Quel est le poids de l’immigration économique en France et d’où viennent les travailleurs étrangers ?


Quel est le poids de l’immigration économique en France et d’où viennent les travailleurs étrangers ?:

En 2016, 258.900 immigrés «permanents» sont arrivés en France, dont 10,8% au titre de l’immigration économique. Les immigrés des pays extra-européens arrivant pour motif économique viennent essentiellement des États-Unis, du Maroc et de Tunisie. Les immigrés intra-européens sont eux principalement portugais, britanniques et espagnols.

Il y a quelques semaines, la Pologne a annoncé qu’elle souhaitait faire venir des travailleurs philippins pour parer à un manque de main-d’œuvre de plus en plus criant, «parce que notre pays leur est culturellement proche, notamment à cause de la confession catholique», précisait alors Stanislaw Szwed, le vice-ministre polonais du Travail. La Pologne
a précisé qu’elle comptait particulièrement sur des travailleurs qualifiés, notamment pour les secteurs numérique, médical et du BTP.

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À cette occasion, Le Figaro s’est penché sur le phénomène de l’immigration économique en France (parfois appelée «immigration de travail»), qui suscite souvent des débats passionnés. Quel est son poids dans l’immigration totale et d’où viennent
les travailleurs étrangers qui arrivent sur le territoire national? Dans quels secteurs travaillent-ils? Un récent rapport de l’OCDE paru en juin («Perspectives des migrations internationales 2018») ainsi qu’un autre rapport de l’OCDE de 2017 («Le recrutement des travailleurs immigrés: France 2017») permettent de se faire une idée plus précise de la question.

• En 2016, 258.900 immigrés «permanents» sont arrivés en France, dont 10,8% pour motif économique

Selon les derniers chiffres de l’OCDE, la France a accueilli 258.900 immigrés «permanents» en 2016. «Ces immigrés se voient délivrer un titre de séjour qu’ils peuvent prolonger facilement», précise l’OCDE au Figaro. La notion d’immigrés permanents
renvoie donc à une installation durable en France.

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Sur ces 258.900 immigrés, 38% sont arrivés au titre du regroupement familial, qui est le principal canal de migration vers la France, soit 98.400 personnes. Viennent ensuite les motifs d’arrivée suivants: libre-circulation au sein de l’Union européenne
(33,6%, soit 86.900 personnes), travail (10,8%, soit 27.900 personnes), humanitaire (9%, soit 23 200 personnes) et enfin «autres» (8,7%, soit 22.500 personnes). L’immigration pour motif économique est donc minoritaire dans l’immigration totale «permanente».
Ce chiffre de 10,8% est toutefois à nuancer. En effet, comme l’explique l’OCDE, parmi les immigrés qui arrivent au titre de la libre-circulation dans l’Union européenne, environ la moitié vient pour travailler.

https://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201833_4520_Sujet_immigration/web_201833_4520_Sujet_immigration.html

La France a délivré 1,9 million de permis de séjour entre 2008 et 2016 : 9% pour motif économique, contre 47% pour motif familial

Si on regarde les chiffres d’Eurostat – qui utilise une méthodologie différente de l’OCDE et distingue l’immigration liée à la famille, liée à l’éducation et liée à des activités rémunérées -, la tendance est la même concernant les immigrés «permanents»:
l’immigration pour motif économique est minoritaire dans l’immigration totale. La France a ainsi délivré près de 1,9 million de permis de séjour (valides pour au moins 3 mois) entre 2008 et 2016, dont 9% liés à des activités rémunérées (contre 47%
pour l’immigration familiale).

https://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201833_4518_Immigration_de_travail_sur_10_ans/web_201833_4518_Immigration_de_travail_sur_10_ans.html

• En 2016, 93.000 immigrés «temporaires» sont arrivés en France, dont 24% de travailleurs

Concernant les immigrés «temporaires» (c’est le terme utilisé par l’OCDE), la France en a accueilli 170.000 en 2016: 22 000 travailleurs (soit 24% du total des immigrés temporaires) et 71.000 étudiants (76% du total). Comme le précise l’OCDE dans ses
travaux, «un pourcentage appréciable des migrants temporaires change de statut et obtient le statut de résident de longue durée» à terme, notamment les étudiants dont beaucoup restent ensuite vivre et travailler dans les pays d’accueil. En clair,
les étudiants passent souvent du flux «temporaire» au flux «permanent» – au titre de l’immigration économique – d’une année sur l’autre.

