Européennes : le RN face au casse-tête du financement de sa campagne


Européennes : le RN face au casse-tête du financement de sa campagne:

À chaque élection, le Rassemblement national doit se plier à un parcours du combattant pour emprunter les fonds nécessaires.

C’est une ritournelle jouée à chaque élection. Tant pour être présent sur la ligne de départ que pour mener effectivement campagne, le Rassemblement national doit se plier à un parcours du combattant pour emprunter les fonds nécessaires. «Comme lors de la présidentielle, nous risquons d’être les seuls à ne pas bénéficier du système bancaire français. Les banques ont peur de leur ombre, de déplaire au pouvoir
et nous refusent la moindre somme alors que nous avons toutes les garanties», tempête, trois mois avant les européennes, le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just.

La question est devenue d’autant plus problématique que les règles de financement ont été sévèrement durcies par la loi de moralisation de la vie publique en septembre 2017. Fini, les prêts de banques étrangères dont a pu bénéficier le parti lors de la
dernière présidentielle. Terminés, les crédits de microparti – type Cotelec – ou les prêts de particuliers aux plafonds généreux. «Tout a été fait pour que le système tienne en laisse le candidat, confie Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine
Le Pen. C’est désormais aux banques de dire qui a le droit de se présenter ou non.»

«Il y a un certain nombre de critères à respecter. Celui de la solvabilité ne pose pas problème pour le Rassemblement national.»

Jean-Raphaël Alventosa, médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques

Sur la dizaine d’établissements bancaires contactés, deux ont d’ores et déjà opposé un refus explicite au RN. Poussant le parti à la flamme à saisir le médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques, un nouvel interlocuteur chargé de faciliter
le dialogue entre candidats et banques depuis 2018. «Il y a un certain nombre de critères à respecter. Celui de la solvabilité ne pose pas problème pour le Rassemblement national. Celui de la conformité, de la réputation et de l’image, c’est autre
chose, note Jean-Raphaël Alventosa, nommé médiateur en août dernier. Mais je suis confiant. Le marché bancaire en France est très riche. Le RN est traité à la même lumière que les autres. Des négociations sont en cours.»

Un optimisme que ne partage visiblement pas le parti à la flamme. Au point de réfléchir dès à présent à un plan de secours. Une première piste tablait sur un financement de la campagne via le groupe du RN au Parlement européen, l’ENL: «On a malheureusement
dû abandonner cette voie. Les risques juridiques étaient trop importants, la commission des comptes de campagne refusant totalement cette perspective», témoigne le député européen Gilles Lebreton.

Selon nos informations, des contacts ont également été noués avec un établissement suisse. Une option qui nécessiterait cependant, pour rester dans les clous du Code électoral, que soit trouvée une autre banque européenne pour faire l’interface. «C’est
un peu risqué. Nos contrôleurs auraient beau jeu de crier à un détournement de la loi», redoute un cadre. Confronté à un souci analogue, Nicolas Dupont-Aignan a quant à lui opté pour
plus de simplicité en accueillant sur sa liste un généreux donateur, Charles Gave – les apports des candidats et colistiers n’étant pas plafonnés. «On a eu des offres similaires, assure un proche de Marine le Pen. Mais ces personnes réclamaient qu’on
fasse évoluer en échange certaines de nos positions, trop sociales à leur goût. Mais nous, on ne se fait pas acheter.» Encore moins à crédit.


La campagne «low-cost» de Florian Philippot

Qu’importent les sceptiques. Florian Philippot l’assure. Son jeune parti, Les
Patriotes, sera bien sur la ligne de départ des prochaines élections européennes. «Le financement reste une difficulté, mais on a les fonds suffisants pour se présenter», veut-il croire, revendiquant un trésor de guerre de 450.000 euros. Une
somme étriquée, mais susceptible selon lui de satisfaire aux lourdes obligations de l’article R39 du Code électoral, imposant à chaque candidat de financer ses propres bulletins de vote, ses affiches officielles, comme ses professions de foi.

«Pour être à l’aise, il nous faudrait 100 mille de plus», admet la future tête de liste qui organisera ses réunions de campagne chez l’habitant et circonscrira sa propagande aux réseaux sociaux: «Les tracts et les affiches, ça coûte forcément un peu plus
cher.»

from Tumblr https://reseau-actu.tumblr.com/post/182627925217

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