Affaire Lafarge en Syrie : l’ancien ambassadeur entendu, le Quai d’Orsay dans la ligne de mire


Affaire Lafarge en Syrie : l’ancien ambassadeur entendu, le Quai d’Orsay dans la ligne de mire:

Entendu par la juge Charlotte ­Bilger au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, l’ambassadeur de France au Qatar, et anciennement de la Syrie, a essayé de surmonter les contradictions de son propre ministère dans le dossier Lafarge. Le cimentier français est mis en examen, avec huit de ses dirigeants, pour des versements suspects à des belligérants en Syrie, dont l’État islamique (EI), grâce auxquels l’entreprise aurait préservé son usine pendant la guerre. Le 5 novembre dernier, Franck Gellet a été auditionné à titre de témoin. Ce diplomate, aujourd’hui en poste à Doha, a exercé les fonctions d’ambassadeur pour la Syrie de septembre 2014 à juin 2018.

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Dans ses déclarations, dont le JDD a eu connaissance, il a admis avoir eu divers contacts avec des directeurs de Lafarge, dans le cadre de ses fonctions. Sur fond de calculs pour sauvegarder une usine française de “300 millions d’euros”.

Le rôle discret des Affaires étrangères

“La protection de l’investissement et la lutte contre le terrorisme ne sont pas exclusives l’une de l’autre”, s’est-il défendu. C’est toute la question. Que le Quai d’Orsay souhaiterait que l’on approfondisse le moins possible. L’administration des Affaires étrangères occupe un rôle discret mais peu enviable dans cette tempête judiciaire. En effet, avant que l’ONG Sherpa ne se constitue partie civile, la toute première plainte a été déposée en septembre 2016 par le ministre des Finances Michel Sapin, soucieux de se protéger après la parution d’articles du Monde sur cette usine en Syrie. Y étaient joints des messages diplomatiques reçus par les services de Bercy, ne faisant pas mystère de la curieuse gestion du site.

Dans un télégramme de 2014, un diplomate résume ainsi les discussions avec l’entreprise : “Lafarge ne traite pas directement avec les acteurs présents sur le terrain (le parti kurde PYD, l’État islamique)”, expose-t-il d’abord. Et de nuancer ensuite : “Ses transporteurs locaux se mettent en quête de laissez-passer leur permettant d’acheminer la production de ciment mais sans impliquer l’usine.” Puis de s’arrêter un instant sur l’efficacité de ce commerce : jusqu’en juin 2014, malgré la guerre qui fait rage, “le résultat opérationnel de Lafarge en Syrie [est] positif”. Le cimentier semble alors bien placé pour les futurs chantiers de reconstruction du pays.

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