Pour échapper aux sanctions américaines, le géant russe de l’aluminium nomme un président français


Pour échapper aux sanctions américaines, le géant russe de l’aluminium nomme un président français:

L’ex-député Jean-Pierre Thomas, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, devient président du conseil d’administration de Rusal, qui a changé son équipe dirigeante pour sortir de la liste noire des États-Unis.

La politique mène à tout… Jean-Pierre Thomas, ex-député des Vosges, deviendra, le 1er janvier prochain, président du conseil d’administration de Rusal, le plus grand producteur d’aluminium mondial en dehors de la Chine. Sa mission: superviser avec les autres administrateurs la vie du groupe russe, dont la direction stratégique et effective reste bien sûr dans les mains de son directeur général.

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui avait plaidé à la fin des années 1990 pour la création de fonds de pension à la française, sera un des rares Français à occuper un tel poste dans un grand groupe étranger, d’envergure mondiale. Une nomination inattendue qu’il doit à ses relations d’affaires en Russie… et aux sanctions américaines qui menacent l’existence même du géant de l’aluminium.

Le 9 avril dernier, Rusal, créé en 2000 par le milliardaire Oleg Deripaska, avait été placé sur la liste noire des États-Unis. Les Américains avaient déjà décrété des sanctions contre la Russie pour la punir de ses attaques contre les démocraties occidentales et de son ingérence dans les élections américaines de 2016. Ils voulaient cette fois frapper plus fort en s’attaquant aussi aux grands groupes russes proches du pouvoir. Et le nom de Oleg Deripaska apparaît dans l’enquête menée outre-Atlantique sur l’implication russe dans la victoire de Donald Trump.

Jean-Pierre Thomas, 61 ans, a été choisi en juin dernier pour être l’un des administrateurs indépendants

Son groupe en a payé le prix fort. À l’annonce de la décision américaine, en avril dernier, le cours de Bourse de Rusal s’était effondré de 50 % à Hongkong, où il est coté. Les investisseurs s’inquiétaient même de sa capacité à rembourser ses dettes. Les États-Unis lui ont en effet interdit toute activité dans leur pays (où il réalisait 14 % de son chiffre d’affaires), mais aussi tous liens avec des Américains. Même des groupes européens, par peur de répercussions sur leurs activités outre-Atlantique, se voyaient donc contraints de cesser toute relation commerciale ou financière avec le géant russe et de ne plus lui acheter d’aluminium.

Mais, soucieux de ne pas déstabiliser le marché de l’aluminium, les Américains ont différé l’application d’une partie des sanctions et laissé le temps à Oleg Deripaska de réformer la gouvernance de son groupe. Pour le sauver, il en a donc abandonné les rênes. Il a revendu une partie de ses titres (il détient désormais 44,95 % seulement de la maison mère) et a nommé des administrateurs indépendants. Jean-Pierre Thomas, 61 ans, a été choisi en juin dernier pour être l’un d’entre eux. Connu des milieux d’affaires et politiques russes depuis que Nicolas Sarkozy en avait fait son «représentant spécial» chargé du développement des relations économiques entre la France et la Russie, son profil avait séduit les actionnaires. Après quinze ans passés au sein du groupe Lazard, notamment dans la gestion d’actifs, ce banquier avait fondé son propre cabinet de gestion et de conseil aux entreprises.

Pour apaiser la colère de Washington, c’est parmi ses cinq administrateurs indépendants que Rusal devait choisir son nouveau président. L’ancien trésorier du Parti républicain l’a emporté face à deux autres candidats. La semaine prochaine, c’est donc lui qui remplacera l’Allemand Matthias Warnig, qui a abandonné son poste mercredi dernier, à la demande du Trésor américain. Proche de Vladimir Poutine, cet ancien agent des renseignements en Allemagne de l’Est était le dernier des membres de l’ancienne équipe dirigeante à devoir quitter le groupe.

Rusal attend désormais le verdict du Congrès américain. Outre-Atlantique, le Trésor, satisfait des efforts du groupe russe, est décidé à lever les sanctions. Il attend l’approbation du Congrès américain, dans les premières semaines de janvier.

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