex-ministre, s’impose. Mais, comme le dit un proche, «un intérim de quelques semaines, sans mandat, ce n’est pas le profil d’Idrac». Elle préférerait finir le mandat de Janaillac, jusqu’à mi-2019. Cela lui est refusé. Selon les uns, Anne-Marie Couderc, autre administratrice, autre ex-ministre, soutient cette position. Selon les autres, l’enjeu est de voir laquelle des deux «craquera».

«Air France n’a pas les moyens de perdre plus de temps»

Le 14 mai, Anne-Marie Couderc devient présidente non exécutive, avec un trio opérationnel formé de Frédéric Gagey, directeur financier, Franck Terner, directeur général d’Air France, et Pieter Elbers, PDG de KLM. Tout le monde s’accorde sur un point: l’intérim doit «être le plus bref possible». Le 15 mai, présidant son ultime assemblée générale, Janaillac prévient: «Air France n’a pas les moyens de perdre plus de temps.»

Mise au pas avortée

Ce sentiment d’urgence explique-t-il le désordre à venir? La recherche d’un patron tourne en tout cas à la farce, l’intérim d’Anne-Marie Couderc au calvaire. Certes, le groupe respecte les codes d’un processus de recrutement, piloté par un comité des nominations formé d’Anne-Marie Couderc, de Jean-Dominique Comolli, ex-patron de l’APE, et d’Alex Wynaendts, PDG de l’assureur néerlandais Aegon. Un cabinet de chasseurs de têtes, Egon Zehnder, est recruté, puis un second, Heidricks et Struggles. La fiche de poste est claire. Bruno Le Maire veut «quelqu’un qui connaisse bien le secteur de l’aérien».

Dans le microcosme parisien et celui de l’aérien, la machine bien huilée des réseaux se met en branle. On cite des noms, ceux qui ont déjà voulu être patron d’Air France, ceux qui, de près ou de loin, ont dirigé une compagnie aérienne, ceux dont on avait parlé lors de procédures antérieures, à la RATP ou à la Caisse des dépôts… Les chasseurs de têtes auditionnent, selon une sélection qui parfois déconcerte.

Dimanche 3 juin, une bombe explose au milieu de ce terrain déjà dévasté. AccorHotels confirme par communiqué une information des Échos et du Figaro , que son PDG Sébastien Bazin vient de révéler par téléphone à Anne-Marie Couderc: le groupe réfléchit à «l’éventualité d’une prise de participation» dans le capital d’Air France-KLM.

«Nous n’étions pas au courant du projet (d’une prise de participation dans le capital d’Air France-KLM) avant qu’AccorHôtels ne nous en parle, après le référendum»

Sébastien Bazin et ses conseils (Matthieu Pigasse et Jean-Louis Girodolle chez Lazard, Pierre-Yves Chabert chez Cleary Gottlieb) déclenchent l’offensive. «À ce moment précis, ils peuvent proposer à l’État une route différente», dit un proche. Rendez-vous a été pris mi-mai avec Martin Vial à l’APE et Emmanuel Moulin au cabinet du ministre, avec les équipes de l’Élysée aussi. Sébastien Bazin présente aussi son projet, slides à l’appui, à Anne-Marie Couderc et quelques administrateurs. Son plan est un couteau suisse: il sort l’État de la galère Air France en lui rachetant ses parts. Le gouvernement ne défend-il pas le désengagement de l’État actionnaire des entreprises commerciales? Janaillac reconnaît que la présence de l’État au capital est «dommageable», car elle entretient la fiction d’un Air France éternel. AccorHotels, actionnaire de référence privé d’Air France-KLM, veillerait à une gouvernance efficace. Bazin envisage d’en prendre lui-même la présidence non exécutive. Enfin, les deux champions français bâtiraient un partenariat industriel consolidé par le volet capitalistique.

«Nous n’étions pas au courant de ce projet avant qu’AccorHôtels ne nous en parle, après le référendum», confie l’entourage du ministre de l’Économie. Le 4 juin, le gouvernement se dit «ouvert» à la discussion, mais précise qu’elle doit d’abord «se mener entre les entreprises». Sébastien Bazin se sent autorisé à poursuivre son projet… et déclenche une levée de boucliers. «La technostructure d’Air France-KLM est viscéralement contre. Elle a mené une campagne de lobbying très, très active», témoigne un député. «Bazin se battra jusqu’au bout», avertit un proche à la mi-juin.

La perspective d’une mise au pas d’Air France est d’autant plus séduisante que la situation dégénère. Le 8 juin, l’intersyndicale appelle à quatre jours de grève à la fin du mois. Anne-Marie Couderc tente un coup de poker en proposant une hausse salariale de 3,65 % sur un an, très légèrement améliorée par rapport à la version antérieure. «Gilles Gateau, le DRH, l’a envoyée au feu alors qu’elle n’avait pas les moyens de négocier», dit un proche du dossier. Le conseil d’administration siffle la fin de la partie et rappelle qu’il n’existe aucun mandat pour cela.

