Droit d’asile: la droite allemande divisée


Droit d’asile: la droite allemande divisée:

Les conservateurs bavarois s’opposent au projet du gouvernement d’autoriser les déboutés «en activité professionnelle» à rester sur le territoire.

La politique migratoire n’en finit pas de diviser les conservateurs allemands. Après le fragile accord conclu début juillet par Angela Merkel et la CSU sur le renvoi des demandeurs d’asile déjà enregistrés dans un autre pays européen, de nouvelles fissures apparaissent. La droite bavaroise s’oppose fermement au projet du ministère du Travail de permettre aux déboutés du droit d’asile «en activité professionnelle» de rester en Allemagne. «Cela conduirait à rendre l’Allemagne plus attractive pour des migrants illégaux», a estimé jeudi Joachim Herrmann, figure de la CSU et ministre de l’Intérieur de Bavière, alors que se profilent pour son parti des élections régionales à haut risque en octobre.

L’Allemagne comptait en avril 233.000 déboutés du droit d’asile, d’après l’Office fédéral pour la migration. 73 % d’entre eux bénéficient de ce que les autorités appellent une «tolérance»: ils n’ont pas de titre de séjour à proprement parler, mais ne sont pas expulsés, par exemple parce qu’ils sont en formation professionnelle. Depuis 2016, ils ont déjà la possibilité de se former trois ans, puis de rester travailler deux ans maximum en Allemagne.

Objectif: pallier rapidement le manque de main-d’œuvre qui frappe la première économie d’Europe.

Le nouveau texte, préparé par le ministre social-démocrate Hubertus Heil, entend faciliter l’intégration sur le marché du travail des immigrés. Qu’ils soient des migrants économiques qualifiés (médecins ou ingénieurs par exemple), mais aussi, et c’est la nouveauté, des déboutés du droit d’asile qui ont déjà un emploi en Allemagne. Ces derniers pourraient alors eux aussi obtenir des perspectives de séjour sur le long terme.

Objectif: pallier rapidement le manque de main-d’œuvre qui frappe la première économie d’Europe. D’après l’Agence fédérale pour le travail (BA), l’Allemagne compte aujourd’hui 1,2 million de postes non pourvus. La pénurie se fait particulièrement sentir dans l’industrie, l’artisanat, les nouvelles technologies et le secteur de la santé. L’institut de l’économie allemande IW a calculé que ce chiffre pourrait même tripler d’ici à 2030.

La Chancellerie botte en touche

Le texte est soutenu par plusieurs cadres influents de la CDU. «Il faut un règlement clair pour que les demandeurs d’asile nécessaires sur le marché du travail, qui ont appris l’allemand et trouvé un emploi, puissent passer à une procédure d’immigration régulière», explique Daniel Günther, ministre-président du Schleswig-Holstein. Ce proche d’Angela Merkel se dit favorable à un «changement de direction» de la politique migratoire.

Mais tout le monde n’est pas de son avis. Volker Kauder, chef de file de la CDU au Parlement, refuse d’intégrer les déboutés du droit d’asile à la nouvelle loi. «Nous devrions nous en tenir à une seule ligne: ceux qui viennent chez nous doivent d’abord avoir une promesse d’embauche concrète», a-t-il déclaré. Qu’en pense la chancelière? Mystère. Son porte-parole Stefan Seibert botte en touche et renvoie à la présentation du projet de loi prévue cet automne.

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