https://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201833_4516_Sujet_immigration/web_201833_4516_Sujet_immigration.html

En 2016, la France a accueilli 351.900 personnes, dont 14% pour motif économique

En ajoutant les immigrés «permanents» et les immigrés «temporaires», on peut donc dire que la France a accueilli 351.900 personnes en 2016, dont 49.900 pour le seul motif économique, soit 14% du total des arrivants. Ce chiffre de 351.900 personnes ne
prend par ailleurs pas en compte les travailleurs détachés (il y en avait 203.000 en France en 2016, selon l’OCDE), les demandeurs d’asile (77.000 personnes ont déposé une demande d’asile en France en 2016), ni l’emploi illégal (l’OCDE estime qu’entre
178.000 et 354.000 immigrés irréguliers vivent en France).

Les immigrés des pays extra-européens qui arrivent en France pour motif économique viennent essentiellement des États-Unis, du Maroc et de Tunisie

Le rapport de l’OCDE intitulé «Le recrutement des travailleurs immigrés: France 2017» permet d’établir la provenance géographique des immigrés par catégorie d’entrée pour les pays tiers (hors Union européenne). Ainsi, les immigrés qui sont arrivés en
France entre 2007 et 2015 pour motif économique venaient essentiellement des États-Unis, du Maroc, de Tunisie, du Mali et d’Inde (voir la colonne de gauche ci-dessous).

«Les Algériens et les Marocains représentaient chacun environ 12% des titulaires d’un premier permis de séjour, suivis des Chinois et des Tunisiens (environ 7% chacun)», note le rapport de l’OCDE. Avant de poursuivre: «Les titres familiaux sont concentrés
sur un nombre plus réduit de nationalités, puisque les trois principales nationalités (Algérie, Maroc, Tunisie) représentent à elles seules 45% des premiers titres délivrés.

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En revanche, détaille le rapport, «cette concentration est bien moindre pour les titres économiques ou les étudiants, où les trois principaux pays d’origine représentent environ un tiers des titres (États-Unis, Maroc, Tunisie pour la catégorie économique
; Chine, Maroc, Algérie pour la catégorie «étudiants»). La catégorie où les nationalités sont les plus diversifiées concerne les titres humanitaires, où les trois principales nationalités (Sri Lanka, République démocratique du Congo et Russie) représentent
moins d’un quart des titres».

Concernant les immigrés qui arrivent au titre de la libre-circulation (ils correspondent aux 86.900 personnes mentionnées plus haut dans l’article), les données de l’OCDE ne permettent pas d’isoler les nationalités par motif d’entrée. Toutefois, en prenant
en compte le flux total d’arrivants intra-européens (sans se focaliser sur l’immigration économique), les Portugais, les Britanniques, les Espagnols, les Italiens et les Roumains étaient les plus représentés parmi les migrants majeurs arrivés entre
2009 et 2013 (voir tableau ci-dessous).

«Les immigrés récents originaires des pays tiers sont surreprésentés dans les secteurs des transports, de la construction et de la restauration»

Les chiffres d’Eurostat, cités dans le rapport de l’OCDE, montrent que les immigrés sont surreprésentés dans certains secteurs d’activité de l’économie française: par exemple dans la construction, les transports ou encore la restauration (voir tableau
ci-dessous). Par ailleurs, la répartition sectorielle des immigrés varie en fonction de leur origine géographique (intra-européenne ou extra-européenne).

Enfin, les chiffres de l’Insee de 2008 montrent que le motif d’immigration influe fortement sur le taux d’emploi. «Les immigrés originaires de pays tiers indiquant être venus en France pour travailler ont en moyenne un taux d’emploi plus élevé (64% parmi
ceux présents en France depuis moins de cinq ans) que ceux venus pour des motifs familiaux (45 %) ou comme étudiants (34 %). Pour la plupart des motifs d’immigration, le taux d’emploi augmente avec la durée de séjour», écrit l’OCDE.

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