L’approche d’Accor met la pression sur tout le système. Y compris l’hôtelier. Une difficulté juridique est apparue : le capital d’une compagnie aérienne européenne doit être au moins à moitié européen

L’approche d’Accor met la pression sur tout le système. Y compris l’hôtelier. Une difficulté juridique est apparue: le capital d’une compagnie aérienne européenne doit être au moins à moitié européen. Or AccorHôtels serait considéré comme non européen, vu la répartition de son capital. Pour acheter les 14 % de l’État, il lui faut échafauder un montage complexe ou s’allier avec des sociétés d’investissement ou des fortunes familiales. L’opération s’annonce aussi délicate pour l’État. Sortir du capital du pavillon français serait un symbole politique fort. Financièrement, vu le cours de Bourse, ce serait une retraite en rase campagne. «Je ne sais pas si la Commission des participations et des transferts pourrait accepter cela», dit un expert.

La cause est loin d’être entendue, mais chacun positionne ses troupes. L’APE est conseillée par la banque Nomura et les avocats de BDGS, tandis qu’Air France-KLM, pour qui il est délicat pendant l’intérim de signer un mandat en bonne et due forme, s’appuie sur Morgan Stanley, son conseil traditionnel.

Les syndicats préfèrent lâcher un peu de lest et suspendent leur préavis. Le conseil d’administration est sur la défensive: «La priorité est à la mise en place d’une nouvelle gouvernance.» Il faut faire vite. Le tempo s’accélère, ce qui met en position de force le meilleur connaisseur du système, rompu à l’exercice, Jean-Dominique Comolli, 70 ans. Nommé sur proposition de l’État et ex-patron de l’APE, il joue de cette ambiguïté lui donnant l’apparence d’être la voix off de l’exécutif, alors qu’il ne le représente pas. C’est lui qui a voulu un deuxième chasseur de têtes ; c’est lui qui guide le processus de recrutement à l’ancienne, se focalisant sur le vivier d’hommes d’entreprise français passés par les grandes écoles et les cabinets ministériels. Il mène la chasse avec Philippe Villin. Le banquier d’affaires, qui exècre Bazin, active son réseau d’inspecteurs des finances.

Le 20 juin, Jean-Dominique Comolli prévient Martin Vial: le comité des nominations a fini son travail. Il a un candidat à soumettre au vote du conseil d’administration, dont un séminaire stratégique est prévu au début de la semaine suivante: Philippe Capron, 60 ans, directeur financier de Veolia. En 24 heures, l’information confidentielle se retrouve sur le Net, puis dans la presse. La séance de ball-trap est ouverte.

«Nous ne voulons pas d’un parachuté», écrivent des salariés sur les réseaux sociaux. Des ex-présidents de syndicats d’Air France écrivent que la compagnie «n’a pas besoin qu’une oligarchie place une personne à ses commandes pour toutes sortes de mauvaises raisons». «Comolli et Villin ont fait leur coup en douce et n’ont prévenu l’État qu’au dernier moment», grince un bon connaisseur du dossier. Le désaveu sera terrible.

La fronde publique contre Philippe Capron est violente. Les attaques viennent de toutes parts. De chez KLM, d’abord. La compagnie néerlandaise en a assez des affres de sa grande sœur française. La crise est l’occasion de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Réunis à dîner le 29 avril et en séance le 30, les administrateurs de KLM ont écrit à Anne-Marie Couderc et proposé une refonte de la gouvernance: il faut nommer un président non exécutif pour le groupe et un directoire dont les chevilles ouvrières seront les patrons d’Air France et de KLM. Lettre restée «sans réponse d’aucune sorte», selon un proche.

«Il ne faut pas risquer la rupture comme on l’avait fait entre Nissan et Renault. Des missi dominici ont été envoyés aux Pays-Bas»

Alors que la piste Capron est dévoilée, le conseil de KLM se braque. Son président, Hans Smits, contacte Martin Vial et Emmanuel Moulin, et leur donne copie de la lettre du conseil. Un proche de la majorité confirme la sensibilité du cas KLM: «Il ne faut pas risquer la rupture comme on l’avait fait entre Nissan et Renault. Des missi dominici ont été envoyés aux Pays-Bas.»

Le week-end des 23 et 24 juin est meurtrier. AccorHotels pressent la manœuvre du conseil d’Air France-KLM pour lui couper l’herbe sous le pied, et sonne, lui aussi, la charge contre Capron. Delta Airlines entre dans la danse. Depuis plus d’un mois, Air France-KLM mène sa barque dans une forme d’entre-soi. Or le groupe a radicalement changé depuis l’automne 2017 et l’entrée au capital de Delta et de China Eastern à hauteur de 10 % chacun. Pendant ce week-end, Delta dépêche à Paris son représentant au conseil d’Air France-KLM, George Mattson. Cet ancien de Goldman Sachs «n’est pas un rigolo», prévient un proche du dossier. Il rencontre tour à tour Sébastien Bazin, Anne-Marie Couderc et des représentants des pouvoirs publics. «Il joue le rôle du “safety check” qui rappelle comment les choses se passent dans la vraie vie des entreprises internationales», explique un proche du dossier.

