Le grand malaise des partis politiques, un an après l’élection de Macron


Le grand malaise des partis politiques, un an après l’élection de Macron:

Désargentées, en proie à un exode de leurs militants, les formations politiques préparent sans passion leurs universités d’été et ont bien du mal à trouver un nouveau souffle.

Une année noire pour les partis politiques traditionnels. Éreintés par l’élection imprévisible d’Emmanuel Macron, étouffés par une majorité reposant sur l’apparition de La République en marche comme nouvelle force politique, les mouvements historiques ont vécu cette première année du quinquennat comme un traumatisme. Le Parti socialiste s’est effondré, Les Républicains ont eu peur de disparaître et le Rassemblement national craint le dépôt de bilan faute de ressources financières. Quant au jeune parti du président, il a du mal à exister et a été sévèrement secoué au cœur de l’été par l’affaire Benalla.

Le doute s’est installé partout obligeant les anciennes familles politiques à se repenser intégralement et à garder un œil extrêmement vigilant sur leur porte-monnaie. D’ailleurs, les budgets en baisse consacrés à leur université d’été bien moins florissante que par le passé révèlent une période de disette.

Fuite des adhérents

Tous ont souhaité que cette année soit celle d’un nouveau départ. Les Républicains ont achevé leurs «ateliers de la refondation» en décembre avec l’élection d’un nouveau chef, Laurent Wauquiez. Les socialistes se sont également mis à pied d’œuvre. Ils ont lancé les «chantiers de la renaissance», en juin, suite à l’élection, en mars, de leur nouveau secrétaire général Olivier Faure. Au sein de la formation lepéniste, cette reconstruction s’est traduite par un nouveau nom: le Rassemblement national.

Tous avaient perçu l’urgence de se réformer en découvrant leurs rangs clairsemés. «Beaucoup de gens s’engagent au moment du scrutin puis prennent leurs distances», relève Manuel Bompard, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le FN a perdu 52.000 adhérents depuis avril 2017. Quant au PS, on compte 60.000 adhérents à jour de cotisation alors qu’ils étaient plus de 100 000 sous le mandat Hollande. «Il faut reconstruire le parti sur des bases locales, à partir des fédérations et des sections. Le centralisme de Solferino a échoué» préconise Pierre Jouvet, secrétaire national en charge de la restructuration du PS.

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Côté Républicains, il faudra attendre la fin de l’année pour mesurer l’évolution des adhésions. «Nous avons perdu de nombreux adhérents après la défaite, mais depuis l’élection de Laurent Wauquiez les gens reviennent», assure avec optimisme Virginie Duby-Muller, responsable des fédérations chez LR.

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Au lendemain de la présidentielle, les partis battus sont toujours confrontés à la déception des militants, à la fuite des adhérents et aux affres des recompositions internes douloureuses. Mais au-delà des problèmes inévitables, les partis traditionnels devenus caducs ont également été bousculés par une modernisation accélérée des pratiques politiques. L’élection de Macron a écrasé la concurrence parce qu’elle s’est illustrée comme le symbole d’un rajeunissement de la vie politique et d’une nouvelle manière de conquérir le pouvoir, au point de nourrir le débat sur la mort du clivage droite-gauche.

«La principale question adressée à ces partis, par l’opinion et leurs militants, est celle de leur utilité»

«La principale question adressée à ces partis, par l’opinion et leurs militants, est celle de leur utilité. La nature de l’engagement a également changé. On est passé de l’engagement timbre à l’engagement Post-it®», souligne Bernard Sananès, en citant le sociologue Jacques Ion. «C’était aussi la première fois qu’un homme sans parti réussissait à gagner l’élection suprême», ajoute le président d’Elabe. Sous la Ve République, le parti politique a toujours été considéré comme l’élément clef d’une ambition présidentielle mais «la victoire de Macron a mis tout cela en charpie, une première fois à la présidentielle et une deuxième fois aux législatives. Les partis politiques ne fonctionneront plus comme nous les avons connus», analyse Bernard Sananès.

Avant la présidentielle, les partis avaient anticipé l’importance des réseaux sociaux et la nécessité de s’appuyer sur de nouveaux visages pour se renouveler. Ont-ils sous-estimé la défiance de leurs électeurs? Ceux-ci étaient déjà lassés par les difficultés économiques, les affaires, la déconnexion des élus et une incapacité à trouver des réponses face aux réalités pressantes du pays.

Sans le dire,toutes les formations politiques parient sur l’échec d’Emmanuel Macron pour se refaire une santé

La progression des partis contestataires ou hors système n’est pas un phénomène uniquement français. Certains analystes ont pointé cette tendance un peu partout en Europe. En janvier 2018, dans son baromètre mensuel de la confiance politique intitulé «la défiance s’obstine», le Cevipof avait noté une progression à 69 % du nombre de personnes n’ayant confiance «ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays». Aussi, pour 71 % des sondés, le personnel politique y était jugé «plutôt corrompu».

Pour ces formations politiques en phase de reconstruction, les défis sont nombreux. Sans le dire, toutes parient sur l’échec d’Emmanuel Macron pour se refaire une santé. Elles consolident leurs ancrages locaux en espérant être prêtes pour les prochaines échéances électorales, européennes puis municipales. Mais les partis traditionnels comprennent aussi que la politique n’est pas qu’une question de vases communicants. S’ils veulent avoir une chance de retrouver des électeurs, ils se savent condamnés au changement. Sans ignorer, sans doute, que leur survie en dépend.

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