À Berlin, Erdogan se confronte à ses opposants


À Berlin, Erdogan se confronte à ses opposants:

Le président turc a renoué le fil avec la chancelière allemande mais aucun différend n’a été résolu entre eux.

Le photographe s’est discrètement écarté pour se préparer. Puis il est revenu calmement faire son travail au premier rang, au pied d’Angela Merkel et son hôte, Recep Tayyip Erdogan, en pleine conférence de presse. Le président turc ne se laisse pas décontenancer.«Liberté pour la presse pour les journalistes en Turquie» est pourtant écrit sur fond rouge sur le tee-shirt que le reporter a enfilé. Il est aussitôt évacué par le service d’ordre alors que l’autocrate d’Ankara esquisse un rictus.

Quelques minutes auparavant, Angela Merkel avait insisté sur «les différences profondes» entre l’Allemagne et la Turquie sur le respect de l’État de droit ou de la liberté de la presse. Depuis deux ans, les relations n’ont cessé de se dégrader entre les deux pays et l’ambiance est glaciale entre les deux dirigeants. En 2017, Recep Tayyip Erdogan s’en était même pris directement à Angela Merkel l’accusant de «pratiques nazies».

«Si nous ne parlons pas ensemble, nous ne pourrons pas trouver de solutions communes»

Mais la chancelière, d’un pragmatisme absolu, veut désormais adresser des signes d’apaisement pour éviter une rupture avec Ankara. «Si nous ne parlons pas ensemble, nous ne pourrons pas trouver de solutions communes», ajoute-t-elle. «Nous avons beaucoup de choses qui nous unissent», déclare-t-elle aussi en indiquant la coopération au sein de l’Otan, la gestion de la crise migratoire ou l’attention accordée à la communauté turque allemande, qui compte 3,5 millions de personnes. Une minorité d’entre elles a manifesté vendredi dans les rues de Berlin pour protester contre la politique du chef de l’État turc.

Erdogan en Allemagne : une visite controversée – Regarder sur Figaro Live

En visite d’État en Allemagne pour trois jours, Recep Tayyip Erdogan doit se confronter à ses opposants. Durant la matinée, il avait toutefois menacé, selon des informations de Bild, d’annuler sa participation à la conférence de presse si l’ancien rédacteur en chef du journalCumhuriyet, Can Dündar, y assistait et l’interpellait. Condamné à une peine de prison en Turquie, Can Dündar a trouvé refuge en Allemagne, où il a fondé un site d’information Özgürüz, «nous sommes libres»en turc. Pour ajouter une provocation à la menace, le gouvernement d’Ankara avait aussi demandé vendredi l’extradition du journaliste aux autorités allemandes. Sans doute pour éviter le clash, celui-ci a renoncé à venir.

Recep Tayyip Erdogan voudrait tourner la page des tensions politiques avec l’Allemagne. Il espère relancer les relations économiques entre les deux pays.

«Notre désaccord sur le cas de Can Dündar n’est pas un secret», a commenté froidement Angela Merkel. Interrogé par la presse allemande, Recep Tayyip Erdogan a contre-attaqué. «Il y a eu une décision de justice», a-t-il fait valoir en affirmant «l’indépendance» de celle-ci. «Can Dündar est un agent qui a révélé des documents secrets», a-t-il poursuivi.

» LIRE AUSSI – À Berlin, Erdogan veut «ouvrir une nouvelle page» avec l’Allemagne

Alors que son pays traverse une grave crise économique, Recep Tayyip Erdogan voudrait tourner la page des tensions politiques avec l’Allemagne. Il espère relancer les relations économiques entre les deux pays. Auprès d’Angela Merkel, il a de nouveau défendu le principe d’une libéralisation des visas pour les Turcs voyageant en Europe. Celle-ci est conditionnée au respect de critères sur l’État de droit. Il a aussi plaidé en faveur d’une union douanière avec l’UE. Mais il n’a pas renoncé à la dérive autoritaire de son régime. Il a, par exemple, réclamé que Berlin reconnaisse comme «organisation terroriste» le Fetö, le mouvement güleniste accusé d’être à l’origine du putsch avorté de 2016. Angela Merkel a écarté l’idée, expliquant n’avoir pas d’éléments suffisants pour accéder à la requête.

Elle a en revanche insisté sur les discussions en cours pour obtenir la libération des cinq ressortissants turcs emprisonnés en Turquie. Recep Tayyip Erdogan n’a donné aucun signe encourageant, arguant encore de «l’indépendance» de la justice turque. Si le fil du contact a été renoué entre Berlin et Ankara, aucun différend n’a été résolu.

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