Gérard Collomb présente sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse


Gérard Collomb présente sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse:

Le ministre de l’Intérieur confie au Figaro que le chef de l’État a décidé de le maintenir à son poste, malgré sa proposition de partir.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a remis, lundi en fin de journée, sa démission au président de la République. Qui l’a refusée. Il est clair que, par ce geste fort, le chef de l’État renouvelle sa confiance à un tout proche. Il s’agit visiblement de couper court aux tentatives de déstabilisation dont le ministre estime avoir été victime depuis qu’il a annoncé, le 18 septembre dernier, son intention de quitter ses fonctions l’été prochain pour se consacrer à sa réélection à Lyon.

Dans l’esprit de Gérard Collomb, ce n’est pas au regard de sa personne qu’il s’est senti obligé de remettre sa démission, refusée, donc, par l’hôte de l’Élysée, mais parce que l’institution qu’il dirige pouvait pâtir d’une sorte de campagne de dénigrement dont il s’estimait l’objet. Il ne souhaitait pas, confie-t-il au Figaro, que Beauvau soit déstabilisé par une décision politique qui le concernait, à savoir le choix très personnel de se représenter à la mairie de Lyon aux prochaines municipales.

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Gérard Collomb ne souhaitait pas, confie-t-il au «Figaro», que Beauvau soit déstabilisé par sa décision politique

Il est vrai que, depuis cette annonce de démission programmée dans sept mois, Gérard Collomb a donné le sentiment de transformer de lui-même son CDI en CDD. Cette initiative inédite l’a quelque peu fragilisé, même si le ministre a toujours assuré qu’il serait pleinement à son poste jusqu’à la fin.

Les spéculations sur son éventuel successeur étaient inévitables. Chacun croyant savoir, les noms ont circulé en nombre sur fond de pseudo-confidences. Surtout dans la presse et les cabinets ministériels. Mais les forces de l’ordre n’attendent pas que leur ministre s’en aille. Ce qui n’est peut-être pas le cas des politiques qui voudraient le remplacer.

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Depuis trois semaines, entend-on dans les couloirs de Beauvau, Matignon est suspecté de pousser la candidature du ministre du Budget et ex-directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin. Qui multiplie les communiqués louant les saisies des Douanes placées sous sa coupe à Bercy, comme pour montrer qu’il endosserait désormais volontiers l’habit de Premier flic de France. Serait-il éventuellement épaulé par un grand policier nommé ministre délégué à la Sécurité, comme certains en rêvent dans la galaxie Sarkozy. Les réseaux s’activent de toutes parts. «L’Élysée teste des noms», assure un homme du sérail. Rien n’est exclu, mais rien de tangible non plus. C’est le propre de cette situation inédite qui plonge la «grande maison» dans une ère d’incertitude.

Pour Jean-Claude Delage, le secrétaire général d’Alliance (première force syndicale de la police nationale), «ce qu’a décidé Gérard Collomb est plutôt responsable et honnête». Le ministre, pour sa part, estime que c’est se mettre en cohérence avec ses principes que de refuser de faire une campagne municipale aux frais de son ministère.

«Gérard Collomb s’est créé une obligation de résultat supplémentaire en enfermant son action dans des délais restreints.Il s’est un peu mis la pression tout seul»

Le patron d’Alliance reconnaît toutefois les difficultés de l’exercice: «Gérard Collomb s’est créé une obligation de résultat supplémentaire en enfermant son action dans des délais restreints.Il s’est un peu mis la pression tout seul».

Depuis l’annonce, il est vrai, le ministre met un point d’honneur à défendre son bilan. Interrogez-le sur les raisons de son futur départ, il vous parlera du budget «inégalé» qu’il vient de décrocher pour son administration: «une hausse très significative de 3,4 % de ses moyens, soit 575 millions d’euros, au bénéfice de toutes les composantes du ministère», se félicite-t-il. Et de rappeler pour la police «les 2500 renforts en 2019», qui s’ajouteront aux quelque 2000 déjà accordés pour 2018, dans la perspective des 10.000 embauches promises par Emmanuel Macron au début de son quinquennat.

Quoiqu’il fasse, Gérard Collomb sera désormais observé à la loupe. Patrice Ribeiro, le patron de Synergie-Officiers, s’interroge, comme beaucoup: «le ministre pourra-t-il tenir jusqu’à l’été?». Le syndicaliste s’inquiète des tensions relatées avec une partie de l’exécutif.

Pour l’heure, à part une plume chargée des discours et Jean-Marie Girier, précieux chef de cabinet du ministre parti servir Richard Ferrand à la présidence de l’Assemblée nationale, il n’y a pas eu de défections dans l’équipe Collomb. Le ministre se veut loyal envers le président et dévoué à sa charge. Mais, au-delà des hommes, à Beauvau, ce sont les événements qui commandent. Toujours.

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