Dimanche 24 juin, Bruno Le Maire exécute à la radio le dossier Philippe Capron, «un candidat parmi d’autres». «Il n’y a pas eu volte-face. Son profil n’avait rien à voir avec la fiche de poste que nous avions définie et que le conseil avait approuvée, selon une source gouvernementale, sa candidature n’aurait jamais dû aller aussi loin.» Les «recruteurs» en prennent pour leur grade. «L’État a continué de déléguer le choix des dirigeants d’Air France-KLM à des personnes qui font partie d’un système dysfonctionnel, qui le vérolent depuis quinze ans», selon un proche du dossier. «Ce ne sont ni la presse, ni les réseaux parisiens qui décident. Tous les jours, Macron et Le Maire reçoivent des SMS pour proposer tel ou tel nom. Mais ça, c’est l’ancien monde», rétorque-t-on à Bercy.

« J’ai eu le sentiment que mon arrivée dérangeait ceux qui voulaient faire main basse à bon compte sur Air France-KLM»

L’épisode Capron laisse des traces profondes, tout le monde amer. Le directeur financier de Veolia est furieux. Dans une lettre envoyée à Anne-Marie Couderc, publiée dans la presse avant de parvenir à sa destinataire, il accuse: «J’ai eu le sentiment que mon arrivée dérangeait ceux qui voulaient faire main basse à bon compte sur Air France-KLM.» Il n’écrit pas le nom d’AccorHôtels, mais décrit un projet «scandaleux». En coulisses, d’autres crient au «scandale d’État». Dans les rangs de l’exécutif, ce courrier et les rumeurs laissant entendre que Bercy a changé d’avis sous l’influence d’intérêts privés ulcèrent. La tension monte encore d’un cran.

Manque de confidentialité

Ces péripéties ont des conséquences. L’État réaffirme que le sujet de la gouvernance est prioritaire. Celui du capital «sera géré dans un second temps». La procédure de recrutement repart, menée par un comité des nominations de facto élargi à l’APE, à Delta Airlines et à China Eastern. Comolli et Couderc ont perdu des plumes et de la crédibilité. Ensuite, le modèle de gouvernance proposé par KLM, s’il n’est pas acté, fait désormais partie des hypothèses. Enfin, on enterre les pudeurs de gazelle des entreprises dont l’État est actionnaire: Air France-KLM peut recruter un patron non français et y mettre le prix, alors que le poste a jusqu’ici été moins rémunérateur que chez ses concurrents, avec un salaire fixe plafonné à 600.000 euros par an, tout comme la part variable

Encore faut-il convaincre les candidats d’entrer dans le processus. Le tir de barrage contre Capron et le manque de confidentialité découragent plus d’une ambition. Catherine Guillouard, PDG de la RATP et dix années d’Air France au compteur de son CV, fait partie des prudents. Pas question de sortir à découvert pour prendre les balles. Elle n’ira que si on le lui demande. L’État ne le fait pas: la RATP a déjà eu trois patrons en quatre ans.

«La recherche se focalise sur le poste de PDG d’Air France-KLM. Ensuite, ce sera le tour de l’étage d’en dessous (Air France)»

La reprise en main du processus n’a éteint ni les doutes ni les polémiques. «C’est le bordel, lâche un administrateur début juillet. On n’a pas de candidat sérieux et crédible. Il faut voir le niveau de ceux que nous présentent les chasseurs de têtes.» D’anciens représentants syndicaux plaident, mi-juillet, pour une nouvelle gouvernance et, semble-t-il, pour une candidature pour Air France d’un ancien de la maison, Bruno Matheu, consultant depuis qu’il a dû quitter Emirates l’an dernier. Là, c’est le SNPL qui pilonne contre ces «messieurs et leurs obscures chapelles».

Le 13 juillet, au lendemain d’une réunion du conseil, Anne-Marie Couderc règle ses comptes dans un «Manager Info» envoyé par mail. Selon elle, tout se déroulait normalement jusqu’à la mi-juin et «des perturbations externes», dont «la manière dont AccorHotels manifeste son intérêt capitalistique» et «l’agitation médiatique alimentée par les nombreuses rumeurs autour de “candidats potentiels” ou “supposés”. Ainsi, le nom de l’actuelle PDG de la RATP a été avancé par certains médias, alors même que l’intéressée n’a jamais été candidate, et par conséquent n’est pas intégrée dans le processus de sélection en cours.»

Depuis, tout le monde s’est mis en silence radio. Le processus de recrutement traîne en longueur, mais au moins a-t-il enfin retrouvé de la confidentialité. «La recherche se focalise sur le poste de PDG d’Air France-KLM. Ensuite, ce sera le tour de l’étage d’en dessous (Air France)», explique un proche du dossier. Le couvercle a été remis sur le dossier sans que rien soit réglé sur le fond ni que l’exécutif, par ailleurs secoué par l’affaire Benalla, semble prêt à des choix radicaux. Résultat: Air France-KLM n’a toujours pas de patron et n’a plus de prétendant: le 26 juillet, AccorHôtels a jeté l’éponge.

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