Air France : la vérité sur le salaire des personnels navigants


Air France : la vérité sur le salaire des personnels navigants:

Les pilotes, hôtesses et stewards n’ont pas à être jaloux de leurs collègues étrangers.

Les démons d’Air France se sont réveillés. Au début de l’année, tout semblait sourire au groupe Air France-KLM. Des résultats records, avec un bénéfice d’exploitation de 1,5 milliard d’euros, des perspectives d’avenir grâce à de nouvelles alliances stratégiques avec Delta, China Virgin et Jet Airways. Joon, une nouvelle compagnie, a même été créée malgré les protestations des hôtesses et stewards d’Air France.

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Mais au printemps, patatras. La compagnie a enchaîné les journées de grève. Unique raison du conflit: onze organisations syndicales, toutes professions confondues, ont réclamé un«rattrapage» des salaires de 6 % en 2018 après un gel des grilles de rémunération depuis 2011. En février, la direction proposait de sortir du gel avec une hausse générale de 1 % en deux temps en 2018, qui viendrait s’ajouter à l’avancement des rémunérations lié à l’ancienneté.

«Une aumône», avait répliqué l’intersyndicale campant sur 6 %. À cela s’ajoute une prime d’intéressement aux résultats 2017 représentant 20 % du résultat d’exploitation. 8000 euros de prime d’intéressement en moyenne pour un pilote, 2400 euros pour une hôtesse ou un steward, 2200 euros pour un salarié au sol. Un partage jugé insuffisant par les syndicats mobilisés.

La direction avait présenté un projet d’accord prévoyant une augmentation des salaires de 2% immédiatement et une hausse de 5% sur trois ans.

Depuis, les réunions de négociations n’ont pas avancé. La direction d’Air France avait tenté une ouverture avec un mécanisme de rattrapage pour les catégories de personnel dont le pouvoir d’achat aurait baissé depuis 2011. Refus. Nouvel essai de la direction : une négociation pluriannuelle séquencerait une hausse de 2 % en 2018 puis de 3,6 % jusqu’en 2021. Troisième tentative, enfin, avec un projet d’accord prévoyant une augmentation des salaires de 2% immédiatement et une hausse de 5% sur trois ans.

Un coup de projecteur sur les rémunérations chez Air France, ainsi qu’une comparaison avec les autres compagnies nationales d’Europe de l’Ouest (l’allemande Lufthansa et l’anglaise British Airways), permet d’y voir plus clair. Pour commencer, il apparaît que, même lors de la période de «gel» entre 2011 et 2016, lors des plans de restructurations et de départs volontaires, les salaires n’ont pas été stabilisés. Ils progressent régulièrement. Ainsi la rémunération moyenne d’un commandant de bord chez Air France – fixe et variable compris – a progressé de 4,5 % entre 2011 et 2016. Celle d’un copilote a augmenté plus nettement, de 17,4 % au cours de la même période. Et les hôtesses et stewards, le premier échelon au sein de la compagnie chez les navigants commerciaux, ont vu la leur avancer de 5 %.

C’est surtout l’effet du «glissement vieillesse technicité» (GVT), c’est-à-dire l’avancement automatique des carrières en fonction de l’ancienneté. Il pèse lourd chez Air France, notamment à cause de la pyramide des âges peu équilibrée: 67,9 % des pilotes et 41 % des hôtesses et stewards (PNC) ont plus de 45 ans.

Deuxième constat, Air France paie bien ses navigants. C’est frappant pour les rémunérations brutes. Selon notre enquête, qui a passé au crible les salaires bruts des navigants d’Air France et de ses voisins européens, la compagnie tricolore est systématiquement la mieux disante. Une réalité plus contrastée lorsque les salaires sont passés au rabot de l’impôt sur le revenu. Mais même malgré ce bémol, Air France reste «dans le marché». Un(e) chef(fe) de cabine y gagne mieux sa vie que chez Lufthansa et même British Airways, qu’il s’agisse du salaire net ou brut.

Idem pour une jeune hôtesse ou un steward débutant. En revanche, si les jeunes copilotes en début de carrière voient leur rémunération brute devancer celle de leurs collègues de Lufthansa et de British Airways, ils se font doubler par la compagnie britannique après avoir acquitté l’impôt sur le revenu et se retrouvent au coude-à-coude avec Lufthansa. Chez les commandants de bord sur long-courrier, dont la carrière est bien avancée, Lufthansa prend la tête du peloton. Même si la compagnie tricolore est désormais distancée pour ses profits, elle reste dans la course pour ses salaires.

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