«Lobby gay» dans l’Église: des allégations prises au sérieux


«Lobby gay» dans l’Église: des allégations prises au sérieux:

Le 25 août, le prélat italien Mgr Vigano avait, dans une lettre ouverte, accusé le Pape d’avoir couvert l’homosexualité de l’ancien archevêque de Washington. Les critiques fusent mais personne n’a encore sérieusement remis en cause la substance de ses propos.

Une semaine après le scandale provoqué par la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce aux États-Unis, la lumière a été faite sur la personnalité de ce prélat. Il a été violemment attaqué par une série d’articles ad hominem. Beaucoup a aussi été écrit sur des incohérences de son texte, essentiellement formelles, des imprécisions de dates notamment.

Mais personne n’a encore sérieusement remis en cause la substance de son «J’accuse»: l’existence, selon lui, d’un réseau de «prélats homosexuels», «actifs» ou non, et de «prélats pro-gays», au plus haut niveau du Vatican, y compris dans «l’entourage» immédiat du pape François, cherchant à «subvertir» l’enseignement de l’Église contre l’homosexualité.

» LIRE AUSSI – Les silences du Pape face au rapport qui le met en cause

Que reproche le flot d’articles à ce prélat italien? Il a rompu le «secret» de sa charge et son serment de fidélité au Pape ; il se serait querellé pour de «l’argent» avec ses frères au moment de l’héritage de sa riche famille ; il n’a pas été rigoureux dans la gestion d’une affaire de prêtre pédophile à Minneapolis ; il a fait revoir la version finale de son texte par un journaliste italien «ennemi du pape François» ; il a signé un jour une pétition théologique critique sur François ; nommé nonce aux États-Unis, il n’aurait jamais accepté son exclusion du Vatican, d’où cette volonté de «revanche» de «frustré» ; dans sa charge diplomatique, il a participé – photos publiées à l’appui – à des réunions publiques avec McCarrick alors qu’il savait qui il était et qu’il aurait pu le dénoncer plus tôt ; enfin, trait dominant de cette avalanche de critiques sur sa personne: c’est un «conservateur», instrument consentant du complot des conservateurs visant à la chute de François et de ses réformes.

Nuage de fumée

Articles à charge, dont le plus emblématique en France fut même publié sur le site du Point.fr, mais curieusement muets sur la question centrale que seul un jésuite américain, le père Tom Reese – qui s’est toujours affiché en faveur de François -, a osé poser publiquement. Lui, comme toutes les personnes informées, prend au sérieux ce que dit Vigano. Reese pense que c’est au Pape – et à «lui seul» de dire – ce qu’il en est. Et de le dire «vite». Ce jésuite affirme: «Le Vatican doit révéler ce qu’il savait, quand il l’a su, ce qu’il a fait et qu’il n’a pas fait. Le commencement de la restauration de la crédibilité de l’Église catholique passera a minima par-là».

«Le Vatican doit révéler ce qu’il savait, quand il l’a su, ce qu’il a fait et qu’il n’a pas fait. Le commencement de la restauration de la crédibilité de l’Église catholique passera a minima par-là»

Reese a été notamment relayé par l’un des rares journalistes italiens – également soutien de ce pontificat – qui n’a pas cédé à la curée générale anti-Vigano, Marco Politi. Ce dernier explique: «On peut tout dire sur Vigano mais on ne peut pas tourner autour d’affirmations cruciales de Vigano: sont-elles vraies ou non?»

Plus globalement, le microcosme romain informé sait que la violence des attaques contre la personne de Vigano est un nuage de fumée, signe d’un embarras au plus haut niveau sur ce que dénonce le prélat. Même si la prudence est plus que de mise en matière de dénonciation de mœurs, il apparaît, une semaine après, que personne n’a encore radicalement démenti Vigano sur le fond.

«Mgr Vigano dit la vérité. C’est tout»

Une série de signaux objectifs confirmerait même ce que le diplomate français, Mgr Jean-François Lantheaume – ancien premier conseiller de la nonciature de Washington et témoin direct des faits – a écrit, lundi 27 août, noir sur blanc, à l’agence catholique américaine CNA: «Mgr Vigano dit la vérité. C’est tout».

Premier signal: le Pape lui-même. Il a dit à son retour d’Irlande: «Je ne dirai pas un mot là-dessus», sans démentir. Second signal, l’Osservatore Romano qui s’est contenté d’un sobre commentaire: un «nouvel épisode des oppositions internes». Troisième signal, l’épiscopat américain: le président de la conférence des évêques, Mgr Daniel N. DiNardo, n’a rien nié mais a demandé une enquête précise sur toutes ces allégations pour apporter des «réponses» publiques aux fidèles. Quatrième signal, Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, poids lourd de l’épiscopat américain, n’a pas hésité à faire part de sa solidarité avec Mgr Vigano. Cinquième signal, Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago, promu par François, proche de lui et mis en cause dans le rapport, a relativisé mais sans démentir: pour lui, le Pape a des choses «plus importantes» à traiter, comme les «questions de l’environnement, la protection des migrants». Sixième signal: Mgr Thomas Tobin, évêque de Providence aux USA, pourtant très proche de François, a considéré que les allégations du rapport Vigano étaient «substantielles» et qu’elles demandaient une «enquête rapide et juste». L’affaire est donc plus épineuse qu’une simple cabale conservatrice contre François.

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