500 ans après, les fascinants mystères de La Joconde


500 ans après, les fascinants mystères de La Joconde:

Depuis des décennies, historiens de l’art, chercheurs, exégètes de l’œuvre de Léonard de Vinci, archéologues, passionnés et amateurs tentent de résoudre les énigmes qui entourent le portrait le plus connu au monde.

Qui était vraiment le modèle de La Joconde? Quand l’équipe de l’historien controversé Silvano Vinceti obtient l’autorisation d’entamer des fouilles dans l’ancienne église du couvent Sainte-Ursule à Florence, en 2011, l’opération commence sous l’œil des caméras. Excellent communicant et habitué des plateaux de télévision, le président du Comité national pour la promotion du patrimoine historique et culturel italien, qui s’est déjà fait connaître en 2010 en identifiant «à 90 %» les restes de la dépouille mortelle du Caravage, a bien préparé son affaire.

Sur le papier, l’histoire est alléchante, moins alambiquée que celle du Da Vinci Code de Dan Brown, mais tout aussi prenante. Si l’on en croit Vinceti, qui s’appuie sur un document daté de 1542, Lisa Gherardini, la femme du marchand de soie florentin Francesco del Giocondo et modèle présumé du tableau le plus célèbre de Leonard de Vinci, aurait été inhumée dans ces lieux où elle vivait retirée du monde, entourée de ses deux filles religieuses.

Mis à sac par les troupes de Napoléon en 1808, puis transformé en manufacture de tabac, l’ancien couvent n’est plus qu’un grand bâtiment gris désaffecté en plein centre de la capitale toscane, mais son caveau est demeuré inviolé. Convaincu d’y retrouver la tombe de Mona Lisa, Silvano Vinceti projette d’exhumer son crâne pour reconstituer son visage et résoudre une des plus grandes énigmes de l’histoire de l’art en le comparant avec celui de la Joconde exposé au musée du Louvre.

Seuls huit squelettes sont en bon état

Peu à peu, sous les outils d’excavation et les projecteurs des archéologues, les restes d’une douzaine de personnes sont mis au jour, dont huit squelettes en bon état de conservation. Mais leur datation au carbone 14, 150 ans avant le début du XVIe siècle, ne laisse aucun espoir aux paléoanthropologistes. Parmi les quatre autres corps, qui se trouvent dans une tombe commune et dont il ne subsiste que quelques fragments d’os, un seul est contemporain de Mona Lisa. Silvano Vinceti voulait un crâne, il n’a trouvé que des esquilles de fémur, de tibia et de cheville. Pourtant, il est comblé. Compte tenu de la «convergence de toute une série d’éléments», il est «fortement probable que ces restes soient ceux de Lisa Gherardini del Giocondo», assure-t-il.

Deux ans plus tard, il va plus loin et ouvre un nouveau chantier de fouilles dans la crypte de la basilique de Florence, la Santissima Annunziata, où ont été enterrés des descendants des Giocondo, pour tenter d’établir des correspondances avec l’ADN isolé dans les ossements recueillis à Sainte-Ursule. C’est un échec. Les restes humains retrouvés sont en trop mauvais état pour en extraire de l’ADN. La véritable identité de la Joconde reste un mystère.

Dès l’origine, le tableau fascina et intrigua. Giorgio Vasari (1511-1574), peintre et architecte de la cour du duc de Toscane Cosme Ier de Médicis, auteur du célèbre ouvrage Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, publié
en 1550 à Florence, écrit à son propos: «Vinci a entrepris d’exécuter pour Francesco del Giocondo (1460-1539) le portrait de Mona Lisa, son épouse… Pour celui qui voudrait voir à quel point l’art peut imiter la nature, cette tête lui permettrait de
le comprendre aisément car tout ce qui peut être peint y est reproduit avec minutie. Ses yeux limpides ont l’éclat de la vie.» Mais, quand le père des historiens d’art fait ce commentaire, il est peu probable qu’il ait vu l’œuvre de ses propres yeux.

«Regarde la lumière et admire sa beauté. Ferme l’œil et observe»

Léonard de Vinci

À l’époque, cette huile sur panneau de peuplier orne déjà le palais de Fontainebleau avec d’autres peintures de Léonard de Vinci acquises par François Ier auprès de Gian Giacomo Caprotti, dit Salaï, son élève et disciple depuis l’enfance. Un ensemble
composé de La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne, acheté quelques mois avant la mort de l’artiste en 1519, de La Joconde, bien sûr, et du Saint Jean-Baptiste que Léonard a emporté avec lui d’Italie – ainsi que, peut-être, La Belle Ferronnière et Léda et le Cygne, perdu depuis 1692.

Selon le Louvre, le portrait fut probablement commencé à Florence vers 1503. «Mais l’histoire de La Joconde demeure obscure, assure le musée. Ni l’identité du modèle, ni la commande de l’œuvre, ni le temps pendant lequel Léonard y travailla, voire
la conserva, ni encore les circonstances de son entrée dans la collection royale française ne sont des faits clairement établis. Toutefois, deux événements de la vie conjugale de Francesco del Giocondo et de Lisa Gherardini pourraient avoir suscité
la réalisation de ce portrait: l’acquisition d’une maison personnelle en 1503 et la naissance d’un second fils, Andrea, en décembre 1502, venu réparer le deuil d’une fille décédée en 1499.» Transférée de Fontainebleau à Paris, puis à Versailles
à la fin du XVIIe siècle, La Joconde décore les appartements de Joséphine, au palais des Tuileries en 1801, avant de rejoindre définitivement le Louvre, où les romantiques, fascinés par son étrange sourire, les brumes de vernis qui la
nimbent et son regard fixant ceux qui la contemplent, en font une véritable icône.

Homme ou femme? Le mystère de la Joconde est insoluble

Copiée par de nombreux peintres dès le XVIe siècle, admirée, adulée, Mona Lisa devient peu à peu un chef-d’œuvre absolu. Son vol spectaculaire aux motifs flous par le vitrier italien Vincenzo Peruggia,
le 21 août 1911, et les circonstances rocambolesques de son retour en France le 4 janvier 1914, contribuent à épaissir davantage le mythe qui l’entoure. Depuis des décennies, le monde de l’art ne cesse de s’interroger sur la nature même
de celle qui l’a inspiré. Certains veulent voir dans son visage un autoportrait féminisé de Léonard de Vinci, celui de Catherine Sforza, princesse de Forlì, d’Isabelle d’Este, l’épouse de François II de Mantoue, ou de Pacifica Brandani d’Urbin,
une des maîtresses de Julien de Médicis… D’autres veulent y retrouver les traits androgynes de Gian Giacomo Caprotti, présenté comme l’amant dont Leonard aurait été éperdument amoureux,
ou y lisent des symboles cachés qui révéleraient on ne sait quelle allégorie sur l’origine du monde ou le devenir de la chrétienté. Un faisceau de secrets plus ou moins fantasmés que plus de 20.000 visiteurs du Louvre tentent quotidiennement
de percer, faisant de La Joconde l’œuvre la plus vue au monde.

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