Logement. Les expulsions par la police atteignent un record


Logement. Les expulsions par la police atteignent un record:

À la veille de la trêve hivernale des expulsions des locataires, la Fondation Abbé Pierre dénonce la forte hausse des recours à la force. Une situation à l’échelle de la France qui se décline aussi en Bretagne.

Tous les ans, le même constat. À l’approche du 1er novembre, date du début de la trêve hivernale, qui interdit de mettre à la rue les locataires en retard sur leurs loyers, les expulsions se multiplient pour permettre aux propriétaires de disposer de leur logement. Et tous les ans, la Fondation Abbé Pierre s’en désole et saisit l’occasion pour publier les chiffres de l’année passée. En Bretagne, comme en France, le nombre d’expulsions ordonnées par la justice a légèrement baissé. Mais le recours à la force publique pour déloger les locataires, elle, explose.

En 2017, en Bretagne, 2 995 décisions d’expulsions ont été rendues par un juge. Légèrement moins qu’en 2016, où ce chiffre atteignait 3 050. Un signe encourageant, selon Stéphane Martin, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, qui note que la tendance est aussi à la baisse au niveau national depuis deux ans. « Le plan de prévention adopté en 2016 porte ses fruits », analyse-t-il, en faisant référence aux mesures prises pour intervenir auprès des locataires dès les premières difficultés à payer le loyer.

« Le recours à la force est traumatisant »

Un autre chiffre inquiète l’association : celui du recours aux policiers pour faire appliquer les décisions de justice. En 2016, en Bretagne, ils étaient déjà intervenus 331 fois. Pour 2017, rien que dans le Finistère, la méthode forte a été décidée dans 220 dossiers. Les autres préfectures n’ont pas communiqué leurs chiffres. Mais les données finistériennes suffisent à estimer que les interventions de la police sont beaucoup plus massives dans la région, selon la Fondation Abbé Pierre.

« Pour les locataires, le recours à la force est traumatisant », dénonce Stéphane Martin. « Ils sont contraints de quitter les lieux sur-le-champ et n’ont pas le temps de trouver une solution de rechange. Des scellés sont posés sur les portes et ils ne peuvent venir chercher leurs affaires qu’avec l’accord de l’huissier, en fonction de ses disponibilités ».

Raisons budgétaires

Une situation d’autant plus critiquable, à ses yeux, que la raison de cette hausse est à chercher du côté des finances de l’État. « Si le propriétaire a obtenu l’expulsion et que le préfet refuse de faire intervenir la police, alors il doit l’indemniser », détaille-t-il. « Or le fonds d’indemnisation est en baisse constante depuis des années, ce qui pousse au recours à la force ». La Fondation Abbé Pierre réclame donc que le gouvernement enraye la baisse des moyens alloués à ce fonds, dès le budget 2019.

La Bretagne, cependant, reste une terre un peu moins touchée par les expulsions locatives que d’autres régions. Le taux de pauvreté y est l’un des plus faibles de France. Par ailleurs, les Bretons sont particulièrement solidaires. Il existe sur le territoire un puissant réseau d’aide aux plus démunis. Stéphane Martin cite ce chiffre étonnant : un tiers des associations françaises de solidarité sont bretonnes.

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/179623034653

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